Décès du policier de la BAC : les mensonges de Nicolas Sarkozy

9 décembre 2011 § 1 commentaire

On savait l’UMP prête à tout pour mettre en valeur son action sécuritaire. N’avait-elle pas hésité à exploiter frénétiquement, en 2001, au moment de la campagne présidentielle, l’agression de Paul Voise ?  Agression qui, très curieusement, une fois la campagne de presse passée, n’a jamais fait l’objet d’une enquête poussée ni d’un jugement.

Mais cette fois-ci, il semble que Nicolas Sarkozy soit allé encore plus loin dans la manipulation, le mensonge et surtout le sordide.

En effet, nous avons tous pu lire -ou entendre – Nicolas Sarkozy prétendre qu’il venait d’assister aux derniers instants de la vie d’Eric Lales  , policier de la BAC, atteint d’une rafale de kalachnikov après une course poursuite à hauteur de Vitrolles, sur l’A7.

Or donc, d’après Nicolas Sarkozy, et les différentes agences de presses qui ont relayé ses propos, à 10 heures 59, on pouvait lire dans la Provence :

« ce matin Nicolas Sarkozy et aller à l’hôpital Nord au chevet du policier gravement blessé et qui lutte toujours entre la vie et la mort »

 

À 10 heures 59, d’après le journal la Provence, le policier luttait encore entre la vie et la mort.
A 11 heures 25, toujours dans le même journal, une nouvelle dépêche annonçait :

Fusillade de l’A7 : le policier Éric Lales est mort 

Malheureusement, pour Nicolas Sarkozy et les organes de presse, toutes ces informations sont fausses.

De sources concordantes constituées par des policiers en activité (qui ont pour la plupart été informés à neuf heures ce matin de la mort d’Éric Lalès survenue aux environs de 23 heures la veille), d’anciens  policiers  , et du personnel médical de l’hôpital Nord de Marseille, il est avéré qu’Éric Lales a été déclaré en état de mort cérébrale aux environs de 23 heures, la veille de l’arrivée de Nicolas Sarkozy.

Comme le souligne Marc Louboutin dans un entretien avec Olivier Bonnet  :

« les réseaux sociaux de policiers ont pleuré la mort d’Éric l’Alés à partir de 23 heures. Comment se fait-il que le Président de la République puisse « partager les derniers instants » de ce policier 20 heures plus tard ? Les politiques ont demandé à ce que la nouvelle ne soit pas annoncée. Sarkozy n’a pas vu Éric Lalès vivant. »

Je savais que la campagne présidentielle allait être de très bas niveau, mais je ne m’attendais pas à ce que le président/candidat pousse le cynisme jusqu’à aller « danser sur le cadavre d’un fonctionnaire mort en service ».

Je ne m’attendais pas à ce que l’Élysée exploite ce mensonge  sur Twitter dans une mise en scène sordide et irrespectueuse pour les proches de ce jeune policier.

Je savais également Nicolas Sarkozy prêt à jouer sur la corde sensible de ses concitoyens pour redorer son blason, largement déficitaire sur le plan compassionnel.

Mais je n’aurais jamais imaginé qu’il ose utiliser le décès d’un jeune père de famille avec ce cynisme et cette indécence innommable.

Il est vrai qu’il ne faut pas oublier non plus que Nicolas Sarkozy, lorsque cela l’arrange, s’est parfaitement s’accommoder d’un arrangement mensonger avec les faits, fussent-ils historiques . De la à agir de la même façon avec la mort d’un jeune policier, voilà un pas que Nicolas Sarkozy a franchi, toute honte bue !

Sources : le Point ; la Provence ; Facebook ; Plume de Presse ; Police etc. ; Variae   ; Libération

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Élisabeth Badinter, les prostituées et les caissières de supermarché

7 décembre 2011 § 5 Commentaires

Hier soir, probablement en manque d’activité, puisqu’ils sont totalement dépourvus de pouvoirs pour régler les problèmes auxquels les citoyens français sont confrontés, nos vaillants députés, de droite comme de gauche, ont voté à l’Assemblée Nationale, une résolution réaffirmant « la position abolitionniste » de la France en matière de prostitution.

Outre le fait qu’une telle résolution de principe est très loin de résoudre les problèmes que rencontrent les prostituées en matière de santé, de sécurité, de conditions de travail, il m’a semblé que les justifications données par certains de nos députés fleuraient bon la « morale a 10 sous » si cher à notre bonne vieille bourgeoisie française, pétrie d’une volonté d’imposer au petit peuple une morale qu’elle est bien en peine de mettre elle-même en pratique.

Parmi ces propos qui se voulaient vertueux, j’attribuerais le palmarès de l’hypocrisie à Élisabeth Badinter qui, de façon pour le moins maladroite, a tenté de justifier son positionnement pour l’abolition et la pénalisation de la prostitution.

« Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d’autres gagnent en un mois à la caisse d’un supermarché, c’est son droit », a-t-elle dit mettant comme « seule condition, mais elle est essentielle » que la femme « ne soit pas contrainte« .

C’est particulièrement la première partie de sa phrase qui m’a énormément interpelée car, par son côté démagogique, elle montre que celle qui la prononce n’est pas choquée par la prostitution elle-même mais par ce qu’elle rapporte à la prostituée.

Pensez donc quelle honte de gagner en trois jours ce qu’une caissière gagne en un mois à la caisse d’un supermarché !

Scandaleux cette argent facile, non?

Diantre ! Madame Badinter est choquée que quelqu’un puisse gagner en une journée ce qu’une caissière gagne en un mois de travail ?

Il ne me semble pas pourtant que Madame Badinter ait exprimée son indignation devant l’augmentation de 16,7 % des dividendes  que lui a rapportés sa situation de principale actionnaire avec 10 47 % de la société Publicis , pour l’exercice de l’année 2010.

La même année, la caissière « de référence » a tout au plus vu son salaire augmenter seulement de 0,01 %…. Quand ce n’est pas une diminution de son salaire qui lui a été imposée justement parce que des actionnaires, comme Madame Badinter, désirait que leurs dividendes augmentent.

Et l’hypocrisie va encore plus loin car Madame Badinter, sans apparemment dénier le droit de la prostituée, mais tout en étant choqué que ça lui rapporte autant, se réfugie derrière l’éternelle fausse compassion en ajoutant que la prostituée a le droit de se prostituer du moment qu’elle n’est pas contrainte de le faire… Ouf! les prostituées sont soulagées Elisabeth Badinter les protèges!

Remarquez, Élisabeth Badinter, en ce qui concerne la situation des femmes souffre toujours, comme le souligne Arrêt sur Images , d’un angle mort  chaque fois qu’il s’agit de Publicis dont elle préside le conseil de surveillance :

« Ce double statut a toujours généré, dans la production philosophique badinterienne, un point aveugle : la violence de l’injonction publicitaire faite aux femmes. »

Mais elle n’est pas la seule à ne pas  vouloir tout voir:

Ce que n’ont pas vu Madame Badinter et ses amis soucieux de remettre un peu de Morale à l’ordre du jour, c’est que leur position de principe qu’ils entendent transformer en loi, va probablement avoir des effets dramatiques, tant financiers que sociaux ou psychologiques, pour bon nombre de personnes.

Mais de cela, nos “bien heureux nantis”, assistés tout au long de leur carrière politique par les finances publiques, ne sauraient se préoccuper !

Alors certes, qu’on fasse des lois pour protéger les prostituées, notamment celles qui font l’objet d’une exploitation sordide et violente, que le Parlement donne à l’administration de l’État les moyens de lutter contre le proxénétisme, tout cela me semble normal au même titre que les règlementations concernant les conditions de travail que n’importe quel travailleur.

Mais il ne me semble pas que la position de principe que les députés ont présenté ce soir entrait dans ce cadre-là. Elle a une connotation morale qui outrepasse largement le rôle et la mission de nos représentants. Et en matière de Morale, Madame Badinter, comme tous ses collègues et amis actionnaires, n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit.

Sources : Libération ; Publicis ; les Échos ; Arrêt sur image ; Rue89, Intox2007

Au secours, la droite revient!

18 octobre 2011 § 1 commentaire

Nous avons pu échapper , pendant un mois, grâce aux débats structurants la primaire citoyenne, à l’omniprésence des “hérauts de la sarkozie”, des chantres de la réduction de la taille de l’État ,des perroquets de TINA,  des excavateurs forcenés du déficit public.

Il faut reconnaitre que ca a fait un bien immense de voir d’autres personnes que les sempiternels pseudo-experts de la crise ( qu’ils n’ont pas su voir venir et encore moins soigner).

Ca a fait un bien immense d’entendre parler d’autre chose que de sujets anxiogènes tels que la sécurité, l’immigration, la crise qui bouleverse tout mais à laquelle il FAUT impérativement se soumettre.

Et surtout,  quel bonheur d’entendre qu’il pouvait y avoir d’autres solutions pour redonner de la vitalité à notre Etat, à ses citoyens que celles qu’on nous sert matin, midi et soir depuis 2007 que les salmigondis des suppôts di libéralisme mondialisé!

Pendant un mois, les portes et les fenêtres du pays ont été grandes ouvertes, nous permettant soudain de prendre un grand bol d’air frais, d’espoir et d’envie d’autre chose!

On comprend que la majorité présidentielle ressente comme un danger cette période de la primaire citoyenne.

Elle représente tout le contraire de l’esprit de soumission que , depuis plus de 4 ans, les propagandistes zélés, qui croissent et se multiplient aux heures de grande écoute dans les médias tv, veulent voir adopter au plus grand nombre de nos concitoyens.

Et c’est pourquoi il faut nous préparer à une vaste offensive visant à nous reprendre en main et à nous recoller dans le moule de la pensée dominante!

L’offensive a d’ailleurs commencé depuis une dizaine de jours!

En effet, nous avons pu assister à un feu d’artifice des zélotes de la sarkozie, dont bon nombre de ministres dont on peut se demander si leur place n’est pas plutôt dans leur bureau à essayer de régler efficacement les problèmes du pays plutôt que de s’épandre en commentaires fielleux sur une démarche qui, somme toute, vise à redonner quelque pouvoir aux citoyens.

Avec un nombre de chômeurs avoisinants les 5 millions de personnes, Xavier Bertrand ne trouve rien de mieux à faire que de commenter la campagne de la primaire .

Nadine Morano, Ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle , réclame la démission Martine Aubry de sa fonction de première secrétaire du parti Socialiste, estimant qu’elle a été désavouée par son résultat à la primaire . Est-ce bien la mission de Mme Morano de s’occuper du fonctionnement interne d’un parti politique qui n’est pas le sien? Non, bien sûr. Remarquez, dans ce domaine elle est récidiviste: En 2007,  alors que Jean-Marie Le Pen peinait à trouver ses 500 signatures, Nadine Morano n’ a pas hésité a collecter des signatures de maires, dans son département Meurthe-et-Moselle, en faveur de Jean-Marie Le Pen. Une action qui vient démentir les récents propos de Jean-François Copé « Nous nous prenons depuis bien longtemps le procès systématique de supposée collusion avec le Front national alors que jamais, jamais, jamais nous n’avons toléré la moindre alliance avec le FN.” Ben voyons!

Laurent Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur , nous gratifie d’un diagnostic sur les adducteurs des socialistes. Manifestement ce monsieur a ratée sa vocation, car après avoir dit que l’assistanat est un « cancer de la société française » , ce n’est pas ministre ni politicien qu’il aurait du envisager comme carrière professionnelle, mais médecin. Seulement pour ça, il fallait avoir un capital de neurones dont il ne dispose visiblement pas!

Quand à Thierry Mariani, le ministre des transports  il  trouve que voir « Arnaud Montebourg et Manuel Valls se serrer la main et s’auto-congratuler derrière le même candidat » est digne d’un bon film comique. Il oublie que la majorité présidentielle à laquelle il appartient s’est, pendant les 4 années qui viennent de passer, largement auto-congatulée derrière Nicolas sarkozy…. alors qu’au regard des piètres résultats qu’elle obtenait, tant sur le plan électoral que sur le plan politique, économique et sociétal, il n’y avait pas vraiment de quoi!

Et l’offensive va continuer en présence du « grand manitou » himself , quand bien même il n’est pas candidat officiel!

La cerise sur le gâteaux ( si on peut appeler ça comme ça) de cette offensive se concrétisera le  24 octobre , par une émission d’une heure, diffusée simultanément sur TF1 et France 2,  en première partie de soirée .

Outre le fait qu’il est coincé entre le bilan calamiteux de son quinquennat et un cortège de scandales touchant ses très proches amis et soutiens, le « président/candidat perpétuel » va avoir de grandes difficultés à convaincre les citoyens français (à part quelques afficionados fortunés échappant à l’impôt), que la situation actuelle du pays n’est due qu’à la crise et à ses conséquences. Il y a donc fort à parier qu’il va essayer de nous la jouer «Moi ou le chaos (financier) » .

Je lui souhaite bien du courage! Et il faudra tout le « talent » du producteur des cette émission du 24 octobre, Maximal Production, filiale de Lagardère Entertainment,  pour que les téléspectateurs – stimulés intellectuellement par les 4 débats de la primaire citoyennes, conscients de l’incompétence avérée de “l’équipage Sarkozy” à éloigner le bateau des récifs, du manque abyssal de solutions efficaces que lui et son staff sont capables de proposer – se laissent prendre à une dialectique qui visera à leur faire croire qu’ en dehors de Nicolas Sarkozy, point de salut!

Pour ma part, point de télévision le 24 octobre. Je n’ai jamais aimé les sermons, et si c’est pour avoir peur, je préfère un bon film d’épouvante a un mauvais remake de la campagne de 2007…

Sources: Le Blog Descoteaux; Le Parisien; Le Figaro; Le Monde; Europe1; Le NouvelObs; Rue89; Lagardère

Sainte Aubry et la politique de la terre brûlée

14 octobre 2011 § 1 commentaire

Depuis deux jours, Martine Aubry fait feu de tout bois, n’hésitant pas à enfreindre gravement l’engagement pris par chacun des candidats à la primaire citoyenne de ne pas tenir des propos agressifs envers les autres candidats.

Il apparaît évident, au travers de ce comportement totalement déviant par rapport à celui des cinq autres candidats, que Martine Aubry, en mal d’arguments convaincants sur son projet de changement, a préféré faire le grand écart entre l’agressivité envers son concurrent et des promesses surréalistes quelque peu insultantes pour l’intelligence les électeurs dont elle souhaite gagner les suffrages.

Dans un entretien à paraître vendredi dans «20 Minutes» la maire de Lille déclare au sujet de François Hollande:

«Le système s’est crée son candidat »

Ben voyons! «  »le système », c’est l’autre » .

C’est faire preuve d’une particulière mauvaise foi que de prétendre ça quand on a longtemps été un participant actif aux dîners du Siècle  ( essence même de cette oligarchie où s’entremêlent personnel politique, grands patrons de presse ou d’industrie), fer de lance antidémocratique d’un lobbying qui flirte allègrement avec la corruption de l’esprit républicain. 

François Hollande qui lui aussi participe à ce « club fermé » n’a du moins pas l’outrecuidance de prétendre qu’il ne fait pas parti de ce système! Martine Aubry, elle, ose prétendre  qu’elle n’a pas été créé par le système. C’est soit avoir des peaux de saucisson devant les yeux, soit vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes !

Mais dans ce domaine, Martine Aubry se surpasse et atteint le top 10 du propos démagogique (qui consiste à faire croire que demain on rase gratis), lorsqu’elle n’hésite pas à déclarer :

« S’il y a une femme à l’Elysée, plus aucun poste en France ne vous sera refusé parce que vous êtes une femme »

Sans jamais préciser de quelle manière elle arrive au résultat qu’elle promet, Martine Aubry laisse entendre que par sa seule volonté – ou par la seule force de ses petits bras musclés? –  la culture patriarcales de la société française va avoir tellement peur que les femmes obtiendront enfin ce que 100 ans de combat féministe n’a pas réussi à obtenir!

Ca confine au miracle, non? Sainte Martine guérissant le petit peuple des écrouelles, avouez que ça aurait de la gueule! Ira-t-elle jusqu’à rendre la justice au pied d’un chêne ?

Une autre phrase prononcée par Martine Aubry m’a beaucoup fait rire :

« Ce n’est pas un rêve d’enfance ou l’idée d’achever un plan de carrière »

Oh certes, on peut porter au crédit de Martine Aubry qu’elle ne rêve pas d’être président de la république en se rasant le matin.

On peut aussi porter à son crédit qu’en se présentant à la primaire citoyenne elle n’entend pas achever son plan de carrière (quand bien même on constate qu’elle a un plan de carrière de repli ).

Mais on peut tout de même supposer que c’est le plan de carrière de DSK et de “sa clique” ( pour ne pas dire son système) qu’elle veut développer conformément au pacte de Marrakech.

On peut aussi supposer qu’elle veut relever une succession que son père a laissé vacante en ne voulant pas être candidat à l’élection présidentielle de 1995!

Ceci dit, la sainte candidate fait un rêve:

« La confiance est liée à la constance »

Malheureusement pour Martine Aubry, si la confiance est bien liée à la constance, elle l’est également à la fiabilité de celui ou de celle qui la revendique.

Or, comment faire confiance à une candidate qui n’est même pas capables de respecter l’engagement – qu’elle a pris auprès des militants de son parti politique – de ne pas porter d’attaques directes à la personne des autres candidats de la primaire et qui , depuis 48 heures multiplie ce type d’attaque?

La confiance est aussi liée à la clarté des engagements que l’on prend. Or, en matière de sortie du nucléaire comme en matière de cumul des mandats ou de rôle des institutions républicaines, pas plus que son adversaire, Martine Aubry n’est fiable dans ses actions et dans ses propos. Depuis qu’elle a été votée par le PS qu’elle dirige « si bien », comme elle aime à le souligner, la règle du non-cumul des mandats n’est pas appliquée. C’est un fait incontestable.

Je ne reviendrai pas sur la prétention de Martine Aubry à nous faire croire qu’elle a rassemblé les différents courants du parti socialiste , la présence de cinq candidats socialistes à la primaire citoyenne, ainsi que les différences notoires et profondes entre leurs projets, montrent parfaitement que, si rassemblement il y a eu, il s’agit plus d’un rassemblement opportuniste à visée électorale qu’un rassemblement autour d’idées communes sur la gouvernance du pays, sur la place de l’économie et du monde financier, sur une conception commune de la justice, de la liberté, de l’égalité et de la solidarité.

Au demeurant, ces quelques exemples font ressortir une personnalité assez déplaisante:

  • qui confond agressivité et fermeté, agressivité et combattivité, concurrent et adversaire
  • qui privilégie les intérêts de sa famille politique “Strauss-Kahnienne”, au détriment de l’intérêt collectif du PS, de la Gauche et de ses électeurs
  • qui manipule avec aisance le clivage et la récupération des insatisfactions des autres à son profit,
  • qui s’acharne sur celui ou celle qu’elle a désigné comme tête de Turc à grands coups de sarcasmes et de contrevérités.

Alors que la campagne de la primaire avait été jusqu’à présent d’un assez bon niveau en termes de respect des candidats entre eux et des candidats vis-à-vis des électeurs, Martine Aubry la rabaisse au niveau du caniveau si cher à l’UMP. Elle pense peut-être que cela va fortifier l’idée qu’elle peut affronter Nicolas Sarkozy.  Mais elle oublie totalement qu’en calquant son comportement sur celui de son adversaire, elle court le risque d’être assimilée à une « Nicolas Sarkozy en jupons » prête à toutes les bassesses pour assouvir son désir de pouvoir.

Outre le fait que je suis convaincue qu’on ne parviendra pas à battre Nicolas Sarkozy et son clan en lui opposant quelqu’un qui tape aussi fort et aussi bas que lui, je suis convaincue qu’on n’amplifiera pas la dynamique électorale à gauche, en choisissant une personnalité de « lutteur de foire ».

La France n’a pas besoin d’un « rouleur de mécanique », fusse-t-il une femme, mais d’une personne qui sache respecter les opinions divergentes, les électeurs, afin de fédérer les plus grand nombre de citoyens et les rendre acteurs effectifs du changement. Un candidat-président qui a relégué les français au rôle de spectateurs passifs et atterrés d’un combat de boxe permanent, ça va on a donné ces 5 dernières années!

En agissant comme elle le fait, Martine Aubry ressemble à ces enfants capricieux qui, ne pouvant obtenir par leur seule manipulation affective l’objet qu’ils convoitent, préfère le casser plutôt que de le voir échoir à un autre. Ce comportement quelque peu « caractériel » est inadmissible chez un adulte qui prétend aux plus hautes fonctions de l’État. Comme l’a souligné la Haute Autorité, ce comportement est dangereux pour l’avenir immédiat de la gauche et du parti socialiste.

Ce comportement de Martine Aubry, comme le remarque Laurent Joffrin  , est à double tranchant, même si elle affirme que dès lundi matin  » nous serons tous derrière notre candidate ou notre candidat ». Car on peut légitimement se demander comment Martine Aubry – empêtrée dans sa politique de la terre brûlée – si elle n’est pas désignée comme la candidate du PS à l’élection présidentielle, pourra, après sa campagne de dénigrement systématique de son concurrent, le soutenir jusqu’en 2012, sans apparaître comme une girouette.

Une girouette qui manifestement n’assume pas, qui plus est, les attaques frontales qu’elle mène. Ce qui, vous en conviendrez, pour une personne qui se prétend courageuse est la preuve d’une grande lâcheté.

A l’a question de Laurent Joffrin, j’ajoute la mienne:

Martine Aubry saura-t-elle être une bonne perdante compte tenu du fait qu’aujourd’hui elle est une mauvaise joueuse?

Sources: 20minutes; Le Monde; Rue89; Le Figaro; Le NouvelObs

15 bonnes raisons de ne pas voter pour François Hollande lors de la primaire socialiste

4 octobre 2011 § 1 commentaire

Je sais, en écrivant ce billet  sur François Hollande, le “poulain conjoint des instituts de sondage, des médias de droite et de gauche”, que je vais m’attirer les foudres de tous ceux qui verraient en lui le candidat de la gauche le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy.

Il ne s’agit pas pour moi de critiquer pour critiquer mais bien, pensant que Nicolas Sarkozy ne ferait qu’une bouchée de François Hollande – et donc empêcherait une gauche de progrès, de réels changements, d’accéder enfin au pouvoir pour mettre fin au carnage social auquel se livre la droite depuis 10 ans – de lister très précisément ce qui, de mon point de vue, constitue de très bonnes raisons de ne pas désigner François Hollande comme candidat du parti socialiste et encore moins de la gauche française à l’élection présidentielle.

  1. On a pu se rendre compte, lors d’un débat avec Thomas Piketty que François Hollande était incapable d’apporter des précisions sur l’imposition des plus values mobilières et immobilières
  2. Au cours du même débat, François Hollande refuse le taux de 60% pour les revenus mensuels de 100.000 euros au prétexte que ça ne concernerait que quelques milliers de contribuables ( les plus grosses fortunes au demeurant!) Il oublie que par effet mécanique, ça va obliger, si on veut renflouer les finances publiques) à augmenter les taux d’imposition des revenus moyens ou inférieurs !!!
  3. Le plus révélateur, lors de ce débat, de la vision pas vraiment pro répartition équitable des richesses de François Hollande se trouve dans sont affirmation que: « les versements d’ISF payés du vivant d’un contribuable viendraient en diminution des droits de successions dus par ses héritiers. » De fait, François Hollande oublie totalement le plus grand nombre de ceux qui n’ont pas d’héritage à transmettre ou qui ne veulent pas en transmettre? 
  4. En meeting à Rennes  , voulant probablement apparaître comme le pourfendeur suprême de Nicolas Sarkozy, François Hollande fustige les augmentations d’impôts, de taxes et de charges sous Sarkozy et…il propose d’augmenter encore + les prélèvements obligatoires  .Or, malheureusement pour lui, en économie comme en gestion, on définit le concept de prélèvements obligatoires comme l’ensemble des impôts, taxes et droits divers affectés au budget général de l’État auquel s’ajoutent les impôts affectés aux collectivités locales ainsi que  les cotisations sociales obligatoires des organismes sociaux officiels. François Hollande critique Sarkozy qui a augmenté les prélèvements obligatoires mais envisage de les augmenter encore plus!
  5. François Hollande  » ne crois pas à des solutions ni judiciaires ni administratives » pour sanctionner les entreprises qui pratiquent des licenciements boursiers ,  Il veut, reprenant une idée  déjà émise par lui le 20 Septembre 1999  , pénaliser financièrement les entreprises. Certes si à première vue sa solution présente l’avantage de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État (dans la mesure où les chefs d’entreprise paieront réellement les pénalités imposées) , elle n’empêchera ni les délocalisations préjudiciables à notre tissu industriel, ni les licenciements massifs et INJUSTES, et surtout elles ne permettront pas, puisque François Hollande n’envisage pas de leur réclamer toutes les aides de l’État qu’elles ont perçues, de punir sévèrement ces entreprises qui nuisent gravement à l’État français .
  6. Outre ce laxisme éhonté, François Hollande fait preuve à de nombreuses reprises de son incompétence à chiffrer correctement les mesures qu’il propose : il se trompe  dans le chiffrage de sa mesure de recréation des postes d’enseignants… .
  7. Qui plus est, il commet à nouveau une grossière erreur dans le calcul de son projet de « pacte générationnel » ou « contrat de génération »  Pour quelqu’un qu’on essaie de nous « vendre » comme un excellent gestionnaire, ça  la fout mal !
  8. Non content de faire des erreurs de calcul, François Hollande semble maitriser très mal les dossiers qu’il aborde. Ce qui l’amène à proférer des absurdités comme par exemple lorsqu’il compare l’emploi industriel en Allemagne avec l’emploi industriel en France .
  9. Non maîtrise du dossier à laquelle s’ajoute l’ imprécision. Par exemple dans son ciblage du pacte générationnel . En réalité, comme l’ont souligné quelques représentants syndicaux, si François Hollande applique son pacte comme il le prétend, il fera un très beau cadeau fiscal aux entreprises sans pour autant provoquer de nouvelles embauches.
  10. Pour en finir avec l’image du bon gestionnaire qui colle à la peau de François Hollande, il est bon de rappeler que avec environ 1400 euros de dette par habitant, le département de la Corrèze, dont François Hollande préside le conseil général, est l’un des plus en difficulté de France.  . D’aucuns pourraient me rétorquer que François Hollande a hérité d’une gestion catastrophique de la part de son prédécesseur. C’est oublier que François Hollande n’a pas été forcé de présider le conseil général depuis mars 2008, et que, en trois ans et demi, il n’a pas fait grand-chose pour faire diminuer la dette par habitant du département de la Corrèze.
  11. François Hollande a assuré que si un candidat à la présidentielle « n’est pas prêt à dire la vérité aux Français, mieux vaut qu’il ne se présente pas».  . Lui ne pourra pas être accusé de ne pas dire la vérité, car pour ne pas avoir à mentir il a opté pour une solution simple ( pas très honnête et quelque peu méprisante vis-à-vis des électeurs et du système démocratique), que nous a dévoilée sans le vouloir Jacques Attali: François Hollande n’a strictement aucun projet !
  12. C’est un adepte du « demain on rase gratis », cher aux démagogues qui ont ruiné notre Démocratie et les pays. « demain on rase gratis », par exemple sur le cumul des mandats: ” L’engagement que je prends, c’est qu’au lendemain de notre victoire de 2012, je ferai voter, si je suis dans cette situation, une loi prohibant le cumul des mandats et cette loi sera d’application en 2014 “ . Ben oui, quoi, aujourd’hui on peut pas…on a piscine! Ou comme avec les écologistes et les enseignants dont il veut s’assurer les voix en leur faisant es promesses qui n’engagent que ceux qui les croient…sans vérifier leur faisabilité.
  13. François Hollande est dans le paraître et la stratégie électoraliste – quitte à tricher avec les téléspectateurs  – pour masquer son imprécision sur tous les sujets qui exigent de la clarté, ou masquer son manque de savoir faire, et de compétence  . C’est probablement, si nous étions encore dans le cadre d’une présidence de la république se cantonnant au rôle de potiche, un des traits de caractère dominant de François Hollande qui collerait le mieux avec la fonction. Malheureusement pour François Hollande qui semble ne l’avoir pas compris, depuis 1958, la fonction présidentielle a considérablement évolué
  14. François Hollande est dans la posture : Il parle du pouvoir d’achat des ouvriers…mais il est absent à la Fête de l’Huma  et il absent au congrès des HLM . François Hollande préfère travailler sa posture de rassembleur . Alors qu’il néglige de façon méprisante, plus d’un tiers de la population française.
  15. C’est vrai que prouver ses capacités de rassembleur est très difficile pour celui qui en 2007 , alors qu’il était premier secrétaire parti socialiste, n’a pas su rassembler les socialistes autour de Ségolène Royal,  .
     

Voilà mes 15 bonnes raisons de ne pas voter pour François Hollande lors de la primaire socialiste et encore moins lors de la prochaine élection présidentielle de 2012, si par malheur il venait , par je ne sais quel miracle dont le PS a le secret, à gagner cette primaire dont le premier tout a lieu dimanche prochain.

Pour moi, François Hollande est le candidat de l’immobilisme. À trop vouloir se placer au-dessus de la mêlée , à trop vouloir prendre du recul, il est totalement satellisé dans une galaxie qui n’a plus rien à voir avec la société française, ses souffrances, ses craintes, ses espoirs, ses désirs de changement, ses aspirations à une autre façon de faire de la politique.

Pour finir, je ne peux résister à la tentation de vous citer quelques Verbatim qui illustrent à quel point F.Hollande n’apporte aucune réponse, est assujetti au pouvoir de l’argent et n’entend pas changer les choses, manque de créativité et n’est pas un candidat « normal » mais un candidat très banal, autant de défaut préjudiciables à un essors de la France vers un avenir heureux :

Hollande: « la question n’est pas de savoir s’il faut payer + d’impôts, mais qui va payer » 
remarque : à la date d’aujourd’hui nous attendons toujours la réponse de François Hollande à cette question du « qui va payer »

Aubry : « Tout ne s’achète pas par l’argent. »
Hollande : « Dans une société où tout est gouverné par l’argent, si » 
remarque : Avec une telle approche les affaires de valises et d’enveloppes ne sont pas prêtes de s’arrêter!!!

Hollande: “Il y aura NECESSAIREMENT 1 remontée des prélèvements obligatoires
remarque : Nécessairement? Ou serais compris que François Hollande est totalement   dans la ligné du « There is no alternative » (TINA « il n’y a pas d’alternative »)  de Margaret Thatcher!  Admirez la créativité du chouchou des sondeurs!

Hollande: « S’il n’y a pas cet effort partagé, il n’y aura pas de redressement »
remarque: C’est beau! En voilà un langage rassembleur ! J’ai juste un conseil à donner à François Hollande. Il devrait en parler avec François Fillon qui, depuis cinq ans, tient le même langage et n’aboutit qu’à faire éclater la majorité présidentielle!

Source : Cui cui fit l’oiseau ; section socialiste de l’île de Ré ; le Monde ; tout sur les impôts ; l’Humanité ; Prof en campagne ; l’Expansion ; le JDD ; le Figaro ; Libération ; l’Express ; France-Soir ; Arrêt sur Image ; le Nouvel Obs

Le licenciement boursier, explication de texte

1 octobre 2011 § Poster un commentaire

Parmi les idées clés de Ségolène Royal , candidate à l’élection présidentielle de 2012, figure une mesure clé : le licenciement boursier.
Il est dommage que certains, aujourd’hui 1er octobre 2011, prétendent encore que cette proposition correspond à la réinstauration du licenciement administratif ou bien qu’elle est inutile puisque la loi sur le licenciement économique  prévoit déjà de sanctionner les entreprises qui rentrent dans le cas de la proposition de Ségolène Royal.

C’est soit faire la démonstration qu’on n’a absolument pas lu le projet de loi de Ségolène Royal et/où qu’on connaît très mal la définition du mot économique tel qu’elle est donnée dans l’article L1233-3 Modifié par LOI n°2008-596 du 25 juin 2008 – art. 5 du code du travail. Car en aucun cas, le projet de loi de Ségolène Royal ne restaure le licenciement administratif tel qu’il existait avant sa suppression par le gouvernement Chirac, en 1986. et il n’entre absolument pas dans les cas ciblés par la loi sur licenciement économique.

Entre nous soit dit, je trouve extrêmement malheureux pour les 5 millions de chômeurs que connaît actuellement la France, qu’après l’alternance – qui a permis à Jacques Chirac et à son gouvernement de supprimer le licenciement administratif – Lionel Jospin et son équipe gouvernementale n’aient pas réinstauré l’obligation d’un contrôle administratif avant tout licenciement. Cela aurait évité bien des délocalisations, bien des chômeurs, et aurait été un premier pas pour freiner la mainmise des comptables et financiers sur la gestion des entreprises. Il est intéressant de constater que les mêmes ( leaders syndicaux et leaders du PS de l’époque ) qui ont livré les salariés à l’ultralibéralisme, qui entretiennent la confusion entre la proposition de Ségolène Royal et le licenciement administratif ou économique…

Alors, pour leur ouvrir les yeux et les oreilles, je leur conseille d’écouter attentivement l’explication que donne Ségolène Royal, lors de l’émission Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ,  de ce qu’elle nomme le licenciement boursier et des raisons pour lesquelles elle veut faire voter cette loi. Ils constateront comme moi qu’à part si on considère que la Justice est une administration, il n’est en rien, et à aucun moment, question de faire trancher le litige administrativement.

Ségolène Royal ,lors du dernier meeting à Toulouse  , illustre que la solution qu’elle propose est une réponse à un constat partagé par toutes les personnes qui travaillent dans le domaine du salariat, de l’emploi, de l’entreprise, du droit du travail :

« Il y a une accélération de la destruction de l’emploi … Il y a une accélération des délocalisations, une accélération de ce qui est le plus nocif dans la mondialisation, et partout sur le territoire, des entreprises sont en train de mourir en silence, des salariés sont laissés sur le carreau … Il faut absolument changer les règles du jeu de ce système financier qui marche sur la tête, qui broie les salariés et la valeur travail … Il y a des autorisations de licenciement pour les licenciements économiques, il y a des autorisations de licenciement pour les mutations technologiques, eh bien, demain avec moi, il y aura des autorisations indispensables pour empêcher les licenciements boursiers« 

L’exemple de l’usine toulousaine de composants électroniques Freescale – qui va supprimer 821 emplois d’ici fin 2011, alors que cette entreprise a un carnet de commandes, à court, moyen et long terme, qui justifie le maintien de 821 emplois, alors qu’elle réalise des bénéfices faramineux et distribue des dividendes juteux à ses actionnaires – est en cela un excellent exemple de cette catégorie d’entreprises qui ne sont pas incluses dans ce texte de loi mais qui s’y réfèrent pour licencier alors qu’elles font des bénéfices (et donc non pas de difficultés économiques) et veulent simplement augmenter les dividendes de leurs actionnaires. À la différence des cas prévus par la loi en matière de licenciement économique, dans le cas du licenciement boursier, les entreprises ne rencontrent AUCUNE difficultés économiques, mais par des jeux d’écritures comptables, des interprétations tortueuses de la loi actuelle, elles peuvent, en toute impunité, licencier des milliers de personnes, fermer des usines et détruire le réseau industriel français !

On le voit dans ce qui précède, lorsque Ségolène Royal  parle de licenciement boursier, il ne s’agit pas de ces entreprises désignées dans le code du travail (Article L1233-3 Modifié par LOI n°2008-596 du 25 juin 2008 – art. 5) qui licencient parce qu’elles rencontrent des difficultés économiques ou ont a faire face à des mutations technologiques. Il y a bel et bien un vide juridique qu’il est nécessaire de combler et c’est ce que Ségolène Royal propose de faire en promettant d’inscrire dans la loi le fait que toute entreprise qui fait des profits n’aurait plus le droit de licencier pour causes économiques.

En cela, Ségolène Royal connaît parfaitement la loi et ses lacunes et elle connaît également parfaitement la définition du licenciement boursier , communément admise dans les milieux de la finance. Ce qui ne semble pas être le cas de ses détracteurs qui prétendent qu’il existe déjà une jurisprudence amplement suffisante et qu’il n’est nul besoin de modifier la loi. C’est un fait que la Chambre sociale de la Cour de cassation,a jugé au moins(1997) que pour respecter la loi une réorganisation devait être « effectuée pour sauvegarder la compétitivité de l’entreprise et non en vue d’augmenter les profits ». Néanmoins il ne faut pas oublier qu’en France, pays où l’égalité de traitement devant la loi, et non devant la jurisprudence, est une obligation, seule la loi s’impose à tous alors que la jurisprudence reste une interprétation possible d’un texte de loi et, de ce fait, est laissée au bon vouloir des juges.

Ségolène Royal a donc raison de vouloir inscrire dans la loi l’interdiction des licenciements pour les entreprises qui ont en priorité pour objectif de privilégier le niveau de rentabilité de l’entreprise. Précision importante qui n’est pas intégrée dans l’actuelle loi sur le licenciement économique.
En résumé, la proposition Ségolène Royal vise un objectif :
Toute entreprise (maison-mère et filiales) , de plus de 250 salariés , qui ferait des profits ne pourrait pas licencier.

Cette interdiction de licenciements boursiers est complétée par la possibilité pour l’État de  rentrer à son capital, de demander le remboursement de toutes les aides publiques reçues et de racheter l’usine pour l’euro symbolique: «ce sera en tout cas très dissuasif».

Le projet de loi de Ségolène Royal répond à une exigence de SERENNITE et CELERITE. Il s’appuie sur un dispositif de concertation et non sur l’administration publique : la démocratie sociale, le dialogue sociale . En cela, il n’a rien à voir avec l’autorisation administrative de licenciement . Le processus et les acteurs en sont, du reste totalement différents.

Le processus se déroule en trois phases :

Phase 1: Validation entre dirigeants de l’entreprise et les représentants des travailleurs du motif de licenciement et de sa légitimité économique

Issue 1: après vérification conjointe de la situation économique et financière de l’entreprise les parties concluent qu’il ne s’agit pas d’un licenciement boursier => feu vert pour licencier.

Issue 2:  il y a désaccord entre les deux parties sur la légitimité économique du licenciement . Le processus rentre en phase 2.

Phase 2: désignation d’un expert indépendant
En cas de désaccord, les deux parties s’entendent sur la désignation d’un expert indépendant (ce qui se fait en Europe du Nord et Allemagne en cas de litige) qui va dire si, oui ou non, les licenciements sont boursiers ou non.

Issue 1: si expert conclue qu’il ne s’agit pas d’un licenciement boursier => feu vert pour licencier.

Issue 2: une des parties est insatisfaite du jugement de l’expert indépendant. Le processus rentre en phase 3.

Phase 3: C’est à la justice de trancher
Le juge applique la loi, dit le droit, et statue sur la question du licenciement.
A ce stade du projet, je ferai deux réserves importantes :

  1. Compte tenu de l’état de dégradation de la confiance des salariés vis-à-vis des représentants syndicaux, compte tenu du faible taux de syndicalisation en France, compte tenu du très faible des positions très souvent pro- patronales de certains syndicats, ce point du projet mérite d’être approfondi pour que réellement les salariés, y compris ceux qui ne sont pas adhérents à un syndicat, soit présents dès le début de la phase 1 du processus.
  2. Il est indispensable de préciser le domaine de compétence des experts qui interviendraient en phase 2. En effet, force est de constater que ces experts ne peuvent être que des experts-comptables, ces derniers sont malheureusement trop souvent ceux qui donnent des conseils de management et de gestion qui les entraînent à s’orienter vers un licenciement boursier. Il conviendrait donc que ces expertises soient faites par des équipes pluridisciplinaires constituées par des comptables, des spécialistes des conditions de travail, de l’organisation du travail, qui effectueraient un véritable diagnostic exhaustif et une analyse prospective de l’entreprise .

L’objectif de cette proposition de loi est clair : il s’agit tout simplement d’ interdire que des entreprises licencient uniquement pour augmenter le profit des actionnaires et de vérifier dès le début d’une procédure de licenciements qu’il ne s’agit pas de licenciements boursiers.

Non seulement ce projet de loi vient combler un vide juridique dommageable pour les salariés mais également pour l’économie du pays,  mais il introduit une nouveauté qui réside dans l’examen et le contrôle préalable de conformité à la loi d’une décision de licenciement. Cet examen ne correspond en rien à une résurrection de l’autorisation administrative de licenciement, parce que le contrôle préalable est fait par des experts qui vérifient la situation économique de l’ENSEMBLE de l’entreprise ( maison mère + filiales) et parce que ce n’est pas l’inspection du travail qui tranche mais la justice et qu’elle fait à l’issue d’un dialogue social.

Ce projet n’offre certainement pas la protection maximale que celle que garantissait l’autorisation administrative de licenciement. Il est regrettable qu’à l’issue de la deuxième cohabitation certains socialistes n’est pas jugé bon de réintroduire cette autorisation dans le code du travail. Il est cependant choquant de voir que ces mêmes socialistes, au bout de 25 ans de ravages social, économique et humain se permettent de considérer avec mépris la seule proposition qui qui empêcherait les salariés d’être laminés par la recherche permanente d’encore plus de profits, au prétexte que c’est Ségolène Royal qui l’a fait.

Sources:  LégiFrance ; TF1 ; le Point ; Edubourse ; CT2E; force citoyenne 94

Les mystérieuses sources d’information de Brice Hortefeux

29 septembre 2011 § Poster un commentaire

Le 23 septembre dernier, le parquet de Paris faisait savoir qu’il avait ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel et recel, dans le cadre du dossier Karachi. L’enquête a été confiée à la police judiciaire.

Le déclencheur de cette enquête préliminaire est un appel téléphonique passé le 14 septembre par Brice Hortefeux a Thierry Gaubert, dont le téléphone portable était mis sur écoute. Au cours de cette brève conversation téléphonique, Brice Hortefeux informe son ami que sa femme, Hélène Gaubert, entendue par les services de police le 8 septembre, « balance beaucoup  » d’informations à la police.

Brice Hortefeux : « Elle balance beaucoup apparemment Hélène« 

Thierry Gaubert: « Qu’est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu’elle me dit qu’elle dit rien« 

Brice Hortefeux : « Ça m’embête de te le dire par téléphone […] Il y a beaucoup de choses hein… Je te raconterai, poursuit-il, mais ils ont énormément de choses »

On peut légitimement se demander comment l’ancien ministre de l’intérieur Brice Hortefeux peut savoir que Mme Gaubert a « balancé » aux policiers lors de son audition.

En effet, dans ce genre d’affaires, les policiers chargés de mener une audition sont tenus au respect strict du secret professionnel. Ils sont les seuls, avec leur hiérarchie et le juge d’instruction chargé de l’affaire, à savoir très précisément ce qui s’est dit lors d’une audition et ce qui est écrit sur le procès-verbal qui en résulte.

Or, les policiers ont certifié qu’ils avaient pris soin de conserver le procès-verbal de l’audition et que personne d’autre, à part leurs responsables hiérarchiques et le juge Renaud Van Ruymbeke, ne pouvait savoir que Mme Gaubert leur avait parlé des voyages que son mari avait effectués, en 1995, en Suisse, afin de retirer de l’argent pour le remettre au directeur de la campagne électorale d’Édouard Balladur .

Du reste, comment peut-il savoir qu’il s’agit d’Hélène Gaubert alors que, comme le souligne Magalie Drouet, la fille d’une des victimes de l’attentat de Karachi en 2002,  le nom de Mme Gaubert n’était cité nul part dans les procès-verbaux puisqu’elle a été entendue comme témoin sous X.

Brice Hortefeux a assuré qu’il avait déduit les affirmations faites à Thierry Gaubert  de rumeurs de presse .

Malheureusement pour lui, la chronologie des faits démontre qu’en aucun cas il ne pouvait avoir appris le 14 septembre, par la presse, que Mme Gaubert avait été entendue par la police, dans la mesure où elle n’a été cité nommément par les médias que le 22 septembre, date à laquelle son époux a été mis en garde à vue . 14 jour se sont écoulés entre le moment où Mme Gaubert avait été entendue par la police et celui où son nom est apparu dans les médias.

Le nom du témoin n’étant pas emporté sur le procès-verbal d’audition, seule une toute petite poignée de fonctionnaires de police savait qui était interrogé, comment Brice Hortefeux pouvait-il savoir le 14 septembre que s’était Hélène Gaubert que les policiers avaient auditionné le 8 septembre?

Puisque qu’il est impossible que ce soit par des rumeurs de presse, par qui Brice Hortefeux a-t-il été informé du nom du témoin et du contenu de son témoignage ?

Inutile de préciser que les déclarations de Brice Hortefeux n’ont absolument pas convaincu les avocats des familles des victimes de Karachi.

Les démentis « hasardeux « de Brice Hortefeux  apparaissent d’autant moins convaincants que les services de la Présidence de la République irréprochable ont cru bon de publier un communiqué de l’Élysée dans lequel ils assuraient que le nom de Nicolas Sarkozy ne figurait pas dans le dossier d’instruction concernant le volet financier du dossier Karachi en cours d’instruction.

Deux affirmations qui, immanquablement, laissent penser que le secret de l’instruction est violé.

Comment, autrement, expliquer que les services de la Présidence de la République peuvent donner une telle assurance si ce n’est parce qu’ils ont accès au dossier d’instruction ou parce que des sources internes les informent très précisément de l’évolution de l’instruction ? Ou bien alors, ils mentent délibérément.

Comment expliquer que Brice Hortefeux connaît le contenu d’une audition de témoins sous X et le nom du témoin ?

Me Morice, avocat des familles de victimes, estimant qu’il y a eu « violation du secret de l’enquête et de l’instruction, violation du secret professionnel, recel et complicité » a donc portée plainte, notamment contre M. Brice Hortefeux.

Aux dernières nouvelles, Brice Hortefeux avec quelque velléité de porter plainte contre Me Morice , considérant que les allégations de ce dernier sont des « allégations mensongères et  calomnieuses  »

Il n’en demeure pas moins que l’ex ministre de l’intérieur devrait être prochainement auditionné , dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte le 23 septembre, pour expliquer aux enquêteurs comment et par qui il est si précisément informé qu’il peut dire à Thierry Gaubert, le 14 septembre:

« Elle balance beaucoup apparemment Hélène… Il y a beaucoup de choses hein… Je te raconterai, mais ils ont énormément de choses »

Étant donné qu’il est fort peu probable que ce soit le juge Renaud Van Ruymbeke qui soit à l’origine des fuites, l’audition de M. Hortefeux devrait apporter quelques éclaircissements sur ses mystérieuses sources d’information…

Sources : Le Monde ; Europe1 ; le NouvelObs ; le Figaro ; l’Express ; 20 minutes

Citoyen, Citoyenneté, Civisme

14 septembre 2011 § 2 Commentaires

Le mot citoyen fait partie du registre du vocabulaire politique.

Un bien beau mot qui, des cités-états grecs  , en passant par la révolution française de 1789, à nos jours, a subi bien des avatars, bien des attaques. Un concept qui aujourd’hui semble vidé de toute sa substance tant il semble, que pour certains, il soit synonyme de corvée, de droit mais pas de devoir (et vice versa). Tant il sert de clivage élitiste entre ceux qui auraient, en politique, tous les droits, les élus, et ceux qui n’aurait qu’un devoir, celui d’élire.

Pour bien comprendre toute l’ampleur de ce magnifique mot, il convient dans un premier temps de faire un bref rappel étymologique historique. Puis, dans un second temps nous tenterons d’établir un état des lieux du champ que recouvre le concept de citoyens et ses dérivés sémantiques : citoyenneté, civisme, droit, devoir. Enfin, nous ébaucherons des pistes de solutions autour de la question de la participation démocratique à laquelle fait référence le mot “ citoyen “ .

Il prend son origine dans le latin civis, que l’on peut traduire par : celui qui a droit de cité, qui est admis à user de certains droits dans la cité. C’est un statut social et juridique. Pour les Grecs, inventeur de la Démocratie et de la République, la cité, plus que le territoire géographique, désignait l’ensemble des gens qui agissaient de concert, étaient capable de s’assembler pour traiter des problèmes les concernant (lois, guerres, justice, administration).

A cette organisation linéaire du pouvoir politique, s’oppose, dans le reste de l’Europe, une organisation beaucoup plus pyramidale et hiérarchisée dans laquelle seule une petite élite détient tous les pouvoirs. Pas question ici de citoyens mais- dans les royautés qui se sont succédé jusqu’au XVIIIe siècle- de sujets. Dans cette conception royaliste, l’homme est passif dans le traitement des problèmes concernant le « vivre ensemble ».
Ça n’est, en France, qu’à partir de 1789 que le mot citoyen va être utilisés pour désigner tout homme vivant en France, sans notion de hiérarchie, d’appartenance à une catégorie sociale. Il sera utilisé 10 fois dans le texte de la DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789 , notamment dans les articles 6, 7,11, 13 et14.

À la lecture de ces articles, on constate qu’en 1789, l’esprit de la révolution est totalement égalitaire et non discriminatoire.Liberté et égalité sont des droits inaliénables du citoyen et les piliers de sa citoyenneté .

  • Le citoyens a le droit de participer à la construction des lois.
  • Aucun emploi public ne peut lui être refusé si il y a « les vertus et les talents » nécessaires pour les tenir.
  • Il a le droit de s’exprimer librement.
  • Il a aussi des devoirs, notamment celui de contribuer au financement du fonctionnement de la nation, dans la mesure de ses moyens.
  • Mais là encore il a le droit, sans intermédiaire, de vérifier que cette contribution est nécessaire ainsi que de régler les modalités de recouvrement et de durée de cette contribution.

À partir du milieu du XIXe siècle, le concept de nationalité va considérablement modifier les conditions d’attribution de la citoyenneté. Nous en retrouvons encore, à l’heure actuelle des traces extrêmement prépondérantes. Dans la France actuelle, pour prétendre à être un citoyen français, il ne suffit pas d’habiter en France, ni d’y être né, mais il faut désormais répondre à plusieurs critères essentiellement juridiques :

il faut détenir la nationalité  française et jouir des droits civils et politiques (ex : droit de vote) qui s’y rattachent. Il faut également être un individu majeur. Ce qui exclut d’emblée de la citoyenneté les mineurs, les majeurs sous tutelle et personne déchue de leurs droits par les tribunaux. A condition de rassembler tous ces critères et d’accepter de relever de la protection et de l’autorité d’un Etat, dont il est un ressortissant, un citoyen bénéficiera de droits civiques et politiques et devra accomplir des devoirs  envers l’Etat (ex : payer les impôts, respecter les lois, remplir ses devoirs militaires, être juré de Cour d’assises…).  Il pourra donc jouir d’une citoyenneté  qui lui assure l’égalité des droits avec les autres citoyens, et éventuellement faire preuve de civisme

État des lieux

Sans remonter à la période grecque, force est de constater qu’entre l’esprit de la révolution de 1789- qui reconnaissaient que « Liberté et égalité sont des droits inaliénables du citoyen et les piliers de sa citoyenneté » – et la citoyenneté limitée que nous connaissons actuellement, le rôle du citoyen a été considérablement restreint.

1) Il n’est plus participant dans le débat démocratique, qui se déroule le plus souvent par écran télévisé interposé et uniquement au sein de la classe politico-technico-médiatique.

Il ne participe que très sporadiquement aux décisions politiques- par la biais de référendum dont il ne maitrise que très peu le contenu, l’initiative et l’application- qui le concernent et impactent sa vie quotidienne.

2) La forme juridique et la durée du mandat représentatif excluent tout pouvoir de contrôle et d’interaction du citoyen avec le mandataire. De fait une fois élu pour 5 à 6 ans, le mandataire agit au nom de la souveraineté Nationale, décide en son âme et conscience et est seul juge de l’intérêt du plus grand nombre.

3) il est difficile pour de très nombreux citoyens d’accéder librement aux différents lieux de décision. Que ce soit des lieux de préparation ou de délibération de décisions administratives ou législative, le citoyen est totalement « interdit de présence et de prise de parole ou de contrôle ».

4) La représentation politique est l’apanage des classes sociales- les plus nanties économiquement et culturellement – de la société. L’exercice de la Souveraineté ne se fait que par et pour les classes sociales nantis, les classes défavorisés se voient dépossédées, de fait, de l’essence de leur existence citoyenne, au sens politique et non juridique du terme.

Exclus du débat politique, exclus de la Souveraineté qui pourtant s’exerce en leur nom, exclus de la préparation du vote et du contrôle des lois, comment dès lors s’étonner que 56% des citoyens n’exercent plus leur droit de vote, 56% des citoyens ne s’intéressent plus à être représentés, ne font plus confiance à la représentation élue pour répondre à leurs aspirations et pour résoudre les difficultés de la vie. Comment s’étonner de l’abstention politique croissante des groupes les plus fragiles de la société (catégories populaires, jeunes, chômeurs…)

Citoyen, Démocratie, Politique, République sont les éléments d’un système de « vivre ensemble » dont chacun des éléments doit parfaitement tenir son rôle pour que le système fonctionne de façon optima. Or on constate:

a) une atrophie de l’idéal démocratique
Les sociétés modernes à partir de la fin du XVIIIe siècle ont opéré une “atrophie de l’idéal démocratique” (C. Colliot-Thelene, « L’ignorance du peuple »). Ce faisant, elles ont considérablement limité restreint le champ d’intervention et les marges de manœuvre du citoyen dans la résolution des problèmes qui le concerne.

Je ne prendrai qu’un exemple pour illustrer ce constat: la participation directe et personnelle du citoyen aux décisions et à la formation de la loi telle qu’il est écrit dans l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

« La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. »

À bien y regarder, cet article 6  stipule clairement que les citoyens ne doivent pas obligatoirement passer par l’intermédiaire de leurs représentants pour concourir à la formation de la loi. Malgré cela, depuis plus de 200 ans, toutes les lois qui régissent la société française ont été votées uniquement par des représentants (qui tous ne sont pas élus au suffrage universel). Élire un monde un représentant est l’unique moyen, pour un citoyen, de concourir à la formation de la loi.

b) Un dévoiement de la définition de l’intérêt général
Jusqu’à il y a environ 30 ans, l’État pouvait se prévaloir  du monopole de la définition de l’intérêt général parce que partis politiques et syndicats, qui représentaient les citoyens dans les instances de décision et exerçaient un contre pouvoir, avaient un fort nombre d’adhérents. Aujourd’hui, on constate  un affaiblissement croissant de ces organisations avec comme conséquence palpable la montée en puissance de corporatisme et de lobbys économiques, culturels qui acquièrent chaque jour d’avantage de pouvoirs d’influence sur les décisions de l’Etat.

Pire même, l’Etat, par l’intermédiaire du gouvernement entrave les référendums d’initiative populaire, qui permettrait aux citoyens de concourir à la formation de la loi. La médiocre tentative faite par Nicolas Sarkozy et le Parlement français de créer – en y mettant des conditions draconiennes et peu réalistes – un référendum d’initiative populaire, votée par le Parlement, ne bénéficient toujours pas d’un « décret d’application ». Ce qui ont dit long sur la volonté de l’ensemble de nos représentants de ne pas respecter cet article 6 de la constitution !

c) Une conception « minimaliste de la démocratie » et par conséquent de la consultation du citoyen.
Notre système électoral  exclut la participation des citoyens à l’exercice du pouvoir et du contrôle de cet exercice alors même que  le sens de la Démocratie implique au contraire la participation active et quasi permanente du citoyen à chaque étape du processus de décision et de résolution des problèmes qui le concernent.

Dans la conception actuelle de l’organisation politique, le citoyen est la plupart du temps passif et sa participation au traitement des problèmes ne se concrétise épisodiquement qu’au moment d’élections  » généralement bipolaires sans réels enjeux.  » et/ou lorsqu’il faut payer l’impôt ou les taxes finançant les décisions politiques gouvernementales.

Entre la citoyenneté directe de la Grèce antique et la citoyenneté que nous connaissons actuellement sont venus s’interposer différentes strates d’intermédiaires et d’institutions qui coupent totalement le citoyen de la décision qui le concerne, réduisant le plus souvent son rapport à la loi, à la Res Publica, à un rapport de soumission. L’obligeant à une forme pernicieuse de soumission volontaire.

On peut, comme le fait Denis Duclos ( « Une nouvelle caste planétaire » – in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008) s’inquiéter qu’une  » métamorphose du libéralisme en autoritarisme s’annonce depuis 1989. Un dispositif de contrainte et de hiérarchisation s’esquisse, analogue à celui des anciens empires. Nous entrons dans un règne qui vise, comme jadis à parachever son hégémonie par l’exaltation des fantaisies des puissants, l’abaissement de citoyens libres et l’écrasement des indigents. »

Mais le constat brutal s’impose : La politique n’est plus l’affaire du citoyen, la souveraineté ne s’exerce plus en leur nom.

Pistes de solution

Dès lors, l’enjeu est bel et bien , si nous voulons vivre en République, dans un système démocratique et non sous un régime monarchique ou dictatorial, la recherche de dispositifs neufs permettant d’enrichir et d’élargir la participation politique.

Parmi les solutions qui peuvent être mises en place on peut envisager, tout en étant conscient des freins au changement qu’on rencontrera tant du côté du personnel politique que des citoyens, de :

Former le citoyen
– tout au long de sa scolarité , le former au débat contradictoire ET étayé, l’analyse systémique, éventuellement aux stratégies d’acteurs et l’informer sur son rôle, sa fonction, les différentes institutions qui gèrent le pays, comment y accéder,
– pour les adultes qui n’ont pas bénéficié de cette formation, organiser des cessions en prenant, comme pour la formation syndicale, sur le temps de travail.
Attention, il ne s’agit pas de former au militantisme partisan mais de doter le citoyen d’outils qui lui permettent de participer pleinement et en toute intelligence à la prise de décision.

Favoriser la participation citoyenne au débat politique 
– multiplier les lieux où le déploiement de la délibération démocratique élargie sera possible,
-encourager par des aménagement de temps civique pris sur le temps de travail, la participation du plus grand nombre à des discussions portant sur des choix collectifs
Favoriser la participation citoyenne au processus décision politique
  – créer un corps d’auditeurs des institutions nationales, tirés au sort parmi les citoyens inscrits sur les listes électorales et non dépositaires d’une mandat électif, d’une mission de service public.
– introduire à tous les échelons des institutions décisionnaires ( conseil municipaux, régionaux, commissions parlementaires, etc;) un quota ( 1/4? ) de citoyens tirés au sort chargés de valider ou d’invalider les décisions prises.
Limiter l’hégémonie d’une caste de politicien sur les mandats électifs et la haute administration
– réduire le renouvèlement des mandats électifs à un maximum de 1 renouvèlement du même mandat sur toute la durée d’une vie.
-exclure la possibilité de faire carrière en politique en interdisant d’exercer plus de 2 mandats électifs sur toute la durée d’une vie.
– exclure constitutionnellement le cumul des mandats électifs.
– revoir les modalité de nominations à des postes de contrôle de l’Etat ( cour des comptes, conseil constitutionnel, CSA, CNIL, etc.) en introduisant – imposer l’élection au suffrage universel direct pour tous les mandats électifs. Il est anormal que le Sénat, par exemple, soit constitué de membre cooptés par les élus municipaux et départementaux qui ne représentent, somme toute, que l’administration territoriale du pays!
– sanctionner durement ( inéligibilité à vie, engagements de leurs fortune personnelle) les élus qui ont agi à l’encontre de la loi ET de l’intérêt général.
Etc….

Bien entendu toutes ces solutions ne sont qu’une ébauche et on peu en trouver bien d’autres. Mais le but est bien de faire en sorte que le citoyen devienne bien plus que la machine à voter conditionnée par les médias, qu’il est actuellement.

Et vous, que pensez vous de tout ça?

Info citoyenne: Dans le cadre des débats pour la primaire socialiste, nous vous invitons à participer au sondage #themaPS12 . Il s’agit , pour vous, de notez votre intérêt pour ces grandes thématiques de programmes électoraux

Sources: Cliolamuse; La Toupie; Assemblée Nationale; Wikipédia; Vie Publique

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Sondages: L’échantillon national représentatif de la population française n’existe plus !

14 septembre 2011 § Poster un commentaire

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais pour donner un semblant de vernis scientifique à leurs sondages, beaucoup d’instituts, la loi les y obligeant, précisent que l’échantillon de populations qui a été sondé par eux est un “échantillon national représentatif de la population française”.

Or cela m’énerve au plus haut degré, car il est impossible, en France, de nos jours, même à un génie mathématique, de constituer un échantillon représentatif de la population française. Il n’entre pas dans mon propos ici de vous bassinez avec la théorie des échantillons statistiques, ni de vous faire un long discours sur les différentes écoles qui s’y réfèrent.

Il suffit de savoir qu’un échantillon représentatif doit être tel que toutes les personnes faisant partie de la population mère ont la même probabilité de faire parti de l’échantillon (définition statistique pure). Hormis cette approche rigoureuse, on peut éventuellement, dans la pratique, limiter la représentativité à une représentativité structurelle qui doit faire en sorte que l’échantillon sondé soit fidèle aux caractéristiques de la “population mère”.

Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, il est absolument nécessaire de connaître les moindres détails quantitatifs et qualitatifs de la population de référence, à savoir la « population mère ».

Pour faire simple, c’est un peu comme si vous décidiez de faire un sondage en tirant, dans un sac opaque,10 billes dont vous ignorez, avant le tirage, de quel poids, couleur, matériaux elles sont et la quantité de billes que contient le sac. La seule chose que vous savez c’est qu’il y a des billes dans ce sac.

Alors, imaginez que vous tirez 10 billes rouges.

Pouvez-vous pour autant en conclure que le sac ne contient que des billes rouges? Il se peut pourtant qu’au fond du sac il y ait des billes bleues. Ça n’est qu’en retournant le sac que vous saurez avec certitude, en le constatant visuellement, si votre échantillon représente bien la réalité de la population  de billes contenues dans le sac.

Et si parmi ces 10 billes rouges, quatre sont des agates et les six autres des billes de terre, pouvez-vous honnêtement en conclure que 40 % des billes du sac sont des agates et 60 % des billes du sac son des billes de terre? Non bien sûr puisque vous ne savez pas si il y a REELLEMENT 100 billes dans le sac!

Je pourrais multiplier l’exemple à l’infini. Mais mon propos est de vous faire comprendre l’importance de connaître parfaitement la « population mère » si l’on veut que l’échantillon, sur lequel on va enquêter, soit réellement représentatif.

Or, nos instituts de sondage ont beau prétendre que leur échantillon est représentatif de la population française, il n’en est absolument rien.

Pour la bonne et unique raison qu’à l’heure actuelle, en France, depuis 2004, ce ne sont plus des recensements individuels des habitants de la France- effectués en tête-à-tête, par des agents recenseurs, pendant la même période – qui permettent d’établir avec certitude et précision comment se répartit la population française. Avant 2004, les agents recenseurs pouvaient aisément constater de visu que les renseignements portés sur la feuille de recensement correspondaient très exactement aux dires de la personnes recensées. Ce qui donnait indubitablement une grande fiabilité aux fichiers nationaux de l’INSEE.

Malheureusement, ce;  Comptage minutieux a été abandonné par l’INSEE au profit de sondage et d’estimations statistiques. De fait, il est désormais impossible de savoir à l’unité près comment se répartit la population française, et quelles sont ses caractéristiques. Ce qui implique que la « population mère » de référence de tous les instituts de sondage n’est pas fiable à 100 %.

L’échantillon construit par les organismes de sondages devant refléter les dites caractéristiques de la population réelle, je serais curieuse de savoir par quel miracle, ne connaissant plus la population réelle dans son degré le plus fin, on peut prétendre avoir un échantillon représentatif.

Il serait également intéressant de savoir quel coefficient de pondération est apporté pour corriger cette imprécision au sujet de la « population mère ».

On le voit donc, les sondages – basés actuellement sur un échantillon  d’une population mère dont on ne connaît absolument pas les caractéristiques- ne peuvent absolument pas se prétendre construits sur un échantillon représentatif de la population française.

C’est pourtant ce que fait Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos-France, dans une analyse publiée par le Nouvel Observateur, le 14 septembre.

Pour son plus grand malheur, Brice Teinturier, croyant probablement donner un vernis de sérieux à ses propos, affirme que la technique qu’il utilise pour effectuer des sondages sur la primaire socialiste est “ancienne et largement éprouvé”. Certes, mais il oublie de dire ce que je viens de vous apprendre. La population mère dont est issu l’échantillon sondé n’est pas représentative à 100 % de la population française. Elle ne peut absolument plus l’être:

  • puisqu’il n’y a pas de recensement individuel des français
  • puisqu’on ne sait plus précisément combien il y a réellement d’hommes et de femmes en France,
  • puisqu’on ne sait plus précisément comment se répartissent les âges de la population française,
  • etc..

Il peut essayer tant qu’il veut de noyer cette réalité avec des explications pléthoriques sur la façon de faire le tri parmi les personnes sondées, ça ne change rien au fait qu’on ne sait pas si, dans son échantillon,  il y a trop ou pas assez d’ouvriers, trop ou pas assez de femmes, etc., simplement parce qu’on ne sait pas exactement combien il y a d’ouvriers, de femmes, en France, aujourd’hui, en 2011.

À noter, pour l’anecdote, que Brice teinturier, dans cet article du Nouvel Observateur, semble frappé d’anosognosie. En effet, il prétend qu’aucun sondage n’a été réalisé par un quelconque institut à l’occasion de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts, «puisque cette primaire était réservée à des adhérents et que personne n’avait accès à leur fichier?

Et pour le coup c’est à mon tour de rester pantoise.

Comment ça, »Aucun sondage n’a en effet été réalisé par un quelconque institut » pour essayer de déterminer qui est allé gagner cette primaire ?

Il y a eu très exactement quatre sondages effectués entre le 3 février 2011 et 18 juin 2011 au sujet de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts!

Que M. Brice Teinturier se sente investi de la mission de défendre la branche sur laquelle il est assis, humainement, ça peut se comprendre.

Mais que, pour ce faire, il bascule en plein déni et demande qu’on ne casse pas son gagne-pain, en le critiquant, il y a là matière à douter fortement de la bonne qualité du travail effectué par les instituts de sondage que ce monsieur défend.

Et sachant qu’ils savent parfaitement:
– que leur échantillon n’est absolument pas représentatif de la population française, pour les raisons que je viens d’énoncer,
– que leurs échantillons ne sont en rien un sous-ensemble de la réalité
– que les résultats du sondage ne peuvent en rien être assimilés à ce que donnerait une enquête à grande échelle auprès de chacun des éléments de la « population mère ».

Il me paraît plus judicieux pour eux d’admettre une bonne fois pour toutes que leurs sondages ne sont, tout au plus, que des sondages probabilistes et hasardeux – n’oublions tout de même pas que ce qui est probable n’est pas pour autant possible – dont on ignore totalement si les estimations ne dépasseront pas un niveau acceptable d’erreur – la statistique étant une « science » qui peut uniquement permettre de fixer des limites vagues à l’incertitude« .

Bibliographie : Modélisation statistique appliquée aux sciences sociales – Pascal Bressoux

Source : Université de Rennes ; INSEE; le Nouvel Observateur ; Google

PS Bouches du Rhône : Il y a des jours comme ça ou quand ça veut pas, ça veut pas.

10 septembre 2011 § Poster un commentaire

La mise en examen, jeudi 8 septembre, du sénateur socialiste et président du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean Noël Guerini vient mettre un peu de piment dans l’insignifiante campagne pour la primaire menée par Martine Aubry et François Hollande.

En effet, au fil des charges, retenues par le juge marseillais, contre Jean Noël Guerini et du peu de cas que la direction du Parti Socialiste a fait du rapport d’Arnaud Montebourg, on est en droit de se demander à quel titre Jean Noël Guerini a pu bénéficier de l’inaction de François Hollande et de la bienveillante clémence de Martine Aubry.

Jean Noël Guerini – sénateur depuis le 1er octobre 1998 et président du conseil général des Bouches-du-Rhône depuis août 1998 – est soupçonné par la Justice de notre pays de « prise illégale d’intérêt, association de malfaiteurs en vue de réaliser un trafic d’influence » ainsi que de malversations présumées touchant à des marchés publics et impliquant son frère Alexandre. Cette mise en examen s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur l’exploitation présumée frauduleuse de décharges, ainsi que sur l’obtention de marchés auprès de collectivités par des sociétés soupçonnées de blanchiment et de liens avec le banditisme 

Un malheur n’arrivant jamais seul, on apprenait ce vendredi soir qu’un adjoint au maire de Berre-L’Etang, dans les Bouches-du-Rhône, Raymond Bartolini, avait été mis en examen et écroué à Marseille dans le cadre d’un dossier de blanchiment touchant à des marchés publics instruit parallèlement à l’affaire Guerini.

Sans préjuger de la présomption d’innocence de ces deux « élus de la république », on peut tout de même s’interroger sur les fortes présomptions d’entente illicite, lors des appels d’offres lancées concernant les marchés relatifs aux déchets attribués en Provence-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon.

Surtout lorsqu’on apprend que le 7 septembre dernier, le président socialiste du syndicat d’agglomération nouvelle d’Ouest Provence, Bernard Granié, a été condamné par la cour d’appel d’Aix à deux ans de prison ferme, 100 000 € d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour corruption dans le cadre d’un marché public de collecte de déchets.

3 élus socialistes accusés de ne pas respecter les règles relatives aux marchés publics, dans la même région, vous avouerez que ça commence à faire beaucoup et qu’on n’est pas loin de penser qu’il y a là un système bien rôdé visant, notamment en matière de collecte de déchets, a abuser de son statut d’élu pour mener des affaires financières un peu glauques.

De fait, on peut se demander légitimement si, Benoit Hamon, le porte-parole du parti socialiste, n’oublie pas quelques “détails de l’histoire” lorsqu’il déclare à l’antenne de la chaine  i>Télé

« L’UMP cherche à  faire de l’affaire Guérini un dossier qui embarrasse le PS« .

Malheureusement je crois que depuis 10 ans le PS a TOUT fait pour être embarrassé par cette affaire sans l’aide de personne!

Il est probable que l’UMP-FN se réjouit fort de constater que Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste depuis sa nomination contestée à cette fonction le 26 novembre 2008, se retrouve avec trois élus socialistes de la même région devant répondre devant la Justice d’accusations de corruption, de blanchiment d’argent sale, de prise illégale d’intérêts ou de trafic d’influence…

Il est également fort probable que l’UMP-FN n’a certes pas oublié qu’avant Martine Aubry, c’était François Hollande qui, depuis le 27 novembre 1997, occupait la fonction de dirigeant du Parti Socialiste et qu’un système de corruption, telle qu’il apparaît  au fil des mises en examen et des procès, ne peut en aucun cas avoir été mis en place d’un coup de baguette magique. Pour qu’un tel système s’installe et fonctionne il faut au bas mot une bonne dizaine d’années…. Un tel système ne peut s’installer à l’échelle d’une région avec la complicité silencieuse de l’ensemble des élus socialistes. Il y a donc eu nécessairement, au moment où François Hollande était à la tête du parti socialiste, des alertes émanant d’élus locaux. Alertes dont il n’a pas tenu compte manifestement.

Très naturellement, comme l’a fait  à juste titre l’état-major du Parti Socialiste depuis 2007 pour chaque affaire judiciaire impliquant un membre de la majorité gouvernementale, l’UMP-FN ne saurait se priver, à l’aube des campagnes pour l’élection présidentielle et pour les élections législatives, d’exploiter les faiblesses, pour ne pas dire le laxisme, des deux successifs premiers secrétaires du Parti Socialiste. Il y a là une opportunité formidable pour eux de s’exonérer de débat de fond et d’un bilan calamiteux.

De la à clamer partout, comme le font Jean Noël Guerini et Benoît Hamon, qu’il y a machination et à sous-entendre que la Justice et les juges qui mènent l’enquête le font sur ordre du gouvernement… C’est aller bien trop loin et ne pas vouloir, une fois de plus se remettre en cause. C’est faire de la communication a bon compte en oubliant que les électeurs ne sont pas dupes.

C’est oublier un peu vite que depuis plus d’un an, au sein même du parti socialiste, une alerte avait été donnée concernant les agissements de Jean Noël Guerini. La direction du PS était-elle trop occupé à prendre le pouvoir et à placer ses pions pour entendre cette alerte?

C’est oublier que cette alerte lancée à Martine Aubry, dès le mois de juin 2010, n’a été examinée par le bureau national du Parti Socialiste que le 8 mars 2011. Pourquoi un tel délai ?

C’est oublier également qu’après avoir longtemps prétendu qu’elle avait perdu ce rapport Montebourg, Martine Aubry a déclaré qu’il n’y avait rien dedans et qu’elle a refusé de lire les preuves étayant ce rapport qui lui ont été envoyé par la suite. Il serait bon que Martine Aubry nous explique pourquoi, d’emblée, elle n’a pas voulu croire le député Montebourg qui, ayant mené une enquête pour l’Assemblée Nationale sur le sujet de la corruption, est de loin au parti socialiste le plus à même de détecter rapidement un système corrompu. Pourquoi Martine Aubry a-t-elle refusé de prendre connaissance des preuves étayant le rapport d’Arnaud Montebourg ?

C’est oublier le cynisme avec lequel François Lamy, le bras droit et homme à tout faire de Martine Aubry, a renvoyé Arnaud Montebourg « soutenir les candidats aux cantonales. Ce n’est pas responsable de mettre en cause une fédération sur la base d’affirmations péremptoires». Étrange comportement de François Lamy qui enjoignait le député de Saône-et-Loire d’aller soutenir les candidats aux cantonales de mars 2011 alors qu’il était notoirement connu qu’aux élections régionales de mars 2010  la Fédération et le Conseil général des Bouches-du-Rhône avait mené un boycotte non dissimulé de la campagne du Président de Région, sans qu’il ne reçoive aucune injonction de la part de Martine Aubry ou de François Lamy. Pourquoi ce deux poids deux mesures, dans quel intérêt  pour le Parti Socialiste ?

C’est enfin oublier le “cautère sur une jambe de bois” qu’a représenté le rapport d’Alain Richard et l’innocuité des mesurettes qui l’ont suivi… Réduire la taille des sections en laissant à leur tête ceux-là mêmes qui ont contribué au fonctionnement du système Guerini, c’est tout faire pour que le système continu à fonctionner. Reconnaître, comme le fait Alain Richard dans son rapport de contre-enquête que « Plusieurs des affirmations énoncées dans ce rapport » ne sont pas « dénuées de tout lien avec la réalité »  et ne rien trouver à redire au « système » Guerini, c’est pour le moins démontrer qu’on fait soi-même partie d’un système un peu glauque. Pourquoi si peu de changements alors que la situation était gravissime?

Autant d’incompétence, de mesquinerie, de petites cuisines électorales, de calculs politiciens, en un mot de laxisme dans le traitement de questions fondamentales qui impactaient les valeurs  d’honnêteté, de respect des finances publiques, de respect des statuts mêmes du Parti Socialiste, de respect des citoyens et des électeurs, ne peut passer inaperçu aux yeux de l’UMP- FN et encore moins aux yeux des électeurs de gauche.

C’est soit faire preuve d’une grande naïveté, soit faire preuve d’un profond mépris pour les électeurs de gauche que croire un seul instant :

  • que la direction du Parti Socialiste sera suivie par les électeurs de gauche dans l’affirmation de son porte parole qu’il ne s’agit, dans l’affaire Guerini, que d’une manœuvre politique
  • qu’il lui suffira d’argüer de la présomption d’innocence pour ne pas avoir à répondre de sa façon de gérer ce dossier, qui ne touche pas seulement Jean Noël Gerini mais une bonne partie des élus socialistes des Bouches-du-Rhône

Et quand je constate que Georges Frêche a été exclu très vite du parti socialiste, sans attendre que la justice le lave de toutes les accusations de propos racistes dont on l’avait affublé à tort, et que, alors que dans l’affaire Guerini ou l’on parle, excusez moi du peu, de crime pénale , d’association de malfaiteurs, de détournement de fonds publics, – comme dans l’affaire DSK ou l’on parle de viol-  Martine Aubry met en avant la présomption d’innocence,  j’en viens à me demander si les valeurs d’équité, de probité, qu’on peut attendre de socialistes, ne sont pas jetées par-dessus la jambe par certains d’entre eux, lorsqu’il s’agit de préserver un soutien électoral régional ou d’en abattre un autre.

Quand , en plus, je lis des articles de journalistes et d’internautes qui soutiennent François Hollande ou Martine Aubry, où l’on s’offusque qu’on ose mettre en doute l’efficacité, le sens des priorités, la réactivité de leurs « héros », où l’on semble découvrir que les adversaires politiques du Parti Socialiste ne sont pas suffisamment idiots pour ne pas aller chercher les « petits secrets cachés sous le tapis » des oligarques su PS, je me demande si vraiment ces gens-là pensaient sincèrement accéder au pouvoir simplement en nous berçant de promesses, en nous abreuvant des valeurs de la gauche sans jamais nous en donner l’exemple ou en nous assénant des concepts ésotériques tels que le « care » ou le « candidat normal ».

Que Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon dérangent l’oligarchie socialiste se comprend mieux au vu du décalage entre les ronrons feutrés de salonards teinté de bureaucrates, coupés de la rudesse du terrain, persuadés que, de guerre lasse, les électeurs français les préfèreront à la droite gouvernementale et frontiste sans qu’ils n’aient à faire la preuve qu’on pouvait leur confier la remise en marche d’un pays ravagé par 10 années de libéralisme effréné.

Parler vrai, traiter rapidement les problèmes lorsqu’ils se présentent, agir pour le bien commun et non pour manœuvrer un appareil à son seul profit, démontrer chaque jour ses compétences réelles à maitriser des problématiques complexes en gardant en tête des valeurs républicaines et humaines semblent, à l’heure actuelle, hors de portée de Martine Aubry et de François Hollande.

Je pense même que l’inaptitude à gouverner dont ils ont fait preuve au travers de l’affaire Guerini est un handicap profond pour les campagnes présidentielles et législatives à venir. Et c’est extrêmement  préoccupant pour la suite des évènements car la mobilisation massive des électeurs de gauche au second tour est très compromise, à cause du comportement de François Hollande et de Martine Aubry dans le cadre de l’affaire Guerini qu’ils n’ont pas empêché à temps d’éclater.

Sources : le Figaro ; le JDD ; 20minutes ; Le Monde ; Sud-Ouest; Rue89 ; PS 13 ; Marsactu ; l’Express ; le Nouvel Obs

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