Un « dispositif gagnant » pour faire gagner la gauche.

31 mai 2010 § Poster un commentaire

L’émission C Politique , animée par Nicolas Demorand, a été l’occasion pour Ségolène Royal de s’exprimer et sur de très nombreux sujets.

Outre le fait qu’elle a fermement défendu la mise en place d’un référendum d’initiative populaire pour que ce soit les Français qui décident de la réforme des retraites et qu’elle demande aux parlementaires de gauche de ce saisir au plus vite de la possibilité d’user des nouvelles dispositions légales concernant le référendum d’initiative populaire, elle a longuement expliqué le concept de « dispositif gagnant » qu’elle estime être le seul dispositif qui permettra à la gauche de gagner les prochaines élections présidentielles.

De façon claire, détaillée, elle a fixé en termes simples les différents axes de ce dispositif, ainsi que les conditions indispensables qui devront être remplies par tous ceux qui veulent atteindre l’objectif prioritaire : « se débarrasser de Nicolas Sarkozy » afin que "cesse cette politique inefficace, injuste, brutal et qu’il y ait un rapport de forces pour empêcher Nicolas Sarkozy d’aggraver la situation".

Tout d’abord, le dispositif gagnant ne doit pas consister uniquement en un ralliement à une personne mais bien à l’ensemble du dispositif gagnant qui s’articule autour de trois axes :

– 1 projet porteur d’avenir, qui permet aux Français de se projeter vers l’avenir, de se rassembler et d’unir leurs forces,

– Des appareils des partis politiques de gauche qui forment une équipe et que cette équipe soutienne fortement la personne désignée lors des élections primaires,

-Une personne désignée au moment des primaires soit capable de rassembler toutes les composantes de la gauche, les centristes humanistes et même les électeurs de droite déçus par la politique menée par le gouvernement actuel.

Très concrètement, Ségolène Royal reconnaît que ce projet gagnant, va nécessité un gros effort de discipline, de démocratie directe, de réalisme mais d’innovation et de créativité en matière de contenu du projet et qu’il nécessite plus particulièrement pour le Parti Socialiste :

Un parti en ordre de marche, y compris pour l’organisation des primaires :

"Si le PS réussit à mettre en place les primaires, je pense qu’il aura réussi sa rénovation et qu’il aura la capacité de déclencher un mouvement se populaire dans le pays. Si ce mouvement populaire est déclenché autour du PS de calcul non pas autour d’une personne d’une équipe, mais autour d’un projet, la gauche gagnera ses élections."

Un appareil qui soutient totalement le candidat ou la candidate désigné lors des primaires

"quel que soit le calendrier, le candidat désigné, il faudra que tous les socialistes soient rassemblés que le candidat et la candidate soit soutenue par tous. "

Un projet porteur d’avenir:

"L’heure est au rassemblement. Le contexte politique économique de la France est difficile … Je veux autre chose pour notre pays y. Tout le monde voit qu’il y a du potentiel dans notre pays ce que je veux aujourd’hui, mon désir c’est que la France ne tombe pas dans la résignation…Si le parti socialiste à la capacité de projeter les Français dans un choix de société du futur, "

Un candidat ou une candidate qui est capable d’être au second tour est de rassembler de l’extrême gauche jusqu’aux centristes humanistes et aux déçus du Sarkozy.

"Je pense que pour renverser le pouvoir et il faut rassembler la gauche de la gauche, la gauche contestataire, les centristes humanistes et même tous les électeurs de droite et qui sont déçus par Nicolas Sarkozy"

Si ces conditions sont toutes réunies et respectées, Ségolène Royal "pense que si nous sommes capables de faire sa nous gagnerons l’élection présidentielle.Si les socialistes commencent à se disputer sur des dates, etc., alors l’élection présidentielle sera difficile à gagner. »

"Si nous ne sommes pas capables de faire ça, s’il y a à nouveau des discussions des discordes des conflits, un déficit démocratique à l’égard des Français, un manque de visibilité du projet, un déficit de méthode dans les primaires, alors l’élection présidentielle sera très difficile. Pourquoi ? Parce que la droite à tous les pouvoirs. Une est fort entrepris une très forte emprise médiatique, la puissance de l’argent. En face, la chance pour la France de gagner, c’est d’être rassemblé et uni derrière son candidat." A-t-elle précisé.

Certains ont cru, en survolant d’un « oeil distrait et d’une oreille étourdie » l’émission  C Politique , que Ségolène Royal abandonnait définitivement toutes les valeurs pour lesquelles elle se bat depuis plus de six ans. Que pour un portefeuille ministériel, elle était prête à « pactiser avec le diable ».

Il n’en est, bien évidemment, aucunement question tout au long de cette émission. Elle a tout simplement exposé d’une façon claire et sans ambiguïté la stratégie qu’elle pense être celle qui mènera la gauche à la victoire lors des élections présidentielles.

Elle a pris soin de préciser: "Je soutiendrai tout dispositif gagnant …Je pense que si nous sommes capables de faire sa nous gagnerons l’élection présidentielle". Ce qui, bien évidemment, sous-entend que tout autre dispositif n’obtiendra jamais son soutien. Car si elle "préfère faire le sacrifice d’une ambition personnelle et voir la gauche gagner", un dispositif autre (qui ne permettrait pas le rassemblement des socialistes, qui ne serait que ralliement autour d’une personne et non pas d’un projet, qui ne permettrait pas de soutenir totalement le candidat ou  la candidate de la gauche) est inexorablement voué à l’échec.

Parler de ralliement est donc un non-sens, car si on détaille les conditions que Ségolène Royal  pose , il s’agit plutôt d’un soutien « SOUS conditions NON négociables », parce que fondée sur une réelle volonté d’infléchir la politique désastreuse que mène le gouvernement .

Tout est dans les nombreux détails que Ségolène Royal a apportées au "dispositif gagnant" .

Ségolène Royal a été limpide. Elle a montré qu’elle était solidaire avec le PS mais qu’elle n’abdiquerait AUCUN des points fondamentaux qu’elle défend depuis maintenant 6 ans.

Enfin, j’ai comme l’impression que son adhésion sera aussi soumise à ce que vont faire les parlementaires , dans les heures qui viennent, en matière de référendum sur les retraites. C’est, en effet, la dernière chose qu’elle a défendu lors de cette émission et ce n’est pas pour rien. Elle veut probablement une preuve concrète et irréversible que les actes des parlementaires sont en accord avec les propos du PS, que les institutions représentatives soutiennent PLEINEMENT le peuple dans ses luttes et qu’ils s’engagent dès demain dans le changement…

Bref, on peut concevoir que pour tous ceux qui avaient l’intention de faire croire que tout allait changer, en ayant la ferme intention de ne rien faire pour que cela change, les précisions fondamentales que Ségolène Royal a apporté ce soir sont extrêmement contrariantes.

On peut également concevoir pour tous ceux qui préfèrent le flou artistique des projets mal ficelés qui mènent à l’échec, des campagnes électorales qui ressemblent à des combats de catch, le degré d’extrême précision dans l’analyse de la situation, dans l’énoncé des solutions à mettre en oeuvre et par conséquent les contraintes que cela va occasionner pour eux, on peut concevoir que ceux là préfèrent ce soir revenir à leurs bonnes vieilles habitudes du tout sauve Ségolène Royal.

Désormais, la balle est dans leur camp et dans celui du PS et des partis de gauche qui ont intérêt à « se bouger » très vite….et leurs supporters à ne pas se réjouir trop vite et à ne pas se répandre en supputations oiseuses…Si ils veulent faire preuve de sagesse, de pugnacité et de volonté de nous rassembler.

Source: France5

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Nicolas Sarkozy s’adresse au bon Dieu… Et à ses représentants.

28 mai 2010 § Poster un commentaire

Dans son discours inaugural du Fonds Paul Ricoeur, le président Nicolas Sarkozy a, selon Le Figaro, affirmé:
"Alors que l’économie et la société redécouvrent dans la crise sans précédent qui secoue le monde un profond besoin d’éthique, alors que le progrès des sciences et des techniques met nos valeurs chaque jour à l’épreuve et que le capitalisme est en quête de morale, le silence des grandes religions serait incompréhensible tant elles sont dépositaires ensemble d’une partie essentielle de la sagesse humaine".

On n’est pas encore dans le Génie du christianisme , mais en s’en rapproche, non ?

Trêve de plaisanterie. Il y a plusieurs traductions possibles aux propos de Nicolas Sarkozy.

Quelqu’un de mauvaise foi pourrait penser que Nicolas Sarkozy, ne s’estimant pas un représentant crédible de l’éthique et de la morale, en appelle aux grandes religions pour jouer leur rôle moralisateur et inciter les populations à plus d’abnégation et d’esprit de sacrifice.

Quelqu’un de plus « spirituel » pourrait encenser l’esprit rassembleur du chef de l’État qui, rappelant les grandes religions à venir au secours d’une société décadente, entend utiliser et toutes les ressources de la société pour vaincre la crise.

Quelqu’un de totalement laïque, comme je le suis, se révolte de cet appel en à l’intervention des religions pour au final, obtenir, comme elles l’ont traditionnellement toujours fait, toujours plus d’abnégation et de sacrifices pour les populations.

Car, ne nous leurrons pas, il serait très surprenant que les grandes religions adressent une semonce aux spéculateurs, aux grands capitalistes, aux multinationales, afin qu’ils fassent preuve de plus d’éthique et de morale. J’imagine assez mal ce petit monde de la finance se flageller, se mortifier, faire pénitence.

La seule chose qui me réjouisse dans ce discours de Nicolas Sarkozy, c’est que visiblement il a tout à fait compris que lui et sa majorité présidentielle n’avait aucune crédibilité aux yeux de la population lorsqu’il prétendait moraliser le capitalisme.

En désespoir de cause, il ne lui restait plus qu’à invoquer le bon Dieu, ces saints,et leurs représentants sur terre. Peut-être espère-t-il que, comme du temps des grandes épidémies, les églises organiseront de grandes processions auxquelles nous serons tous invités à implorer le Ciel pour qu’il nous délivre de la crise 😉

Sources: Fonds Paul Ricoeur ;Médiapart ; Le Figaro

 

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Roselyne Bachelot perpétue les traditions familiales!

27 mai 2010 § Poster un commentaire

Roseline Bachelot nous a démontré récemment, avec sa très mauvaise gestion de la pseudo pandémies de grippe H1N1, qu’en matière de santé publique et de finances publiques, elle n’était certes pas la meilleure gestionnaire et prévisionniste au monde.

Par contre, en ce qui concerne les prévisions et la gestion de la carrière de ses proches, elle semble parfaitement se débrouiller.

J’en veux pour preuve la nomination de son fils,Pierre Bachelot, 41 ans, diplômé de l’institut supérieur des arts de Paris, à la direction générale de l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé.

Attention, Pierre Bachelot ne rentre pas par la petite porte a l’INPES . Il est directement propulsé au poste de charger de mission ( salaire net minimum de 3.707 € par mois.) auprès de la directrice générale de l’institut.

Il sera chargé, d’après Le Point,  « de développer une stratégie d’influence ou de lobbying, notamment auprès du Parlement, et de veiller à ce que la santé soit intégrée dans toutes les politiques publiques ».

Dès mardi prochain, alors que le gouvernement réaffirme sa volonté de supprimer des postes de fonctionnaires dans la fonction publique pour faire des économies, Pierre Bachelot occupera à plein temps un poste qui n’existait que ponctuellement.

Cette nomination indécente aurait encore pu se justifier si le fils de Mme H. Laure avait eu les compétences, l’expérience professionnelle nécessaires dans le domaine de la santé . À regarder son cursus professionnel, consultable dans l’article du point, il n’en est absolument rien . Quoi que, puisqu’il était aux côtés de sa mère au ministère de la santé, pendant l’épisode de la grippe H1N1, il a peut-être beaucoup appris en matière de stratégie d’influence ou de lobbying… Allez savoir !

Certes, il est de tradition dans la famille Narquin que la carrière des enfants en sont fortement aidées pas celle de leurs parents. Roselyne Bachelot, fille de de Jean Narquin, résistant et député gaulliste, a repris en 1988, le siège de député de son père Jean Narquin. Mais pour ce faire elle avait été élue. Son frère cadet, Jean Yves Narquin, était attaché parlementaire de son père avant de se présenter aux élections législatives de 2007.

On avait déjà pu constater que le népotisme était de mise à l’UMP, on pouvait espérer qu’après l’épisode houleux de la candidature de Jean Sarkozy à l’EPAD la majorité présidentielle et les ministres auraient compris que les Français, même électeur de droite, n’appréciait en aucun cas de voir les enfants de ceux qui les dirigent bénéficier d’un quelconque favoritisme.

Roseline Bachelot a peut-être cru que la nomination de son fils allait passer inaperçu . Il n’en est rien. Une fois de plus, nous pouvons constater que quand il s’agit de trouver du travail pour nos enfants, les membres du gouvernement ne font rien mais qui sont particulièrement efficaces, ne regarde pas le prix que cela coûtera à l’État, quand il s’agit de trouver du travail à leurs enfants.

En bonne mère qui sait probablement qu’au prochain remaniement ministériel elle sera remplacée au ministère, elle a probablement voulu protéger son fils et lui permettre de continuer sa carrière.

Sources:Le Point ; INPES .

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Réforme des retraites: Des propositions gouvernementales qui ne plaisent pas aux Français

26 mai 2010 § 2 Commentaires

Un peu « contraint et forcé » par les révélations du secrétaire général de l’UMP, et après avoir essayé de nous convaincre sur France Info que, et par la voix de Luc Chatel, porte parole du gouvernement: «Il s’agit de prendre le temps de la concertation (…) aucune décision n’a été prise», Eric Woerth a annoncé, mardi 25 mai, que le gouvernement allait "agir" sur l’âge légal de départ à la retraite, en le reportant, selon Les Echos , à «62 ou 63 ans». La durée de cotisation qui était de 41 ans en 2012, passerait à 41,5 ans en 2020 puis à 42 une dizaine d’années plus tard.

Bref nous nous dirigeons vers le «travailler plus longtemps pour gagner moins», comme le déplore Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, dans les colonnes de Libération

Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS "Les masques sont tombés…la réalité la plus forte liée aux conséquences de la mise en œuvre de la réforme que le gouvernement annonce, est la baisse inéluctable des pensions…il y aura inéluctablement une baisse de pensions si vous repoussez l’âge légal du départ à la retraite et vous allongez la durée de cotisation".

Laurent Joffrin , dans son éditorial « Conquêtes », après avoir rappelé que "La retraite à 60 ans figura surtout parmi les trois grandes revendications du syndicalisme français unifié en 1897 sous le sigle de la CGT, avec la journée de 8 heures et la hausse des salaires », souligne à juste titre que "si l’on touche à l’âge légal, ce qui semble décidé, on aura fait tourner à l’envers la roue du progrès social."

A ce stade, il est important de rappeler que ceux qui vont être le plus durement touchés par cette réforme, seront les ouvriers et les employés qui sont environ 100.000 chaque année à faire valoir leurs droits à la retraite (soit environ 15% des départs en retraite). Comme le souligne l’économiste Jacques Bichot, dans une interview avec le journal 20minutes, L’essentiel des cadres et des fonctionnaires ne sont pas vraiment concernés parce qu’en général, ils partent déjà plus tard que l’âge légal en retraite.

Au final cette réforme enfin dévoilée, malgré les efforts du gouvernement pour nous convaincre qu’il a fait le bon choit, est très loin de faire l’unanimité.

Selon le baromètre BVA pour France Info, Absoluce et Les Echos (Sondage réalisé par téléphone les 21 et 22 mai auprès d’un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.) publié mercredi:

– plus d’un Français sur deux (53 %) estime que le système de retraites peut perdurer sans allonger la durée d’activité.

– 57 % des Français restent attachés à la retraite à 60 ans.

Après explication des projets de réforme des retraites présentés par le gouvernement et le PS:

– 59 % des personnes interrogées jugent le projet socialiste "plus juste",

– 57 % des personnes interrogées jugent le projet socialiste "meilleur",

– 47 % des sondés le jugent le projet socialiste aussi le plus crédible,

– 42 % des sondés jugent le projet socialiste "le plus efficace à long terme".

Plus généralement, 67% des sondés qualifient la politique économique menée actuellement par le gouvernement, de "mauvaise" . Il ne sont que 28% à la trouver "bonne".

Sachant que jeudi 27 mai 2010, 6 syndicats appellent à une nouvelle journée de grèves et de manifestations pour peser sur la réforme des retraites, il devient alors facile de comprendre pourquoi François Fillon, lors de la réunion du groupe UMP à l’Assemblée, a déclaré, selon Le Figaro: "On rentre dans le dur avec la mobilisation de jeudi"!

Il paraît désormais évident que seule une mobilisation très forte, jeudi 27 mai, peut faire obstacle à un passage en force du Gouvernement. Sinon, on peut se demander si après le système retraite, il ne s’attaquera pas à un autre acquis social: Les congés payés!

Les lieux de rassemblement:

Sources: Le Parisien ; Le Figaro ; Le Monde ; Libération ; 20minutes

Hamon : Aubry légitime pour les primaires, parce qu’elle est Première secrétaire?

25 mai 2010 § Poster un commentaire

En écoutant Benoit Hamon se faire « cuisiner », lors de l’ émission Bourdin Direct sur RMC et BFM TV, j’ai sursauté lorsqu’il a affirmé : "Martine Aubry a vocation à être candidate aux primaires du PS….Elle est secrétaire du PS… ça lui donne toute la légitimité".

Pour le coup, je me suis cru revenu deux ans en arrière, quand certains militants MoDem défendaient l’idée que seul Bayrou avait la légitimité de représenter le Modem…parce qu’il en était le Président autodésigné

Légitimité parce qu’elle est première secrétaire du Parti Socialiste! La fonction crée-t-elle la légitimité?

Il fut un temps ou dans les vieux Partis Communistes du fin fond de l’Europe de l’Ouest, cela pouvait encore se concevoir, mais en France, en 2010? Est-ce bien raisonnable?

Je ne vois pas en quoi, le fait d’être premier secrétaire donne une quelconque légitimité, dans le cadre d’une élection primaire. Je le vois encore moins lorsque cette élection se déroule au sein d’un parti politique qui se dit démocratique!

Que je sache, Arnaud Montebourg le secrétaire national du PS chargé de la rénovation , a déclaré sur l’antenne de France Inter, que ces primaires étaient OUVERTES à tout candidat qui souhaitait s’y inscrire et quelles n’étaient pas des primaires de confirmations, conformément aux souhaits des militants.

Benoît Hamon, avait lui même souligné, le 29 mars dernier, que seule "la convention sur la rénovation en juin prochain déciderait des choix définitifs".

Donc, jusqu’à présent, Martine Aubry est tout aussi légitime que n’importe quel adhérent du Parti Socialiste ou même que n’importe quel sympathisant de gauche pour se présenter à ces primaires.

Mais je dois dire Bravo à Benoit Hamon de réagir comme il l’a fait ce matin. Oui, un grand bravo!

Comme il le signalait ce matin, parlant de l’UMP et de la réforme des retraites, les masques tombent…Le seul problème c’est que le sien aussi vient de tomber ;-))

Et du coup, cela me permet de constater que, pas plus que le MoDem, le Parti Socialiste n’est un parti démocratique qui entend donner le pouvoir au peuple et laisser ce dernier l’exercer.

C’est un parti élitiste, de notables, qui s’appuient sur des « affidés/ militants », pour meubler le décors ( et éventuellement coller les affiches). Notables qui finalement décident de tout en méprisant le vote militant, comme on peut le constater, à nouveau, lors de la séance de ce matin sur le non cumul des mandats. Élus qui se contentent parfaitement du mandat représentatif et ne voudraient pour rien au monde d’un mandat déléguatif qui les empêcheraient de faire leurs « petites cuisines » au détriment de la volonté des militants…

En cela Benoit Hamon, avec son histoire de fonction qui rendrait légitime, ne se distingue pas de Jean-Christophe Cambadélis qui évoque des « primaires de confirmation » ou de Jérôme Cahuzac qui affirme que "Depuis 1981, notre candidat a toujours été choisi par les sondages". De fait, Jérôme Cahuzac, déduit en toute logique que Dominique Strauss-Kahn est le favori pour représenter le PS en 2012 à la présidentielle et que Martine Aubry se pliera au sondages et ne contrera pas Dominique Strauss-Kahn. Quand aux autres éventuels candidats du PS, ils "vont monnayer leur place au gouvernement"si Dominique Strauss-Kahn est le mieux placé. J’ai comme l’impression que si c’est Martine Aubry, le places sont également en train de se monnayer…

Malgré tout Benoit Hamon se distingue des deux précédents socialistes car il n’a tout de même pas osé affirmé, comme l’a fait Jérôme Cahuzac qu’en cas de victoire de Ségolène Royal, "Pas un seul député ne la suivra, car c’est la certitude d’avoir un candidat PS contre soi aux législatives et de perdre son siège."

Heu, un candidat PS contre soi? Mais ceux qui sont élus sous cette étiquette, à l’heure actuelle, ils sont quoi, alors?

J’aimerais tout de même rappeler qu’une condition extrêmement importante, tant que l’élection présidentielle en France ne se fait pas par cooptation mais par vote populaire démocratique, pour les primaires à Gauche, c’est qu’elles doivent être l’occasion, comme le souligne Paul Alliès, d’un « débat ouvert largement aux sympathisants, un véritable échange délibératif et un gage de démocratie donné à tous les Français nombreux à s’y intéresser ». Qui plus est, si le Parti Socialiste ne veut pas que le corps électoral se réduise aux malheureux 30% de militants (sur 180.000) que la direction du PS a réussi à mobiliser pour valider son "nouveau modèle de développement, ces élections doivent être irréprochables ET incontestables.

En écoutant Benoit Hamon ou en lisant les propos de Jean-Christophe Cambadélis et Jérôme Cahuzac, j’ai tendance à soutenir la demande de Ségolène Royal et/ou celle de Paul Alliès, pour que ces primaires aient lieu dans les mairies et en prenant pour base les listes électorales de la Nation. J’ajouterai que je serrais rassurée si le dépouillement des votes était fait sous la surveillance de scrutateur non encartés.!!! Ça éviterait à ceux qui auraient tendance à vouloir "forcer le destin" de se laisser aller à leurs fâcheuses tendances.

Il serait vraiment dommage, pas pour le Parti Socialiste mais pour la France, qu’à cause de « petits arrangements entre amis » le candidat PS n’ait absolument aucune chance de gagner l’élection présidentielle, voire même d’arriver au second tour ;-))

Maintenant, les caciques du parti Socialistes peuvent choisir de désigner qui ils veulent…seulement il ne faudra pas qu’ils se plaignent que les électeurs, qui tiennent au processus démocratique, se détournent du candidat PS en 2012…..comme près de 60 000 militants l’ont fait avec Le MoDem, pour des causes identiques :-))

Sources: Dailymotion ; L’Express ; Le Monde ;

De la fête des fous à l’apéro facebook

22 mai 2010 § Poster un commentaire

Et si ces apéros géants qui effraient les gouvernants, au point qu’ils ne savent plus "à quel saints se vouer" pour les interdire , n’étaient qu’une façon de retrouver la trace et de renouer avec les saturnales ou la « fête des fous »?

À l’époque romaine, les Saturnales étaient la manifestation de la fête de la liberté et du monde à l’envers. Jour de liberté des esclaves à Rome, ces derniers devenaient les maîtres et les maîtres obéissaient aux esclaves. Les Saturnales ont laissé des traces au Moyen Âge dans la fête des fous.

La tradition française de la Fête des Fous et de la fête de l’âne était très populaires au Moyen Age. Ces fêtes duraient de 1 à 3 jours. Un « monarque de folie » était désignée parmi chaque confrérie. C’était ces monarques qui étaient le plus souvent chargés d’organiser les réjouissances, aidés par le Roi de la Jeunesse de chaque village et chaque ville. Ces Rois de la Jeunesse étaient plus particulièrement chargés d’organiser le tapage ou le charivari indispensables pour une bonne fête des fous.

Sur le plan social, on peut considérer que ces journées étaient des « mini-révolutions » au sens ou une fois qu’elles avaient eu lieu, tout redevenait comme avant, mais ou, pendant leur déroulement, tout changeait dans le système sociale et religieux.

Ces journées de fêtes, favorites des déshérités et des exclus, furent un temps de liberté où « les domestiques devenaient les maîtres et les maîtres les domestiques ».

Elles étaient une forme de compensation à la dureté et la précarité de la vie de tous les jours. Les valeurs établies de la société, les conventions sociales, étaient renversées et la religion était tournée en dérision de façon extrêmement satirique et débridée.

Elles permettaient de soulager les tensions et pressions sociales, en libérant la parole et en parodiant les autorités. Pendant quelques jours le peuple pouvait tout dire aux puissants, en toute impunité.

Ces fêtes étant souvent le cadre de débordements violents( n’oublions pas qu’en ces temps là, tout le monde était armé). Dans les campagnes, des villages entiers s’adonnent à des jeux virils, comme la soule, ou l’eteuf, où tous les coups sont permis, et qui se soldent parfois par des morts violentes.

Elles furent dans un premier temps mises sous la surveillance de compagnies d’hommes armés, réquisitionnées pour prévenir les émeutes. La première condamnation fut proclamée au Concile de Bâle en 1431, un ban fut publié le 31 décembre 1519 pour rappeler la condamnation de l’Église.

Puis elle furent progressivement interdite par les instances religieuses et civiles (Richelieu).

Ces fêtes des fous et autres saturnales n’étaient rien d’autre qu’une manière pour le peuple, en agissant à la manière des rois et en faisant prendre la place des sages par les fous, de renvoyer l’image du ridicule et des abus auxquels ceux qui le gouvernait, tant civilement que moralement, se livraient.

Aujourd’hui, dans notre société cloisonnée, surveillée, ou l’avenir, pour les plus jeunes d’entre nous, est plus à la pauvreté qu’à la richesse, ou les castes se reconstituent subtilement mais surement, ou la pression morale du « tout économique » à remplacé la pression religieuse, ou les experts sont les sages d’antan,ou l’espace publique est investit par le commerce, ou les fêtes sont organisées par le pouvoir économique, quel possibilité reste-t-il à l’individu social d’affirmer sa liberté?

Il me semble que l’émergence des apéros géants est une réponse à ces experts qui ont le monopole de l’expression et de l’organisation de nos vies et qui semblent penser qu’à part eux, nul ne saurait comprendre les mystère de la gouvernance. En ce sens, voyant leur monopole mis en cause, on peut alors comprendre que “les puissants” tentent d’enrayer ce mode d’expression , comme l’ont fait les autorités de l’ancien régime…

Ces apéros « spontanés » seraient alors une façon, pour les participants, de retrouver cette vielle tradition des saturnales et de la fête des fous et de dire, comme Jean Cocteau: "Puisque ces mystères. nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs"

Sources: Journal d’un avocat ; Renaissance en France ; Wikipédia ; phareouest ; Patchou Blog

Les petites lâchetés font-elles les grands présidents?

20 mai 2010 § Poster un commentaire

A l’occasion d’un numéro particulier de l’émission À vous de juger, proposée par c Dominique Strauss Kahn devait apparaître dans une interview diffusé jeudi 20 mai.

L’entretien de 30 et 40 minutes a été enregistré le 19 mai, à Washington. Dominique Strauss Kahn s’y explique essentiellement sur le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans la crise grecque . D’après la journal Le Point, Dominique Strauss-Kahn a donné son accord il y a une dizaine de jours. »pour que la diffusion ait lieu le 20 mai.

Faisant fi de ses engagement, le président du FMI a , d’après L’Express, renoncé à toute prestation télévisée’ au motif qu’à la même heure et le même jour, TF 1 retransmet le match de la Coupe du monde de foot entre l’équipe France et l’équipe du Mexique.

Décidément, Dominique Strauss-Kahn n’aime pas la concurrence!

Il ne veut pas être concurrencé par un match de coupe du monde…mais pas seulement.

Visiblement une compétition , lors de primaires internes , semble l’effrayer à tel point qu’il aurait signé un pacte avec Martine Aubry et Laurent Fabius, avec lesquels il partage la même vision du socialisme ( ou de la compétition individuelle?) pour que l’un d’entre eux soit le candidat du PS à la présidentielle . C’est aussi peu fairplay que d’annuler son passage dans l’émission de jeudi 20 mai pour cause de concurrence footbalistique, mais c’est tout de même le meilleur moyen d’écraser les concurrent. Dans le monde libérale, on appellerait ça « entente illicite et entrave à la concurrence »!

Dominique Strauss-Kahn ne se la jouerait-il pas « diva »?

Même si il se prétend ligoté par ses obligations de directeur du FMI , il entretien savamment le doute sur sa candidature à l’élection présidentielle de 2012…Est-ce parce que les officines de sondages le place en tête des candidats susceptibles de battre Nicolas Sarkozy en 2012? Essaye-t-il, comme les Divas, de faire plier les volontés à la sienne, au prétexte qu’on les désire et que leur « talents » doivent tout faire accepter?

Quoi qu’il en soit, ce type de comportement, par trop stratégique et calculateur, va à l’encontre de l’idée que je me fais des qualités d’un compétiteur .

J’adore la compétition individuelle, à condition que les compétiteurs et les organisateur respectent un certain nombre de valeurs, de conditions:

– Une compétition doit être ouverte à tout ceux qui souhaitent concourir,

– Elle doit se se dérouler à armes égales,sans qu’aucun compétiteur ne soit favorisé.

– Elle ne doit pas accepter d’accords préalables entre compétiteurs pour s’assurer la victoire en mutualisant les moyens.

– Les compétiteurs doivent s’y engager franchement, ne pas chercher à obtenir des « passes droits » , ne pas tricher en essayant de contourner les règles , ne pas se faire aider par des tiers et être fairplay à l’issue de la compétitions.

Partant de là, je considère tout compétiteur qui enfreindrait ces valeurs « chevaleresque » comme un(e) lâche indigne de représenter la France.

C’est dans cette définition pleine et entière de la compétition individuelle que je conçoit les élections, forme particulière de compétition qui rythment et structurent notre Démocratie et plus particulièrement les élections primaires qui auraient pour objectif de désigner, au suffrage universel, le ou la candidate à l’élection présidentielle d’un parti politique. Il ne saurait donc être question de désigner un(e) lâche, pour tenir une fonction qui nécessite courage et ténacité.

Ainsi, pour les élections primaires qui vont avoir lieu au Parti Socialiste, je n’envisage pas un seul instant de participer à l’élection d’une personne qui tergiverserait pour entrer en compétition au motif qu’il occupe une fonction qui l’empêche de le faire avant telle date. Je n’accepterait pas, non plus, que l’organisateur repousse le début de la compétition, ou en limite sa durée ou adapte les règles de compétition, pour arranger un compétiteur en particulier. Je n’accepterait pas plus un compétiteur qui aurait passé un pacte avec d’autres compétiteurs pour mutualiser leurs moyens et ne pas se battre à armes égales. Il y a là un déséquilibre des forces entre compétiteurs qui dévie la compétition et l’entraine vers une compétition d’équipe très éloignée de ce qu’est l’élection d’un candidat unique.

Bref , vous l’aurez compris, je n’aime pas la lâcheté ni ceux qui la favorisent et les atermoiements de Dominique Strauss Kahn, les soutiens médiatiquement répétés et secrètement organisés de ses amis me font penser aux lobbyistes qui veulent gagner la compétition mais sans se frotter aux autres compétiteurs.

Pour moi, les “petites lâchetés” ne font pas les grands présidents….

Sources: LePost; Public Sénat ; Le Point ; L’Express

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