Faire appel du jugement dans l’affaire Clearstream, une erreur politique ?

30 janvier 2010 § 1 commentaire

Alors que certains s’inquiètent de savoir si le procureur Marin, qui a révélé en avant première médiatique sa décision de relever appel du jugement de relaxe de Dominique de Villepin, a pris cette décision en toute liberté, comme il l’affirme, ou si il l’a fait "sous influence", il me semble plus opportun d’analyser les conséquences politiques de cette décision.

La perspective de voir cette affaire de faux listings à nouveau devant la justice est plutôt intéressante mais dangereuse pour l’entourage présidentiel.

Elle le serait, si et seulement si les questions qui sont restées en suspens lors du précédent procès sont enfin abordées, à fin que tout soit dit dans cette affaire, comme semble le souhaiter Jean-Claude Marin. Le tribunal pourrait alors tirer des conclusions de tous les éléments. sans en omettre un seul.

Par exemple, il serait intéressant que le tribunal se penche, pour rassurer M° Herzog et certains membres de l’UMP, sur les "rencontres dînatoires",entre le 25 février 2004 et le 18 mars 2004 d’Imad Lahoud avec François Pérol, alors directeur adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy…juste au moment ou le nom du futur président de la République a été introduit dans de faux fichiers Clearstream…. il y a là, à mon avis matière à élargir quelque peu le "concept de complot politique".

Je trouverais également intéressant que le tribunal se demande comment il se fait que le ministre de la défense, supérieur hiérarchique et donneur d’ordre du Général Rondot, qui était au courant dès le 1° octobre 2003 des listing Clearstream n’est pas comparu comme prévenu dans cette affaire. Il a pourtant, comme son chef de cabinet Philippe Marland, été tenu, presque quotidiennement, au courant de l’avancée de l’enquête de Rondot,…Ils étaient informés, et bien avant Dominique de Villepin, comme l’ont prouvé les audiences, de la fausseté des listings. Si on suit la logique des juges d’instruction et du procureur Marin, on peut considérer qu’ils ont également été "complices par inaction", non?

Alors oui à un appel, mais que cette fois ci, TOUT le monde soit convoqué pour être entendu, y compris les proches de Nicolas Sarkozy invités par Lahoud entre 2003 et 2005 . Qu’on sache enfin pourquoi de si "honorables personnes" fréquentaient un monsieur qui sortait de prison pour faillite pour l’affaire Volter et étrangement lié, si l’on en croit Libération, au directeur adjoint de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Économie.

C’est potentiellement des zones d’ombre peu exploitée, lors du premier procès, qui pourraient être mises en lumière et rejaillir négativement sur l’image présidentielle, à un moment très inopportun (quelques mois avant les élections présidentielles de 2012)… À part si le pouvoir en place parvient à faire en sorte que ces zones d’ombre demeurent inexplorées, il y a la, avec cet appel, un premier risque, une première erreur qui apparaît dès maintenant : celle de voir resurgir des acteurs proches du pouvoir en place et de faire porter l’accusation de "manipulation" sur ces mêmes acteurs.

Le second risque est lui inhérent à la genèse de la création de l’UMP.

Depuis bien avant 2006, ce parti nous donne à voir l’image d’une unité, d’une solidarité, d’une volonté de soutenir le président de la république qui n’est que de façade. Mais, comme tout parti politique, l’UMP n’échappe pas à la règle des courants. Des sociaux libéraux, en passant par les gaullistes sociaux et les ultralibéraux, la mosaïque UMP n’a, jusqu’en mai 2007, été soudée que par le désir de conquérir le pouvoir.

Ses dirigeants ont su gommer provisoirement les énormes différences de conception de la société, les divergences de valeur, de savoir gouverner et de savoir-vivre. Mais les deux années et demie d’exercice du pouvoir, par Nicolas Sarkozy et ses proches, n’ont pas réussi à cimenter en profondeur l’unité du principal parti de droite. Que ce soit par la façon un peu "cavalière" dont ils ont traité les élus tant au Parlement que jusqu’au fin fond des provinces , que ce soit par la nature des décisions économiques et sociales qu’ils ont prises en faveur de certaines catégories sociales très privilégiées, au détriment du reste de la population française ou que ce soit, dans l’interprétation très particulière qu’a eue Nicolas Sarkozy de son rôle de Président de la République, bien des consciences de droite ont été déçues, si ce n’est plus.

Cette déception est non seulement quantifiable au travers des sondages, mais elle est extrêmement visible à la lecture des commentaires sur les sites des médias en ligne, particulièrement des médias classés plutôt à droite. On peut aussi l’apercevoir dans l’évolution des propos d’hommes et de femmes politiques de la majorité présidentielle, sur leur blogs ( ici ou ici ,pour ne citer que quelques exemples parmi tant d’autres ) ou dans les médias. ici ou .

Dès lors, pour tous ces gens-là, un homme comme Dominique de Villepin, moins connoté « ultralibéral », représente une "alternative supportable" pour les élus et les électeurs de droite et même du centre. Prolonger la poursuite judiciaire dont il est l’objet est probablement la seconde est la plus importante erreur politique que représente cet appel.

Et il y a fort à parier qu’au sein de la majorité présidentielle, comme le souligne Philippe Bilger dans son article " La haine est repartie et l’atmosphère redevient lourde, étouffante. Faute politique, imprudence judiciaire, déficit démocratique. " mais cette fois ci, la haine va s’étendre bien au delà des personnes de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy…

A suivre, donc.

A lire : L’intégralité du jugement

Sources: Le Journal d’un avocat ; Europe1 ; Le Monde ; Marianne2 ; Le Figaro ; Le JDD ; La Tribune ; LCI ; Mediapart ; Le NouvelObs ; L’Express ; Le Point ; Wikipédia , Le Post

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Mais à quoi joue Martine Aubry?

28 janvier 2010 § Poster un commentaire

Que penser de la décision à six semaines des régionales, de la première secrétaire du PS, de proposer "au Bureau national (direction) du 2 février de demander à Hélène Mandroux de conduire une liste de rassemblement de la gauche et des écologistes en Languedoc-Roussillon».?

Que le "politiquement correcte" lui a fait oublier une expression vieille "comme le monde" et très utilisé par le "bas peuple"?

Dire de quelqu’un qu’il n’est « pas très catholique », n’ a rien à voir, dans le langage courant avec sa religion . C’est simplement le qualifier de « louche ». il semble que Martine Aubry n’a pas ouvert un dictionnaire depuis longtemps, sinon, elle saurait tout ça!

Il semble aussi qu’avant de CONDAMNER, elle ne prenne pas la précaution de diversifier ses sources d’information! En l’occurrence cela lui aurait permis de connaitre l’explication que Gorges Frêches donne des propos qu’on lui impute ,bien à tort, comme des propos racistes:

« Interrogé sur le non-soutien de Laurent Fabius à mon endroit, j’ai répondu par une expression populaire utilisée par tous les Français depuis des siècles. Cette position exprime le manque de confiance que j’ai à son égard depuis le Congrès de Rennes de 1990 et pas autre chose. A Paris, se servir de mes propos, les déformer à dessein, devient la principale occupation de certains dirigeants en panne d’idées. (…) Comme le dit le dicton populaire hérité de Voltaire : “Gardez-moi de mes amis, quant à mes ennemis, je m’en charge. »

Qu’elle saute opportunément sur l’occasion d’un pseudo dérapage de Georges Frêche pour mettre le Languedoc Roussillon dans la corbeille de mariage avec les Verts?

C’est du moins ce que l’on pourrait croire dans son appel à «tous les socialistes et sympathisants de gauche, tous les écologistes en Languedoc-Roussillon» à construire une liste alternative derrière Mme Mandroux. Mais là, c’est la grosse erreur stratégique! C’est tendre le bâton pour se faire battre. Penser qu’en à peine 6 semaines, une troupe hétéroclite, composée d’individus qui se sont, il n’y a pas un an, violemment opposés lors des européennes, pourrait mettre à mal le "système Frêches", c’est faire preuve d’un manque de réalisme stratégique ahurissant. De la part de quelqu’un qui a des prétentions présidentielles, ça craint!

Qu’elle réagit lentement à une info, sortie de son contexte,comme le rappelle rue89, 1 mois après que les faits aient eu lieu?

Réagir le 22 janvier, à une information parue le 22 décembre je n’appelle pas cela de la réactivité. Et ne réagir que sur l’interprétation qu’en fait UN média, j’appelle ça de l’opportunisme, car je n’ose pas imaginer, que Martine Aubry n’a pas sur son bureau, chaque matin, sa revue de Presse dument établie par son service de com. J’en conclue que c’est en voyant une opportunité de polémique médiatique, qu’elle a sauté sur l’occasion pour imposer en Languedoc Roussillon, ce que la décision des militants socialiste avait refusé.

Dès lors, je me demande si il n’y a pas , dans la réaction opportuniste et trop outrée de la première secrétaire du Parti socialiste «insulte aux valeurs de la gauche» et surtout à l’intelligence des électeurs de gauche.

Et les propos de Manuel Valls, «honte à la gauche, le risque de perdre une région ne pèse rien par rapport au risque de perdre l’essentiel, nos valeurs».» d’ Arnaud Montebourg «un propos antisémite condamnable» , d’ Harlem Désir«une ignominie» et de Claude Bartolone «nauséabonds» m’interpellent énormément vis à vis de Laurent Fabius. Tout ces gens ne voient-ils uniquement en lui, qu’un "non catholique"? Vous avouerez que pour des socialistes ce serait grave, non?

Bref, silencieux, alors que les médias leurs sont ouverts, quand il s’agit de prendre position sur l’enferment de réfugiés Kurdes en centre de rétention ( le droit d’asile n’est-il plus au catalogue des valeurs de gauche?), silencieux sur le mépris du gouvernement vis à vis du Parlement ( le respect des représentants du peuple ne fait-il plus des valeurs de gauche?), ne sur-réagissant que quand " le troupeau des éléphants" croit être attaqué, je crains fortement que certains "médiatisant" du PS ne soit très largement "à côté de la plaque" et trop préoccupé par leurs chasses internes pour avoir encore une vague notion de ce que les "gens de gauche" attendent d’un parti qui se dit de gauche….!

Sources: Libération ; pensées d’outre politique ; rue89 ; L’Express ; Le NouvelObs

Lutte contre l’immigration, des promesses non tenues et des frais inutiles!

26 janvier 2010 § Poster un commentaire

Mercredi 13 janvier 2009, au lendemain du séisme qui devait faire un million de sans-abri, 194.000 blessés et 112.226 morts, Eric Besson, ministre de l’immigration, avait annoncé, dans un communiqué publié sur le site du ministère :

"Eric BESSON, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, a donné, mercredi 13 janvier 2010, instruction à ses services de suspendre immédiatement toutes procédures de reconduite dans leur pays d’origine des ressortissants haïtiens en situation irrégulière sur le territoire national."

Malgré cette promesse on ne peut plus formel, le site Bakchich.info annonçait que la préfecture du Val-de-Marne avait délivré le 22 janvier un arrêté de reconduite à la frontière à l’encontre de deux haïtiens.

Ces deux personnes,en situation irrégulière, avait été arrêté à l’aéroport d’Orly Sud est dirigé vers un centre de rétention administrative.

Compte tenu de la situation en Haïti, de l’engagement d’Éric Besson à suspendre toute procédure de reconduite en Haïti des ressortissants haïtiens, on pouvait s’attendre à ce que l’expulsion de ces deux personnes soit définitivement suspendue.

Il n’en est rien et le parquet de Créteil a confirmé, lundi 25 janvier, au journal Nouvelobs.com, que la préfecture du Val-de-Marne avait bien émis, le 22 janvier, un arrêté de reconduite à la frontière à l’encontre de ces deux haïtiens en situation irrégulière. "Les Haïtiens ont désormais un mois pour quitter la France" a précisé le parquet de Créteil.

Il y a manifestement un énorme dysfonctionnement, un problème de communication ou d’obéissance, au niveau des préfectures.

Ce problème peut venir d’une communication descendante qui ne fonctionne pas, qui bloque à un échelon non encore identifié. Ou alors l’information arrive bien en préfecture, mais vient contredire un ordre formel donné par la hiérarchie. Dernière hypothèse, les préfets se moquent "comme d’une guigne" des instructions du ministre de l’immigration, car il n’est pas leur ministre de tutelle.

On comprend dès lors, pourquoi les magistrats chargés de juger de la légalité des procédures de transfèrement en centre de rétention administrative des 123 kurdes découverts en Corse, ont tenu à rappeler solennellement dans leur jugement qu’«il appartient au juge, en qualité de gardien des libertés individuelles, de veiller aux conditions de régularité de l’interpellation de tout individu dans le cadre d’un contrôle d’identité». Mais même si Éric Besson a annulé les reconduites à la frontière de ses 123 personnes, il n’est pas sûr et certain que les préfectures ne poursuivent pas la procédure.

Quoi qu’il en soit, la situation est assez préoccupante.

Que penser,en effet, de deux préfets, celui du Val-de-Marne et celui de Basse Corse, qui n’appliquent pas, pour l’un les instructions du ministre de l’immigration et, pour l’autre, la Loi en matière de procédure concernant les réfugiés?

Leur aurait-on affirmé en haut lieu qu’ils sont au dessus des lois et des ordres?

On peut légitimement se demander si le ministre de l’intérieur et le ministre de l’immigration exerce la moindre autorité sur les préfets. Ou si l’un des deux ministres ne donne pas des ordres à ses subordonnés qui soient en contradiction avec ceux de son collègue.

Auquel cas, le dysfonctionnement n’est plus en préfecture mais au sein même du gouvernement. Et l’unité que le gouvernement affiche n’est plus qu’un leurre.

Sans compter le coût financier que, par exemple, l’initiative que le préfet de basse Corse a cru bon de prendre.

il n’est un secret pour personne, depuis le rapport du Sénat de 2007 , que le coût moyen, par personne,dans un centre de rétention est de 38,84 euros par jour.

Le coût du transfert en avion vers les diverses centre de rétention Français est d’environ 400 euros par personne.

On peut évaluer à un minimum de 500 euros par personne le cout du transport des centres de rétention vers les tribunaux +l ‘aide juridictionnelle attribuée aux personnes+le coût du contentieux devant les tribunaux liés à la rétention administrative….

Et on obtient une "petite erreur préfectorale" qui avoisine les 1000 euros par personne , soir 123 000 euros pour l’instant et pour en arriver à la solution de la chambre d’hôtel après avoir été désavoué par la justice!

Sans compter qu’il appartiendra, dans quelques jours, aux tribunaux administratifs de statuer définitivement sur la légalité des arrêtés de reconduite à la frontière pris par le préfet de Corse du Sud.

De nouveau coûts en perspective!

Et tout ça pour attirer les électeurs du Front National!

A ce rythme, la politique de "contrôle des flux migratoires" à visées électorales du gouvernement va finir par couter bien plus cher que les économies qu’elle est censé nous permettre de réaliser!

Sources: Sénat ; Le Figaro ; Libération ; Nouvelobs.com ; Bakchich.info ; Ministère de l’immigration

La semaine de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy

24 janvier 2010 § Poster un commentaire

Deux événements importants pour la crédibilité du Président de la République et la pérennité de son action politique vont en effet avoir lieu cette semaine.

Le premier va être sa première prestation télévisée de l’année et le second sera le verdict concernant Dominique de Villepin, dans l’affaire Clearstream.

  1. Une "émission de promotion" , le 26 janvier, sur TF1, qui se déroule dans un contexte difficile.

Contexte difficile d’abord parce qu’il semble bien que ses dernières interventions à la télévision française ne réussissent pas particulièrement au Président de la République.

  • le 16 décembre 2009, sur Canal +. il n’avait pratiquement abordé que les enjeux et le rôle primordiale qu’il comptait jouer au sommet de Copenhague. Chacun a pu constater le résultat pitoyable de ce sommet.

  • le 23 septembre 2009, interrogé en direct de New York par Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2), Nicolas Sarkozy avait "réussi à se piéger lui-même", en qualifiant Dominique de Villepin de "coupables", avant même l’ouverture et le jugement du procès Clearstream,piétinant ouvertement le principe de la présomption d’innocence.

Contexte difficile ensuite car depuis quelques mois, le Président de la République, et la majorité présidentielle, traversent de fortes zones de turbulences.

De "l’affaire Jean Sarkozy ", en passant par l’affaire Frédéric Mitterrand, ou le débat sur l‘identité nationale , avec l’annulation de la taxe carbone , et en dernier lieu les très récentes polémiques sur le double salaire du patron d’EDF et sur la mise en centre de rétention des 124 de réfugiés retrouvés sur une plage en Corse , il faut reconnaître que le système "UMP décomplexé » ne recueille pas l’approbation d’une grande majorité des Français et de leurs représentants politiques.

Contexte difficile enfin en terme de "concurrence médiatique".

Si TF1 a cru être, comme le souligne Patrick Bloche secrétaire national du PS, "un relais complaisant" pour Nicolas Sarkozy, en choisissant deux animateurs très consensuels et un panel de 10 Français (largement sous représentatif de la population), il n’en demeure pas moins qu’au même moment, France Télévisions diffuse FBI porté disparu, et que M6 diffuse Star Wars la menace fantôme. Et là , "la menace fantôme portée disparue" le soir même où Nicolas Sarkozy fera des "promesses fantômes" à une "poignée de rescapés", le choix est vite fait!

  1. Le jugement de l’affaire Clearstream, clé de tous les possibles

C’est le jour même de l’anniversaire du président de la république, jeudi 28 janvier, que le tribunal de Grande Instance de Paris rendra son jugement dans l’affaire Clearstream.

Outre le fait que ce jugement va être rendu alors que la magistrature subit une réforme qui, pour certains magistrats, remet en cause leur indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif, Dominique de Villepin, chacun le sait, n’est pas vraiment un ami de Nicolas Sarkozy. Il est même, paraît-il, celui que le président de la république avait promis de prendre à un "croc de boucher".

Poursuivi pour complicité de dénonciation calomnieuse "en cautionnant par son silence les agissements de Jean-Louis Gergorin", selon le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin, l’ancien premier ministre risque au plus cinq ans de prison assortis de 10 ans d’inéligibilité. Mais, comme le souligne Pascal Junghans, dans le journal La Tribune : "Le procès Clearstream devait répondre à une question, une seule : qui a falsifié les fameux listings ? À cette question basique, le procès et ses 112 heures de débats n’ont pas apporté de réponse sans équivoque."

Concernant Dominique de Villepin, le procureur de la République a lui-même reconnu qu’il "manque des preuves tangibles de son implication consciente et délibérée".

Dès lors, faute de preuves tangibles et d’un motif sérieux, il semble peu probable et un peu compliqué de condamner Dominique de Villepin, sans faire courir de grands risques à l’exécutif.

  • Si les juges condamnent Dominique de Villepin, ils donneront factuellement raison à l’opinion publique qui , selon un sondage LH2 pour nouvelobs.com, déclare à 52% des personnes interrogées ne pas avoir "confiance" en la justice "pour juger les prévenus de manière neutre dans ce procès".

Dès lors, toute exploitation politique de ce jugement par la majorité présidentielle d’une éventuelle sera impossible.

  • Si les juges condamnent Dominique de Villepin,cela compromet le projet de réforme de la justice auquel le gouvernement semble tant tenir. Car un tel jugement mettra à mal les défenses "sur l’honneur" des gardes des sceaux et parlementaires qui réfutent toute volonté, au travers de la réforme, de mettre la justice sous la coupe de l’exécutif.

Dans l’hypothèse d’une relaxe de Dominique de Villepin, la vindicte dont le chef de l’État a fait preuve à son égard le décrédibilisera fortement.

Sans compter que si Dominique de Villepin sort indemne,de ce procès, tout laisse à penser qu’il se déclarera officiellement candidat pour les élections présidentielles de 2012. N’a-t-il pas déclaré récemment, à Bondy, "L’injustice et les épreuves n’ont fait que redoubler la détermination qui est la mienne. Aujourd’hui, mon engagement public n’est pas négociable",

Dur, dur d’être président!

Entre un oral à la télé pendant lequel il va falloir faire concurrence à Jack Malone, Vivian Johnson,Danny Taylor, Martin Fitzgerald,Samantha Spade et à Qui-Gon Jinn, Obi-Wan Kenobi, Anakin Skywalker,

Et le "ça passe ou ça casse" judiciaire qui va peut être déclencher la sécession de la droite…

Pas facile cette semaine qui vient, hein?

Sources: NouvelObs ; Le Figaro ; Le Point ; Le Monde ; Syndicat de la Magistrature ;La Tribune

L’Etat condamné par la cour européenne des droits de l’homme

22 janvier 2010 § Poster un commentaire

La cour européenne des droits de l’homme a condamné l’État français à verser64 000 €, au titre de réparation du dommage moral, auxquels s’ajouteront 33 672 € pour compenser les dommages matériels subis par les plaignants qui l’ont saisie.

La cour européenne considère, dans une affaire de terrain occupé par des tiers non autorisés, que la non-intervention de l’État ,pour rendre aux propriétaires des terrains la jouissance pleine et entière de leurs biens, a abouti à une forme d’expropriation privée.

Elle craint que ce type de situation n’aboutisse à une « justice privée » néfaste à la confiance du public dans le système juridique.

L’affaire remonte aux années 1970…

Un domaine agricole et viticole, situé en Corse, été illégalement occupé "par des agriculteurs ou des nationalistes corses."

Comme on peut le lire dans le texte publié par la cour européenne des droits de l’homme, les propriétaires du terrain agricole "se plaignent de la passivité des autorités, celles-ci ayant refusé le concours de la force publique pour faire exécuter des décisions définitives en leur faveur concernant l’occupation illégale de leurs terrains agricoles et viticoles, situés en Corse".

Les propriétaires de ce domaine ont, par trois fois, fait appel appel à la justice française. Par trois fois, le jugement du tribunal a été en leur faveur et à prononcé des mesures d’expulsion. Mais ces dernières furent impossibles à réaliser par voie d’huissier.

  • Soit par que la gendarmerie locale refusait de leur prêter pas main forte, bien qu’elle ait confirmé dans un procès-verbal de septembre 2007, l’occupation illégale du terrain.

  • Soit parce que le le préfet de Haute-Corse, lui-même, au prétexte de "risques de troubles à l’ordre public », refusait le concours de la force publique pour mettre en oeuvre les jugements d’expulsion.

Les propriétaires du domaine agricole ont alors saisi, en avril 2009, le tribunal administratif de Bastia, qui a condamné l’État.

Parallèlement, ils ont saisi la cour européenne des droits de l’homme au titre de l’article 1 du protocole numéro 1, portant sur la protection du droit de propriété.

Le jugement vient d’être rendu.

La cour européenne des droits de l’homme reproche à l’État français :

  1. d’avoir été passif dans cette affaire, car. « Depuis les décisions définitives en faveur des requérants, les autorités n’ont rien entrepris pour faire libérer les terres illégalement occupées"

  2. d’avoir refusé d’exécuter les mesures judiciaires :« Si la Cour est consciente des difficultés rencontrées par les autorités françaises pour renforcer l’État de droit en Corse, elle estime que les arguments avancés par le Gouvernement ne constituent pas un motif légitime, sérieux et suffisant pour justifier la carence des autorités, qui avaient l’obligation de protéger les intérêts patrimoniaux des requérants.»

  3. d’avoir favorisé, par son inaction, "une sorte d’expropriation privée dont les occupants illégaux se sont retrouvés bénéficiaires"

  4. d’avoir "encouragé certains individus à dégrader en toute impunité les biens des requérants" et d’avoir "laissé s’installer un climat de crainte et d’insécurité non propice au retour des requérants."

  5. d’avoir violé la loi dans son article 1 du Protocole n° 1

  6. d’avoir rompu l’équilibre "entre les exigences de l’intérêt général et la protection des intérêts patrimoniaux des requérants"

La cour constate enfin "l’inefficacité du système d’exécution" et souligne le risque que cela comporte:"risque d’aboutir à une forme de " justice privée " néfaste à la confiance du public dans le système juridique."

Quand je lis ce que la cour européenne des droits de l’homme reproche à l’État français, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec la politique gouvernementale actuelle.

Passivité dans certaines affaires, difficultés à renforcer l’État de droit, carence des autorités, « laisser s’installer un climat de crainte et d’insécurité », rompre l’équilibre entre les exigences de l’intérêt général et la protection des intérêts patrimoniaux, action néfaste à la confiance du public dans le système juridique … Tout ceci ne vous rappelle rien ?

Source : L’Express ; cour européenne des droits de l’homme

Vous l’aimez et il préfère le FMI

18 janvier 2010 § Poster un commentaire

Avec 59 % d’opinions favorables, le socialiste Dominique Strauss-Kahn devient le responsable politique qui recueille le plus de soutien des Français, dans le baromètre Ipsos-Le Point relayé par Le Monde.

Fait notable,le directeur général du Fonds monétaire international est plus apprécié par les partisans UMP ( 68 % ) que chez les partisans socialistes ( 63 % d’opinions favorables).

Donc, malgré la taille réduite de l’échantillon sondé (960 personnes ) , qui le rend fort peu représentatif de l’opinion publique, l’ancien ministre socialiste serait le préféré des français.

Seulement voilà, cette amour "platonique" que d’aucuns aimeraient voire se transformer en élection comme chef de l’Etat Français, ne semble guère être payé en retour…

En effet, Dominique Strauss-Kahn a déclaré, selon Le Figaro, la semaine dernière, lors d’une conférence organisée à Washington, par la Chambre de commerce franco-américaine, qu’il n’abandonnerait pas son mandat au FMI et irait jusqu’au terme de celui-ci.

A la question qui lui était posée dur sa candidature à la présidentielle française, il a répondu plusieurs fois que son intention était de rester à Washington jusqu’à la fin de son mandat, en Novembre 2012.

Ainsi, si l’on en croit Dominique Strauss-Kahn, il ne sera candidat ni aux primaires de gauche et, à moins, qu’on reporte les élections présidentielles rien que pour arranger son planning, il ne sera pas non plus candidat à ces élections.

Dont acte , Dominique Strauss-Kahn ne sera pas le prochain candidat du PS aux présidentielles de 2012.

Le sachant bien avant nous, ça pourrait expliquer les retours sur le devant de la scène médiatique de Lionel Jospin et de François Hollande ou les propos de Martine Aubry

A moins que Dominique Strauss-Kahn ait menti aux financiers américains et ça, c’est pas bon pour nous si il advenait qu’il soit président de la république un jour ;-)))

Mais reconnaissez que donner tant d’amour à un homme qui préfère le FMI, c’est aimer sans retour, aimer en vain et probablement perdre son temps à souhaiter une chimère…

Du coup, je me demande si ça sert à grand chose de continuer, par médias interposés, à entretenir la flamme des "aficionados" de Dominique Strauss-Kahn. C’est cruel et un peu stérile, non ?

Source: Le Point ; Le Monde ; L’Express ; La Montagne ; Le JDD

Rendez nous notre nationalité!

18 janvier 2010 § Poster un commentaire

Dans un communiqué diffusé sur le site "Rendez nous notre nationalité!" ,le sénateur PS François Rebsamen demande au ministre de l’intérieur Brice Hortefeux de mettre fin au "régime de suspicion généralisée", lors du renouvellement de leurs papiers d’identité.

Il demande l’abrogation du décret n°2005-1726 du 30 décembre 2005 qui impose aux citoyens français, nés à l’étranger ou de parents étrangers, de "faire la preuve de leur nationalité française"sous le prétexte que l’administration française aurait pu faire une erreur lors d’une précédente délivrance".

François Rebsamen demande également "la publication d’un nouveau décret qui inverse la charge de la preuve et impose le respect du droit français à l?administration".

Il souligne que "des dizaines de milliers de Français sont aujourd’hui dans des situations intolérables, aberrantes, parfois ubuesques, face aux difficultés d’établir la preuve d?une nationalité française dont ils sont détenteurs depuis très longtemps".

François Rebsamen rappelle que les conditions de détention de la nationalité française son clairement déterminées par les articles 17 à 23 du Code civil.

La nationalité française s’acquiert

  1. par le droit du sol,

  2. par le droit du sang,

  3. par naturalisation

  4. par mariage.

Comme je vous en avais informé dans un précédent post , Brice Hortefeux a assuré que depuis le 2 décembre 2009 il avait "adressé aux préfets des instructions écrites très précises afin de clarifier la situation.." il s’est par ailleurs engagé à ce que ces instructions soient appliquées par ses subordonnés :

""Je vous le dis très simplement, devant la représentation nationale : je veillerai à ce que ces instructions écrites soient pleinement respectées.

Il sont déjà nombreux à avoir signé cette pétition, mais ce ne sera efficace que si des "inconnus" viennent appuyer la demande du sénateur François Rebsamen.

Pour appuyer la démarche de François Rebsamen vous pouvez vous aussi signer la pétition mise en ligne.

Sources; Legifrance ; Assemblée Nationale ; Rendez nous notre nationalité! ; Le Post

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