Les pauvres se livrent au pillage, mais les riches aussi. Seulement, ils le font plus discrètement!

11 août 2011 § 3 Commentaires

En regardant, depuis deux jours, les images des émeutes qui ont lieu en Angleterre, et surtout en écoutant les commentaires des hommes politiques, qu’ils soient britannique ou  français, il m’a paru de plus en plus évident  que, soit nous avions à faire à une bande d’incapables , soit nous étions face à des individus de très mauvaise foi . La palme de la mauvaise foi revenant au vice-premier ministre Nick Clegg, qui a qualifié les émeutes auxquelles nous avons pu assister à de la « violence gratuite et du vol opportuniste, ni plus ni moins ».

Certes il est bien plus facile pour lui d’instrumentaliser à son profit le « choc » des images et de faire dévier le débat de fond sur des questions d’ effectifs policier ou de stratégie de Scotland Yard ou sur des questions de sémantique du genre « manifestation ou émeutes? ».  Il est vrai que face à ces images d’entrepôts en flammes, de vitrines brisées, de magasins pillés, il était facile botter en touche, et de ne pas remettre en cause un seul instant les décisions politiques qu’il a prise, entrainant la méfiance et le ressentiment  de certains habitants de quartiers défavorisés,  et leurs conséquences pour les plus démunis !

Il se pourrait, cependant, qu’enferrée dans sa logique néo-libéral, la classe médiatico-politique anglaise, jumelle de la classe médiatico-politique française au pouvoir, ne veuille pas comprendre que la politique qu’elle mène ( et soutient) depuis plus de 30 ans , entièrement dédiée au système financier et à sa seule prospérité, génère bon nombre de frustrations  au sein des populations. Frustrations qui peuvent très vite, et sans qu’on sache exactement pourquoi, dégénérer en révolution ou en émeutes sporadiques

Il est édifiant d’observer le vocabulaire utilisé par la majorité des grands médias pour qualifier les évènements du week-end passé : «zones de guerre»,. «Règne des gangs», «Les brutes dominent», «l’anarchie en Grande-Bretagne», «descente aux enfers». «un été de non-droit», «crétins incendiaires». Manifestement, il était de bon ton, dans les médias anglais, de faire « monter la mayonnaise »… Pensez donc, commettre un tel crime contre la société de consommation, s’apparente chez certains de nos contemporains à un crime de lèse-majesté  !

Seul signe de lucidité dans cette cacophonie de libéraux indignés et irresponsables, la voix de l’éditorialiste Mary Riddell, dans The Daily Telegraph  :

«Ce n’est pas une coïncidence si ces troubles éclatent alors que l’économie globale est au bord de la chute libre…Nos gouvernements successifs ont tous leurs responsabilités dans le développement de la pauvreté, des inégalités, de l’inhumanité, désormais exacerbés par la tourmente financière … Une partie de nos jeunes a basculé de l’autre versant de notre nation en ruine».

En Angleterre comme en France, quelques esprits plus affutés ont remarqué la propension des jeunes émeutiers à se précipiter dans les temples de la consommation, donnant ainsi la preuve de que leur mouvement n’avait rien de révolutionnaire, dans le sens où il n’entendait clairement pas s’ attaquer à la cause de leurs problèmes. On se retrouve donc avec une génération entière de  » lumpen à la fois enragés de leur exclusion et ne possédant pas les outils conceptuels pour la canaliser vers les vrais ennemis » ;

Mais rares sont ceux qui se sont interrogés sur la méthode utilisée et ont osé s’attarder sur la technique du pillage.. Elle est pourtant extrêmement signifiante.

Piller, c’est prendre à d’autres, de façon violente, ce qui leur appartient.

A ce titre, depuis plus de 30 ans, nous assistons tous, impuissants, à un pillage systématiques de nos économies, de nos acquis et il me semble que les jeunes des banlieues sont à bonne école. Il ne se passe pas un jour, dans notre monde libéral sans que n’éclate une affaire, au détour de laquelle on apprend que tel élu, ou corporation, a abusé de biens sociaux , a voté une loi pour ceux là même qui alimentent ( plus ou moins légalement) sont parti politique, à favorisé tel ami ou parent, est payé à ne rien faire….veut  ( ou obliger à) brader le patrimoine commun, voir même le pouvoir conféré aux Etats, avec la complicité de leurs dirigeants. Bref piller les Nations!

Oh certes, ce pillage est nettement plus discret que celui des jeunes émeutiers anglais… mais il n’en est pas moins un pillage violent.

N’avons-nous pas tous pu assister, au sauvetage des banques – qui sont en grande partie responsables des situations catastrophiques dans lesquelles bon nombre de citoyens se retrouve aujourd’hui – sans qu’aucune condamnation, peines de prison, sanctions ne leur soient appliquées? Plus fort encore, c’est à nous qu’on présente l’addition !

Et on voudrait que des jeunes gens et des jeunes filles, qui ne sont pas plus bêtes que nos banquiers, ne comprennent pas que le pillage peut se faire en toute tranquillité dans la mesure où on est en position de force?

Alors je trouve parfaitement hypocrite que les mêmes qui poussent des cris d’indignations et ne trouvent pas de mots assez forts pour stigmatiser les émeutiers, se tiennent coits et  détournent le regard quand ce sont les plus riches d’entre nous qui se livrent au pillage.Est-ce à dire que pour eux, le pillage est plus acceptable quand il se fait, à l’abris des regards, en toute discrétion?

Je trouve pitoyables nos compatriotes qui soulignent l’origine ethnique de ses jeunes banlieusards. Est-ce à dire que pour eux, il est plus supportable de se faire piller par quelqu’un qui a une peau blanche ? Est-ce à dire que pour eux, seuls les riches ont le droit de se livrer au pillage ?

Préfèrent-ils la technique du pickpocket de nos millionnaires à la technique de francs-tireurs des jeunes de banlieues?

Parviendront-ils un jour à comprendre ce que nous sommes désormais très nombreux à avoir compris et que si, comme l’ont très bien dit les « indignados » de Madrid, nous manifestons notre indignation c’est que : « nous ne sommes pas contre le système, c’est le système qui est anti-nous »…

Comprendront-il un jour que les pauvres se livrent au pillage, mais les riches aussi. Seulement, ils le font plus discrètement!

Sources : Le Monde  ; le Figaro  ; The Guardian  ; The Independent  ;The Daily Telegraph  ; Le Courrier International  ; le Nouvel Obs ; la Tribune ; comité de salut public  ; le Parti de Gauche  ; Piratages

 

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Se serrer la ceinture, oui mais après vous messieurs les gouvernants & Co

22 juillet 2011 § 2 Commentaires

Après avoir sauvé les financiers en endettant  encore davantage la Grèce, le gouvernement français, par l’intermédiaire du premier ministre François Fillon, profite de l’occasion pour nous annoncer que nous allons devoir nous serrer encore davantage la ceinture.

Comme toutes les gouvernements de la zone euro, soumis au diktat des marchés financiers et à une doctrine économique qui veut que une minorité de citoyens les plus riches et d’entreprises mondialisé échappent aux restrictions et à toute forme de taxation et imposition, notre gouvernement, en application du traité de Maastricht de 1992, profite donc de la réunion du 21 juillet pour nous imposer- au prétexte qu’il veut ramener le déficit public de sous la barre de 3% –  des restrictions drastiques de notre pouvoir d’achat et des services publics que nous finançons grâce à nos impôts et aux taxes diverses et variées -mais en constante augmentation – auxquelles nous n’avons aucune possibilité d’échapper.

Constatant sans le dire que à cause de l’inconséquence de l’UMP, qui dirige le pays depuis 10 ans, la dette de la France atteint 85 % de son produit intérieur brut (PIB) et s’établit autour de 1 646 milliards d’euros, François Fillon se soucie enfin de faire passer le déficit courant de la France qui  équivaut à 7,1 % de son PIB, soit 148,8 milliards d’euros fin 2010 en dessous de 3 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2013.

Naturellement, notre gouvernement engoncé dans le carcan néo-libéral qui étouffe lentement mais surement l’ensemble des pays de la planète, au seul profit d’une poignée de richissime clans familiaux et politiques, prévoit plusieurs mesures toutes plus coercitives, pour la grande majorité des citoyens, les unes que les autres :

En premier lieu, il entend nous priver encore davantage des services publics auxquels nous avons droit. Cela va passer par le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. La conséquence immédiate, alors que certaines administrations, absolument indispensable un grand nombre de citoyens, n’arrivent déjà plus à faire face à la charge de travail à laquelle elles sont confrontés, de bloquer totalement leur fonctionnement. Gageons qu’à ce moment-là, certains »profiteurs de guerre » en profiteront pour souligner l’incompétence du service public et se dépêcheront d’exiger leur privatisation!

Le gouvernement prévoit également de poursuivre la suppression des niches fiscales et sociales, mais dans ce domaine dangereux électoralement, il est fort probable que l’effort sera extrêmement minime.Sur ce dernier point, le nouveau ministre de l’Économie, François Baroin, a commencé à préparer les esprits à de nouvelles coupes.

Enfin le gouvernement prévoit de continuer à demander aux collectivités locales, déjà financièrement exsangues, de participer à l’effort collectif ».
Conscient que tout ceci ne sera pas suffisant, le gouvernement envisage de se résoudre à des hausses d’impôts.

Comme moi, vous constatez, au travers des solutions qu’envisage le gouvernement, qu’en aucun cas il ne s’agit d’augmenter les recettes fiscales ni de diminuer son train de vie.

Et pourtant, si le gouvernement était vraiment préoccupé par l’état de nos finances publiques, les pistes ne manquent pas pour remplir à nouveau les caisses de l’Etat !

Qu’on commence donc par exiger de Liliane Bettencourt qu’elle paye les 30 millions d’euros minimum qu’elle doit au trésor public.

Tant que nous y sommes, que Mme Valérie Pécresse, et la majorité parlementaire, s’activent davantage à fin que le taux d’imposition réelle des grands groupes du CAC 40 atteignent le taux officiel de 33 % au lieu des 13% qu’on leur concède actuellement. Sans parler de total qui licencient à tour de bras en bénéficiant d’un taux d’imposition de 0 % malgré les 10 000 000 000 de bénéfices annuels qu’il affiche en 2010
les grosses entreprises seraient seulement à 13%… voire moins: 8% pour le moyenne du CAC 40 et même 0% pour Total,

Et puisque nous en sommes au volet fiscal, il serait très enrichissant pour les caisses de l’Etat de se pencher sérieusement sur le cas de l’homme d’affaires millionnaire Ziad Takieddine qui, bien que domicilié en France, ne paie pas d’impôt en France.

Cet homme proche du premier cercle de l’UMP , qui a été placé en garde à vue par le parquet de Bobigny alors que les douanes françaises ont saisi 1,5 million d’euros en liquide dans son avion, possède en France un patrimoine de plus de 40 millions d’euros : appartement dans le XVIe arrondissement parisien (12 millions), villas et appartement au cap d’Antibes (16 millions au total), etc. Il a aussi touché, par son travail, des dizaines de millions d’euros de commissions. Pourtant, Z.Takieddine ne paie ici ni impôt sur le revenu, ni impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Est ce tout à fait normale qu’interpelée par Benoit Hamon sur ce sujet, Valérie Pécresse oppose le secret fiscal ? Est tout à fait normal qu’elle se réfugie derrière les labyrinthe administratif des contrôles fiscaux pour ne pas avoir à répondre ?

Doit-on en conclure que M. Ziad Takieddine fait partie de ces 3000 contribuables détenteurs de comptes dans les banques suisses dont une partie correspond très probablement à de l’évasion fiscale ?

Soyons fou ! Imaginons que tout soudain, le gouvernement français devienne soucieux des comptes publics et réclame à ces 3000 contribuables, et autres “proches et amis”, le même montant que celui que Liliane Bettencourt doit au fisc français. Cela permettrait tout de même, sans que le plus grand nombre d’entre nous se voit privé de services publics dont ils ont besoin, de services de santé absolument nécessaire, etc., de récupérer en 2011 aux environs de 90 milliards d’euros !

Sans compter que l’on pourrait également exiger que pour ses des déplacements entre Paris et Bruxelles, le chef de l’Etat n’utilise par trois avions long-courriers! Mais sur ce dernier point, François Fillon n’est pas exempt de toute critique et je doute fort qu’ils comprennent un jour, lui et ses amis politiques , que gouverner un pays, gérer ses finances sainement, ça n’est pas tout à fait comme se faire entretenir “comme une cocote aux frais de la princesse” !

Dès lors, nous demander de jouer le rôle de la princesse afin de pouvoir continuer à ce goberger et distribuer des privilèges ruineux a ses amis me parait quelque peu insultant de la part de François Fillon.Et j’ai très envie de lui répondre:

“Me serrer la ceinture, oui mais après vous messieurs les gouvernants & Co”

Sources : L’Expansion; le Figaro; le Monde; Slate; Mediapart; le Parisien; Rue89; le Nouvelobs; le JDD; RTBF; Libération

Temps d’antenne du Modem, merci pour le cadeau!

24 mai 2009 § Poster un commentaire

Du 25 mai au 5 juin, les partis politiques, présentant des listes autonomes pour l’élection au parlement européen, se partageront trois heures de spots électoraux sur les télévisions et radios publiques.
La régle:
Accès aux médias:
    * Les partis doivent envoyer une demande de participation à la campagne officielle audiovisuelle.
    * La liste des partis ayant introduit une demande de participation à la campagne audiovisuelle sera publiée en mai 2009.

Télévision et radio:
    * Deux heures de télévision et deux heures de radio pour les partis et les groupes représentés par des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ou au Sénat;
    * Une heure de télévision et une heure de radio répartie entre les autres parties et groupes qui ont des listes de candidats dans au moins 5 circonscriptions et ont demandé de pouvoir utiliser le service public de diffusion avant le 5ieme mardi précédent le jour du vote.

Dans la pratique, ce sont les groupes parlementaires,à l’Assemblée nationale et au Sénat, qui parrainent les partis politiques de leur choix pour deux de ces trois heures d’antenne.
Six partis se partageront ce temps de parole.
Bien évidemment on retrouve dans ce groupe de privilégiés l’UMP, le PS, le PCF, mais aussi le Nouveau Centre , le PRG et le Modem.

En toute logique, le PRG ne présentant pas de listes aux européennes, devraient être exclu du temps d’antenne.
Le Nouveau Centre, faisant listes communes avec l’UMP, donc pas de liste autonome,ne devrait pas bénéficier d’un temps d’antenne particulier.
Quant au Modem, ne disposant de groupes parlementaires ni à l’assemblée nationale ni au Sénat, il devrait rejoindre le groupe des 10 autres partis politiques qui se partageront la dernière heure d’antenne restante.

Mais tel ne sera pas le cas.

Le Modem, bénéficiera des vingt minutes d’antenne réservées aux grandes formations, au lieu des trois minutes et vingt secondes que, normalement, il aurait dû avoir.

Par quel miracle ?
Tout simplement par la grâce de Michel Mercier, président du groupe centriste au Sénat, et néanmoins trésorier du Mouvement Démocrate.
Selon les informations obtenues par rue89, c’est lors d’une réunion du groupe centriste, il y a 15 jours, qu’un vote a été organisé au sein du groupe. Ce vote a fait apparaître sur 22 suffrages exprimés, 11 suffrages pour parrainer le modem et 11 suffrages contre ce parrainage. C’est donc que Michel Mercier qui, grâce à son vote en tant que président du groupe, a fait obtenir à François Bayrou et à son parti, ce privilège exorbitant à la règle républicaine.
À ce stade de l’histoire, un rappel ne paraît nécessaire :

  • le groupe centriste au Sénat est constitué de 29 membres, dont 10 sont encartés au Nouveau Centre et 19 à l’UDF -Modem.

  • sur c’est 19 sénateurs, seuls 6 soutiennent François Bayrou.
    parmi ses sénateurs aucun n’a été élu sous la seule étiquette Modem, alors qu’à l’époque de leur élection le Modem existait déjà en tant que parti politique.

  • les 23 autres sénateurs, appartenant au groupe centriste, sous la houlette de Michel Mercier, soutiennent très largement la politique de Nicolas Sarkozy.

Il n’est d’ailleurs un secret pour personne que Michel Mercier est pressenti pour le poste de ministre de l’agriculture dans le prochain gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Il est nettement reconnu par ses collègues centristes comme celui qui  « fait aussi le job pour Nicolas Sarkozy ».
«C’est un dernier cadeau de Mercier à Bayrou avant d’aller au gouvernement», prétend un sénateur Nouveau Centre.
Grâce à ce magnifique cadeau, le mouvement de François Bayrou échappe au traitement réservé aux petites formations ou alliances.

Mais pourquoi un tel cadeau?
Certains pensent que le geste de Michel Mercier est lié au «  long passé politique commun » avec François Bayrou.
D’autres, sénateurs encartés au Nouveau Centre, pensent que le choix de Michel Mercier est davantage politicien, et constitue une sorte de cadeau d’adieu :  « C’est un dernier cadeau à Bayrou pour solde de tout compte de leur long passé politique commun, avant que Mercier ne rejoigne probablement le gouvernement. Il y a une sorte de boyscoutisme chez les centristes… L’Elysée n’en a tenu rigueur à personne dans le groupe, ils ont été grands seigneurs dans cette affaire. »
« Ce n’est pas un choix politique. D’ailleurs, on n’aurait pas dû voter, il ne fallait pas parrainer de parti. Mais bon, on a quand même une vie de groupe à gérer et il y avait quelques tensions. On ne voulait pas continuer à faire la guerre à Bayrou. Et c’est aussi un enjeu démocratique car Bayrou va faire au moins 10% aux européennes. »
Jean Arthuis, qui avait choisi de voter blanc, ne souhaitait pas s’opposer par principe au parrainage du MoDem par le groupe Union centriste, malgré ses craintes : « Parrainer est un grand mot, disons qu’on ne s’y est pas tous opposés. Essentiellement pour ne pas victimiser Bayrou : qu’aurait-il dit si nous avions décidé du contraire ? Mais j’espère qu’on n’aura pas à la regretter et que ça lui permettra d’exprimer ses idées sur l’Europe. Parce que, pour l’instant, on semble déjà dans une pré-présidentielle. J’espère qu’il aura un sursaut d’éthique. »

Le message est donc claire vis-à-vis de François Bayrou : un cadeau, oui, mais pas sans contrepartie.

Et de toute évidence, le message est clairement compris et la contrepartie acceptée, si on considère les récentes attaques répétées de Marielle de Sarnez, de Jean-François Kahn et de Jean-Luc Bennahmias (ex-Vert), envers Daniel Cohn-Bendit.
Les trois têtes de liste du modem, en contrepartie de 20 minutes de temps d’antenne, semblent s’être chargés de "l’élimination" du représentant d’une liste qui a de fortes chances de venir grapiller le gâteau politique qu’UMP, PS et centre entendent bien continuer à se partager, tout en détournant l’attention des électeurs de l’obsession "Sarkozyienne"de François Bayrou.
Ainsi donc,Marielle de Sarnez, tête de liste du modem pour les élections européennes, n’a pas hésité, lors d’une interview donnée à Canal+, le 19 mai dernier, a affirmer :"Ce n’est pas bien que les contribuables français financent au fond de la publicité pour l’UMP, ce n’est pas correct, ce n’est pas civique…J’ai du respect pour François Bayrou, pour son parcours, pour son itinéraire, et sa cohérence. Vous comprendrez que je ne partage pas votre analyse."
Attaques reprises par Jean-Luc Bennahmias (ex-Vert),qui accuse: "Dany, si la campagne d’Europe-Ecologie ne te suffit pas, tu n’es pas obligé de mener la campagne de l’UMP", ou bien Jean-François Kahn qui pense faire de l’humour en affirmant:"J’ai croisé ce matin Daniel Cohn-Bendit et je lui ai dit: je découvre que tu fais de la politique comme les vieux".
Quant à François Bayrou, il prétend qu’ "il existe toujours un recours contre les abus de pouvoir, et ce recours c’est le peuple".

J’espère que les électeurs, désormais informés de la délibération « peu catholique » qui attribue au Modem un temps d’antenne « préférentiel », sauront faire savoir à ses candidats qu’ils n’acceptent plus leurs dérives !
Il serait intéressant de savoir ce que les têtes de liste du Modem, et son président, répondraient si on leur demandait si il est "corrects et civiques" d’accepter le cadeau que les sénateurs centristes ont fait au Modem
il serait également intéressant de connaître leur réponse quant à la cohérence de François Bayrou qui, d’un côté  tape à tour de bras sur Nicolas Sarkozy, mais accepte que les sénateurs du groupe nouveau centre (qui soutiennent Nicolas Sarkozy) lui fasse cadeau de 20 minutes d’antenne auquelles ne devait pas avoir droit.

Car si cela, ce n’est pas "faire de la politique comme les vieux", mener la campagne de l’UMP, qu’est-ce que c’est ?

Au-delà  de ces "petits arrangements entre amis", il n’en demeure pas moins que, le mouvement politique de François Bayrou bénéficie d’un traitement dont d’autres, moins bien loti, ne bénéficieront pas.
C’est le cas du Nouveau parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot,  qui ne se privent pas de qualifier la campagne audiovisuelle de «belle arnaque» et de condamner « l’avantage démesuré donné aux partis institutionnels…’un côté deux heures pour les 6 groupes parlementaires, de l’autre une heure pour les 17 autres listes se présentant dans au moins cinq circonscriptions».

Mouvement Démocrate

L’express
Le Point
Rue89
Libération
RTL

Européennes, et si nous parlions en sièges?

23 mai 2009 § Poster un commentaire

Le 7 juin, les Français éliront, à la proportionnelle, 72 députés au Parlement européen, .

Il est intéressant de constater que, dans les commentaires sur cette élection, un certain nombre d’idées "toutes faites" persistent.

  • L’Europe ça ne sert à rien

  • Mon vote n’aura aucune influence sur l’orientation et le contenu des politiques européennes.

  • Le parti qui recueille au moins 5% des voix gagne un siège.

Idées toutes faites que , peu ou prou, les militants pro-Europe, tentent de défaire.

  • Voter a un réel impact : la hausse continue des pouvoirs du Parlement européen confère aux électeurs un poids et une influence politique qui est réelle.

  • Voter aux élections du Parlement européen, c’est choisir qui agira et votera en votre nom pendant 5 ans.

  • Voter est un choix partisan : les électeurs européens peuvent influencer la composition politique du Parlement européen et donc l’orientation et le contenu des politiques européennes.

  • Le vote aux élections européennes sera d’autant plus efficace qu’il sera massif et renforcera l’influence des députés au sein du Parlement européen.

Personnellement, c’est sur la dernière "idée toute faite" que je voudrais revenir ici.

"Le parti qui recueille au moins 5% des voix gagne un siège."

Et bien NON.

Toutes les listes n’enverront pas de représentant à Strasbourg. Les listes ayant recueilli moins de 5 % des voix ne sont pas admises à la répartition des sièges.

Mais des listes qui ont obtenu plus de 5% des voix peuvent ne pas obtenir de siège!

En effet, pour l’élection européenne, le calcul pour l’attribution des sièges se fait sur le nombre de voix obtenues.

On établit un tableau dont la première colonne contient le nom des partis ayant obtenus plus de 5% des voix ( un parti par ligne) et dont les colonnes suivantes représentent le nombre de sièges à pourvoir .

Dans la colonne 1 siège , on inscrit le nombre de voix obtenues.

Dans a colonne 2 sièges, on reprend ce nombre en le divisant par 2.

Dans a colonne 3 sièges, on reprend e nombre de voix obtenues en le divisant par 3. Et ainsi de suite suivant le nombre de sièges à pourvoir.

Puis "on sélectionne (en rouge) les 10 chiffres les plus élevés dans le tableau. Le nombre de cases sélectionnées pour chaque ligne indique le nombre de sièges obtenus par la liste correspondante. "

A mon avis, plutôt que d’afficher des sondages qui, à l’échelle européenne, ne veulent pas dire grand chose, il est plus intéressant de concrétiser les intentions de vote exprimées lors des sondages, en les matérialisant en nombre de sièges.

C’est donc à cet exercice de matérialisation que je ne me suis livré, en prenant base de travail la population de la région sud-ouest et 1 sondage paru récemment dans la presse. N’ayant pas à disposition des chiffres les plus récents inscrits sur les listes électorales de la région, j’ai pris comme base des chiffres édités par le ministère de l’intérieur concernant l’année 2007

Projection:

Exemple du Sud-Ouest:

Nbre inscrits

Simulation 1

Application :

Pop S-O Source:CSA – 16/05/2009 – http://www.leparisien.fr/politique/europeennes-l-ump-en-tete-des-intentions-de-vote-16-05-2009-515769.php

Résultats du sondage rapporté en nombre de voix, simulation pour le Sud-Ouest:

simulation en sièges

On constate bien, , d’après cette projection que des partis ayant obtenu 5% et plus , avec ce mode de calcul, n’obtiendront aucun siège.

Au delà des luttes partisanes qui se résument à faire gagner "son" parti et à faire perdre "ses" adversaires, c’est bien plus le nombre de sièges qui permettra d’influer ou de ne pas influer sur les orientations futures du parlement européen. N’oublions pas que les partis politiques au parlement européens se fondent dans des groupes.

Vous avez désormais le "mode d’emploi de la répartition des sièges", à vous de voir ce que "ça va donner" dans votre région!

Les partis politiques, eux maîtrise parfaitement ce mode de calcul depuis longtemps, et la projection que je vous propose explique peut être pourquoi les partis "majors" ne se battent pas tant que ça pour cette campagne européenne

Mémo:

Le nombre de sièges par circonscription s’établit au regard des données démographiques du dernier recensement général effectué par l’INSEE et en application du Traité de Nice, le Traité de Lisbonne n’étant pas encore entré en vigueur.

Pour ce qui est de la France Métropolitaine, la répartition des 72 sièges est la suivante :

  • 10 sièges pour la circonscription Nord-Ouest qui regroupe la Basse-Normandie, la Haute-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie ;

  • 9 sièges pour la circonscription Ouest qui regroupe la Bretagne, les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes ;

  • 9 sièges pour la circonscription Est qui regroupe les régions Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine et Franche-Comté ;

  • 10 sièges pour la circonscription Sud-Ouest, à savoir les régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ;

  • 13 sièges pour la circonscription Sud-Est regroupant les régions Corse, Provence-Alpes-Côte d’azur et Rhône-Alpes ;

  • 5 sièges pour la circonscription Massif central-Centre, composée de l’Auvergne, du Limousin et du Centre ;

  • 13 sièges pour la circonscription Île-de-France

  • L’Outre-Mer désignera 3 parlementaires."

Ces informations ont été publiées sur le site du Premier Ministre

Sources:

Vie Publique

CPCA

mjs76

Le Figaro

site du Premier Ministre

Fondation Robert Schuman

La Commission européenne envoie un mauvais signal aux salariés européens

3 mai 2009 § Poster un commentaire

C’est ce que pensent deux syndicats luxembourgeois qui demandent a leur gouvernement de s’engager auprès de la Présidence tchèque du Conseil et auprès de la Commission pour que le conseil européen extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement, consacré à l’emploi, puisse avoir lieu comme prévu le 7 mai.

Pour eux, un Sommet tripartite tel qu’il et proposé n’aura pas le même poids qu’un sommet pour l’emploi.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ont en effet décidé vendredi, sur une proposition de Nicolas Sarkozy, de renoncer au sommet extraordinaire consacré à l’emploi qu’ils devaient tenir à Prague, le 7 mai prochain.

Etonnant quand on sait que jeudi encore, l’idée d’un sommet consacré à l’emploi était défendue par la présidence tchèque et la Commission.

Au départ, il s’agissait d’une idée de José Manuel Durao Barroso, le président de la Commission, dont le bilan dans le domaine social est particulièrement faible.

Ce sommet sur l’emploi se voulait ambitieux.

Les syndicats parlaient d’un vrai programme social, les patrons évoquaient la nécessaire flexibilité, sur le marché du travail.

Alors que 700 000 emplois ont été perdus au cours des trois derniers mois de 2008 et qu’on dénombre, selon le patronat européen, 4,5 millions de chômeurs en plus en 2009, les 27 n’ont pas souhaité mêler l’Union européenne à leurs discussions sociales.

« Personne ne sentait ce truc », résume un diplomate européen.

« On ne veut pas à quelques semaines des élections européennes, donner l’impression que les autorités peuvent garantir l’emploi par une surenchère d’initiatives … cela ne pourra déboucher que sur des déceptions. Ce n’est de toute façon pas le 7 mai qu’on aurait découvert le problème de l’emploi » c’est justifié Herman van Rompuy, le premier ministre belge, vendredi, lors du Conseil européen de printemps.

Certains participants s’interrogeaient sur la pertinence d’un tel sommet et les compétences de l’Union en matière de décisions sur l’emploi :

  • l’Union peut-elle vraiment agir dans le domaine de l’emploi ?
  • N’y a-t-il pas un risque de créer des attentes qu’elle ne pourrait pas satisfaire ?
  • Quelles sont les propositions concrètes qui pourraient être actées ?

D’autres estimaient, pour une grande majorité, que l’ensemble des plans de sauvegarde bancaire et de relance économique constitue déjà des mesures de sauvegarde de l’emploi.

  • « Organiser un tel sommet donnerait l’impression que les Européens découvrent le problème du chômage après avoir sauvé les banques et les industries… »
  • « Opposer un traitement économique à un traitement social serait une erreur », estime ce même diplomate.

Il est claire que pour l’immense majorité des 27, les questions sociales relevant essentiellement des compétences nationales, ils allaient « à reculons » participer à ce conseil européen extraordinaire consacré à l’emploi.

Prendre en main les questions sociales, en particulier celle de l’emploi, les 27 ne veulent pas franchir se pas ou pensent avoir indirectement traité le problème.

Face à cet abandon, aussi subit que très vaguement justifié, John Monks, le président de la Confédération européenne des syndicats (CES) pense que cela « donne l’impression que les décideurs européens ne se soucient pas suffisamment du chômage », a jugé. La CES organisera quatre « euro-manifestations » à Berlin, Bruxelles, Madrid et Prague du 14 au 16 mai, pour pousser l’Union à agir.

 

Deux sommets européens se tiendront donc le 7 mai à Prague:

  • L’un pour inaugurer le "Partenariat oriental" associant l’Union européenne, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine. Ce sommet aura lieu en présence de tous les dirigeants des Vingt-Sept participeront au second
  • L’autre, pour l’emploi, qui, à l’origine, devait permettre de discuter de mesures concrètes contre la montée du chômage, a été réduit à une rencontre entre la Commission, le Conseil et les partenaires sociaux.

 

Sources :

Europaforum

RTBF

Libération

UMP : une campagne européenne qui s’annonce très franchouillarde est très Sarkozienne.

29 avril 2009 § Poster un commentaire

C’est devant 1500 militants réunis dans le Stadium de Rueil-Malmaison, commune dont le maire, Patrick Ollier, est le compagnon de M.A.M., que l’UMP a tenu son premier meeting européen.

Alors que la liste des candidats n’est toujours pas bouclée (à six semaines du scrutin), alors que le projet pour l’Europe n’est pas disponible actuellement, François Fillon et plusieurs membres du gouvernement ont néanmoins osé se lancer dans l’arène ce mardi 28 avril.

 

Officiellement, le mot d’ordre de cette campagne sera "patriotes et européens".

S’est donc Michel Barnier, tête de liste en Ile-de-France, puis Éric Besson, ministre de l’immigration et secrétaire général adjoint de l’UMP, qui ont repris en chœur cette profession de foi, en ajoutant : "On va pas s’excuser d’être derrière Nicolas Sarkozy", "On ne va pas non plus s’excuser d’être à la fois patriote et européen".

On peut comprendre l’usage du mot «européen» dans la bouche de personnes dont les 14 années d’exercice du pouvoir qui vienne de s’écouler, ont montré qu’elles étaient plus mondialistes qu’européennes. Mais le mot patriote laisse planer une ambiguïté. Les dirigeants l’UMP souhaitent-il mettre en avant leur amour de la patrie et les efforts qu’ils font pour la servir ?

Ce ne peut être que cela. L’autre définition du bon patriote étant : partisan de la révolution de 1789, elle ne saurait s’appliquer à ce «clan » hyper capitaliste, qui reconstitue petit à petit un système monarchique, qui nous gouverne depuis deux ans.

 

S’étend ainsi blanchi de son « côté obscur mondialisant », l’UMP se défausse aussi de la nécessité d’un projet pour l’Europe.

Le premier ministre, François Fillon, n’a pas manqué de dénoncer le peu de cas il faisait des projets pour l’Europe de ses adversaires, en s’attaquant au «vide sidéral" des propositions du PS sur l’Europe. Il a estimé que « la difficulté pour les socialistes français, c’est qu’ils sont les seuls à vouloir de cette Europe socialiste…Aucun des partenaires du Parti socialiste en Europe ne souscrit à cette vision. Vous n’en trouverez pas un pour célébrer les 35 heures ou pour célébrer la sur-administration de l’économie, ou pour célébrer l’augmentation sans limite des dépense publiques ».

On ne saurait trop conseiller à F.Fillon de consulter le document de 31 pages appelé « Manifeste du PSE, coécrit par tous les partis socialistes d’Europe….et en particulier à partir de la page 8 ! on ne saurait trop lui conseiller également de consulter le projet des écologistes européens, est en général des partis de gauche. Il verrait que nombreux sont les partis politiques qui se présentent aux élections européennes à vouloir une Europe avant tout sociale et humaniste.

Si c’est cela que F.Fillon appelle un vide sidéral, comment doit-il appeler l’absence de programme pour l’Europe de son propre parti ? Un vide sidérant ?

Que nenni !

François Fillon a assisté de ses yeux mêmes au miracle Sarkozien lors de la présidence française de l’union européenne. "Direction exceptionnelle, j’ai vu l’Europe se dresser et prendre ses responsabilités ».

« Lève-toi et marche » revisitée par l’UMP, avouez que ça vaut son pesant de cacahouètes.

Convaincu que, faute de projet, «Le volontarisme politique, ça marche et ça compte", Xavier Bertrand , a enrichi le débat d’une citation de l’ex-premier ministre britannique Tony Blair : "Nicolas Sarkozy a remis la France sur la carte !" .

De quelle carte s’agit-il, seuls quelques grands initiés doivent le savoir, mais peu importe. A cet instant du meeting, les choses sont claires :juge

Nul besoin de projet, Nicolas Sarkozy est la ! Il fera, à lui seul, office de projet.

C’est à un point tel que Xavier Bertrand a demandé aux militants de faire campagne sur le nom du chef de l’Etat. Il entend bien se servir de cette campagne pour parler de tous "les sujets", européens et nationaux, et surtout pour défendre l’action de politique intérieure de Nicolas Sarkozy.

N’a t-il pas dit, "est-ce qu’on va parler d’Europe ? La réponse est oui ! Est-ce qu’on ne va parler que d’Europe ? La réponse est non !…Si les socialistes veulent "nationaliser ces élections, je leur dis chiche ! …Cela ne me dérange pas et ça nous arrange !»

Voilà effectivement le seul programme du patron de l’UMP, faute d’idées novatrices pour l’Europe :

  1. il souhaite « noyer le poisson » dans des « discours fleuve » d’autosatisfaction sur la politique intérieure.
  2. Il souhaite personnaliser le débat et le centrer uniquement sur la personne de Nicolas Sarkozy, sa vie, son œuvre.
  3. Il espère entraîner ses adversaires dans la critique de Nicolas Sarkozy, probablement à seule fin de ne pas leur laisser la possibilité de présenter leur projet pour l’Europe. Espérons que ces derniers ne se laisseront pas prendre à ce piège grossier.

 

Je crains fort que la campagne de l’UMP pour les élections européennes ressemble plus à ces campagnes de propagande stalinienne, digne des pays de l’est des années 50, qu’à une campagne riche en débat sur l’avenir plusieurs millions d’individus.

 

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/04/28/l-ump-unie-autour-de-fillon-lance-sa-campagne-

http://www.tv5.org/TV5Site/info/afp_article.php?idrub=1&xml=newsmlmmd.cd514dce10e8d3af53fdce8275dbd522.c01.xml

Européennes, l’UMP attaque !

26 avril 2009 § Poster un commentaire

Apparemment, l’appel de Martine Aubry, vendredi à Toulouse, lors du meeting de lancement de la campagne européenne du parti socialiste, n’a vraiment pas plu aux dirigeants de l’UMP !

Et nos ans jouaient le chœur des vierges, à l’unisson s’en prenant plus particulièrement à la première secrétaire du PS, Martine Aubry, qui a appelé les électeurs français à sanctionner "Sarkozy, Barroso et Berlusconi", le 7 juin.

« Plaider comme la maire de Lille l’a fait pour une "Europe sociale" n’est qu’une "rengaine quinquennale", a jugé Brice Hortefeux, ministre du Travail. Par contre, il a estimé que : « le président avait "marqué la construction communautaire de manière spectaculaire" et qu’il serait "ahurissant, invraisemblable (qu’il) ne s’engage pas" dans la campagne. »

Ben voyons !

Pour sa part, réponse du berger à la bergère, Michel Barnier appelle à un vote sanction contre le parti socialiste et s’interroge : « Les socialistes, "qu’ont-ils donc à dire de plus et de mieux sur le projet européen ?".

Il y a en outre précisé, lors de "Dimanche soir politique" France-Inter/i-Télé/Le Monde, que Nicolas Sarkozy, président de la république française, représentant de tous les Français, "s’adressera à tous les Français et sans doute aux Européens pour leur dire (…) : voilà la volonté politique que l’on veut remettre dans le projet européen pour faire bouger les lignes". Cette réunion tant attendue par les dirigeants UMP aura lieu le 5 mai, à Nîmes.

Il était temps !

Car on peut, jusqu’à présent, légitimement retourner sa question à Barnier : "Les UMP, "qu’ont-ils donc à dire de plus et de mieux sur le projet européen ?".

Mystère et boule de gomme. En effet, lorsqu’on se rend sur leur site, on ne trouve NULES trace de leur projet pour l’Europe (voir mon article sur les sites de campagne).

Brice Hortefeux aura beau « passer la brosse à reluire » en mettant en avant le rôle que Sarkozy à joué lors de sa présidence de l’UE (Rôle minime au regard du peu de pouvoir que le président de l’UE joue dans le triangle décisionnaire de l’UE).

Michel Barnier pourra annoncer tous les meetings de campagne de Nicolas Sarkozy qu’il désire.

Il ne restera pas moins que l’UMP, bon dernier à présenter des listes électorales complètement bouclées, incapable d’afficher un programme, un projet pour Europe, fait figure, au travers de sa tête de liste Île-de-France de « porte-parole des sans-idées" ?

 

En fait, Michel Barnier ne serait-il pas en train de reprocher au PS ce que lui, consciemment ou inconsciemment, reproche à son propre parti: n’avoir AUCUNE idée à proposer pour quand même se faire élire comme député européen?

 

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-39123669@7-37,0.html

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