Élisabeth Badinter, les prostituées et les caissières de supermarché

7 décembre 2011 § 5 Commentaires

Hier soir, probablement en manque d’activité, puisqu’ils sont totalement dépourvus de pouvoirs pour régler les problèmes auxquels les citoyens français sont confrontés, nos vaillants députés, de droite comme de gauche, ont voté à l’Assemblée Nationale, une résolution réaffirmant « la position abolitionniste » de la France en matière de prostitution.

Outre le fait qu’une telle résolution de principe est très loin de résoudre les problèmes que rencontrent les prostituées en matière de santé, de sécurité, de conditions de travail, il m’a semblé que les justifications données par certains de nos députés fleuraient bon la « morale a 10 sous » si cher à notre bonne vieille bourgeoisie française, pétrie d’une volonté d’imposer au petit peuple une morale qu’elle est bien en peine de mettre elle-même en pratique.

Parmi ces propos qui se voulaient vertueux, j’attribuerais le palmarès de l’hypocrisie à Élisabeth Badinter qui, de façon pour le moins maladroite, a tenté de justifier son positionnement pour l’abolition et la pénalisation de la prostitution.

« Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d’autres gagnent en un mois à la caisse d’un supermarché, c’est son droit », a-t-elle dit mettant comme « seule condition, mais elle est essentielle » que la femme « ne soit pas contrainte« .

C’est particulièrement la première partie de sa phrase qui m’a énormément interpelée car, par son côté démagogique, elle montre que celle qui la prononce n’est pas choquée par la prostitution elle-même mais par ce qu’elle rapporte à la prostituée.

Pensez donc quelle honte de gagner en trois jours ce qu’une caissière gagne en un mois à la caisse d’un supermarché !

Scandaleux cette argent facile, non?

Diantre ! Madame Badinter est choquée que quelqu’un puisse gagner en une journée ce qu’une caissière gagne en un mois de travail ?

Il ne me semble pas pourtant que Madame Badinter ait exprimée son indignation devant l’augmentation de 16,7 % des dividendes  que lui a rapportés sa situation de principale actionnaire avec 10 47 % de la société Publicis , pour l’exercice de l’année 2010.

La même année, la caissière « de référence » a tout au plus vu son salaire augmenter seulement de 0,01 %…. Quand ce n’est pas une diminution de son salaire qui lui a été imposée justement parce que des actionnaires, comme Madame Badinter, désirait que leurs dividendes augmentent.

Et l’hypocrisie va encore plus loin car Madame Badinter, sans apparemment dénier le droit de la prostituée, mais tout en étant choqué que ça lui rapporte autant, se réfugie derrière l’éternelle fausse compassion en ajoutant que la prostituée a le droit de se prostituer du moment qu’elle n’est pas contrainte de le faire… Ouf! les prostituées sont soulagées Elisabeth Badinter les protèges!

Remarquez, Élisabeth Badinter, en ce qui concerne la situation des femmes souffre toujours, comme le souligne Arrêt sur Images , d’un angle mort  chaque fois qu’il s’agit de Publicis dont elle préside le conseil de surveillance :

« Ce double statut a toujours généré, dans la production philosophique badinterienne, un point aveugle : la violence de l’injonction publicitaire faite aux femmes. »

Mais elle n’est pas la seule à ne pas  vouloir tout voir:

Ce que n’ont pas vu Madame Badinter et ses amis soucieux de remettre un peu de Morale à l’ordre du jour, c’est que leur position de principe qu’ils entendent transformer en loi, va probablement avoir des effets dramatiques, tant financiers que sociaux ou psychologiques, pour bon nombre de personnes.

Mais de cela, nos “bien heureux nantis”, assistés tout au long de leur carrière politique par les finances publiques, ne sauraient se préoccuper !

Alors certes, qu’on fasse des lois pour protéger les prostituées, notamment celles qui font l’objet d’une exploitation sordide et violente, que le Parlement donne à l’administration de l’État les moyens de lutter contre le proxénétisme, tout cela me semble normal au même titre que les règlementations concernant les conditions de travail que n’importe quel travailleur.

Mais il ne me semble pas que la position de principe que les députés ont présenté ce soir entrait dans ce cadre-là. Elle a une connotation morale qui outrepasse largement le rôle et la mission de nos représentants. Et en matière de Morale, Madame Badinter, comme tous ses collègues et amis actionnaires, n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit.

Sources : Libération ; Publicis ; les Échos ; Arrêt sur image ; Rue89, Intox2007

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Le licenciement boursier, explication de texte

1 octobre 2011 § Poster un commentaire

Parmi les idées clés de Ségolène Royal , candidate à l’élection présidentielle de 2012, figure une mesure clé : le licenciement boursier.
Il est dommage que certains, aujourd’hui 1er octobre 2011, prétendent encore que cette proposition correspond à la réinstauration du licenciement administratif ou bien qu’elle est inutile puisque la loi sur le licenciement économique  prévoit déjà de sanctionner les entreprises qui rentrent dans le cas de la proposition de Ségolène Royal.

C’est soit faire la démonstration qu’on n’a absolument pas lu le projet de loi de Ségolène Royal et/où qu’on connaît très mal la définition du mot économique tel qu’elle est donnée dans l’article L1233-3 Modifié par LOI n°2008-596 du 25 juin 2008 – art. 5 du code du travail. Car en aucun cas, le projet de loi de Ségolène Royal ne restaure le licenciement administratif tel qu’il existait avant sa suppression par le gouvernement Chirac, en 1986. et il n’entre absolument pas dans les cas ciblés par la loi sur licenciement économique.

Entre nous soit dit, je trouve extrêmement malheureux pour les 5 millions de chômeurs que connaît actuellement la France, qu’après l’alternance – qui a permis à Jacques Chirac et à son gouvernement de supprimer le licenciement administratif – Lionel Jospin et son équipe gouvernementale n’aient pas réinstauré l’obligation d’un contrôle administratif avant tout licenciement. Cela aurait évité bien des délocalisations, bien des chômeurs, et aurait été un premier pas pour freiner la mainmise des comptables et financiers sur la gestion des entreprises. Il est intéressant de constater que les mêmes ( leaders syndicaux et leaders du PS de l’époque ) qui ont livré les salariés à l’ultralibéralisme, qui entretiennent la confusion entre la proposition de Ségolène Royal et le licenciement administratif ou économique…

Alors, pour leur ouvrir les yeux et les oreilles, je leur conseille d’écouter attentivement l’explication que donne Ségolène Royal, lors de l’émission Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ,  de ce qu’elle nomme le licenciement boursier et des raisons pour lesquelles elle veut faire voter cette loi. Ils constateront comme moi qu’à part si on considère que la Justice est une administration, il n’est en rien, et à aucun moment, question de faire trancher le litige administrativement.

Ségolène Royal ,lors du dernier meeting à Toulouse  , illustre que la solution qu’elle propose est une réponse à un constat partagé par toutes les personnes qui travaillent dans le domaine du salariat, de l’emploi, de l’entreprise, du droit du travail :

« Il y a une accélération de la destruction de l’emploi … Il y a une accélération des délocalisations, une accélération de ce qui est le plus nocif dans la mondialisation, et partout sur le territoire, des entreprises sont en train de mourir en silence, des salariés sont laissés sur le carreau … Il faut absolument changer les règles du jeu de ce système financier qui marche sur la tête, qui broie les salariés et la valeur travail … Il y a des autorisations de licenciement pour les licenciements économiques, il y a des autorisations de licenciement pour les mutations technologiques, eh bien, demain avec moi, il y aura des autorisations indispensables pour empêcher les licenciements boursiers« 

L’exemple de l’usine toulousaine de composants électroniques Freescale – qui va supprimer 821 emplois d’ici fin 2011, alors que cette entreprise a un carnet de commandes, à court, moyen et long terme, qui justifie le maintien de 821 emplois, alors qu’elle réalise des bénéfices faramineux et distribue des dividendes juteux à ses actionnaires – est en cela un excellent exemple de cette catégorie d’entreprises qui ne sont pas incluses dans ce texte de loi mais qui s’y réfèrent pour licencier alors qu’elles font des bénéfices (et donc non pas de difficultés économiques) et veulent simplement augmenter les dividendes de leurs actionnaires. À la différence des cas prévus par la loi en matière de licenciement économique, dans le cas du licenciement boursier, les entreprises ne rencontrent AUCUNE difficultés économiques, mais par des jeux d’écritures comptables, des interprétations tortueuses de la loi actuelle, elles peuvent, en toute impunité, licencier des milliers de personnes, fermer des usines et détruire le réseau industriel français !

On le voit dans ce qui précède, lorsque Ségolène Royal  parle de licenciement boursier, il ne s’agit pas de ces entreprises désignées dans le code du travail (Article L1233-3 Modifié par LOI n°2008-596 du 25 juin 2008 – art. 5) qui licencient parce qu’elles rencontrent des difficultés économiques ou ont a faire face à des mutations technologiques. Il y a bel et bien un vide juridique qu’il est nécessaire de combler et c’est ce que Ségolène Royal propose de faire en promettant d’inscrire dans la loi le fait que toute entreprise qui fait des profits n’aurait plus le droit de licencier pour causes économiques.

En cela, Ségolène Royal connaît parfaitement la loi et ses lacunes et elle connaît également parfaitement la définition du licenciement boursier , communément admise dans les milieux de la finance. Ce qui ne semble pas être le cas de ses détracteurs qui prétendent qu’il existe déjà une jurisprudence amplement suffisante et qu’il n’est nul besoin de modifier la loi. C’est un fait que la Chambre sociale de la Cour de cassation,a jugé au moins(1997) que pour respecter la loi une réorganisation devait être « effectuée pour sauvegarder la compétitivité de l’entreprise et non en vue d’augmenter les profits ». Néanmoins il ne faut pas oublier qu’en France, pays où l’égalité de traitement devant la loi, et non devant la jurisprudence, est une obligation, seule la loi s’impose à tous alors que la jurisprudence reste une interprétation possible d’un texte de loi et, de ce fait, est laissée au bon vouloir des juges.

Ségolène Royal a donc raison de vouloir inscrire dans la loi l’interdiction des licenciements pour les entreprises qui ont en priorité pour objectif de privilégier le niveau de rentabilité de l’entreprise. Précision importante qui n’est pas intégrée dans l’actuelle loi sur le licenciement économique.
En résumé, la proposition Ségolène Royal vise un objectif :
Toute entreprise (maison-mère et filiales) , de plus de 250 salariés , qui ferait des profits ne pourrait pas licencier.

Cette interdiction de licenciements boursiers est complétée par la possibilité pour l’État de  rentrer à son capital, de demander le remboursement de toutes les aides publiques reçues et de racheter l’usine pour l’euro symbolique: «ce sera en tout cas très dissuasif».

Le projet de loi de Ségolène Royal répond à une exigence de SERENNITE et CELERITE. Il s’appuie sur un dispositif de concertation et non sur l’administration publique : la démocratie sociale, le dialogue sociale . En cela, il n’a rien à voir avec l’autorisation administrative de licenciement . Le processus et les acteurs en sont, du reste totalement différents.

Le processus se déroule en trois phases :

Phase 1: Validation entre dirigeants de l’entreprise et les représentants des travailleurs du motif de licenciement et de sa légitimité économique

Issue 1: après vérification conjointe de la situation économique et financière de l’entreprise les parties concluent qu’il ne s’agit pas d’un licenciement boursier => feu vert pour licencier.

Issue 2:  il y a désaccord entre les deux parties sur la légitimité économique du licenciement . Le processus rentre en phase 2.

Phase 2: désignation d’un expert indépendant
En cas de désaccord, les deux parties s’entendent sur la désignation d’un expert indépendant (ce qui se fait en Europe du Nord et Allemagne en cas de litige) qui va dire si, oui ou non, les licenciements sont boursiers ou non.

Issue 1: si expert conclue qu’il ne s’agit pas d’un licenciement boursier => feu vert pour licencier.

Issue 2: une des parties est insatisfaite du jugement de l’expert indépendant. Le processus rentre en phase 3.

Phase 3: C’est à la justice de trancher
Le juge applique la loi, dit le droit, et statue sur la question du licenciement.
A ce stade du projet, je ferai deux réserves importantes :

  1. Compte tenu de l’état de dégradation de la confiance des salariés vis-à-vis des représentants syndicaux, compte tenu du faible taux de syndicalisation en France, compte tenu du très faible des positions très souvent pro- patronales de certains syndicats, ce point du projet mérite d’être approfondi pour que réellement les salariés, y compris ceux qui ne sont pas adhérents à un syndicat, soit présents dès le début de la phase 1 du processus.
  2. Il est indispensable de préciser le domaine de compétence des experts qui interviendraient en phase 2. En effet, force est de constater que ces experts ne peuvent être que des experts-comptables, ces derniers sont malheureusement trop souvent ceux qui donnent des conseils de management et de gestion qui les entraînent à s’orienter vers un licenciement boursier. Il conviendrait donc que ces expertises soient faites par des équipes pluridisciplinaires constituées par des comptables, des spécialistes des conditions de travail, de l’organisation du travail, qui effectueraient un véritable diagnostic exhaustif et une analyse prospective de l’entreprise .

L’objectif de cette proposition de loi est clair : il s’agit tout simplement d’ interdire que des entreprises licencient uniquement pour augmenter le profit des actionnaires et de vérifier dès le début d’une procédure de licenciements qu’il ne s’agit pas de licenciements boursiers.

Non seulement ce projet de loi vient combler un vide juridique dommageable pour les salariés mais également pour l’économie du pays,  mais il introduit une nouveauté qui réside dans l’examen et le contrôle préalable de conformité à la loi d’une décision de licenciement. Cet examen ne correspond en rien à une résurrection de l’autorisation administrative de licenciement, parce que le contrôle préalable est fait par des experts qui vérifient la situation économique de l’ENSEMBLE de l’entreprise ( maison mère + filiales) et parce que ce n’est pas l’inspection du travail qui tranche mais la justice et qu’elle fait à l’issue d’un dialogue social.

Ce projet n’offre certainement pas la protection maximale que celle que garantissait l’autorisation administrative de licenciement. Il est regrettable qu’à l’issue de la deuxième cohabitation certains socialistes n’est pas jugé bon de réintroduire cette autorisation dans le code du travail. Il est cependant choquant de voir que ces mêmes socialistes, au bout de 25 ans de ravages social, économique et humain se permettent de considérer avec mépris la seule proposition qui qui empêcherait les salariés d’être laminés par la recherche permanente d’encore plus de profits, au prétexte que c’est Ségolène Royal qui l’a fait.

Sources:  LégiFrance ; TF1 ; le Point ; Edubourse ; CT2E; force citoyenne 94

Citoyen, Citoyenneté, Civisme

14 septembre 2011 § 2 Commentaires

Le mot citoyen fait partie du registre du vocabulaire politique.

Un bien beau mot qui, des cités-états grecs  , en passant par la révolution française de 1789, à nos jours, a subi bien des avatars, bien des attaques. Un concept qui aujourd’hui semble vidé de toute sa substance tant il semble, que pour certains, il soit synonyme de corvée, de droit mais pas de devoir (et vice versa). Tant il sert de clivage élitiste entre ceux qui auraient, en politique, tous les droits, les élus, et ceux qui n’aurait qu’un devoir, celui d’élire.

Pour bien comprendre toute l’ampleur de ce magnifique mot, il convient dans un premier temps de faire un bref rappel étymologique historique. Puis, dans un second temps nous tenterons d’établir un état des lieux du champ que recouvre le concept de citoyens et ses dérivés sémantiques : citoyenneté, civisme, droit, devoir. Enfin, nous ébaucherons des pistes de solutions autour de la question de la participation démocratique à laquelle fait référence le mot “ citoyen “ .

Il prend son origine dans le latin civis, que l’on peut traduire par : celui qui a droit de cité, qui est admis à user de certains droits dans la cité. C’est un statut social et juridique. Pour les Grecs, inventeur de la Démocratie et de la République, la cité, plus que le territoire géographique, désignait l’ensemble des gens qui agissaient de concert, étaient capable de s’assembler pour traiter des problèmes les concernant (lois, guerres, justice, administration).

A cette organisation linéaire du pouvoir politique, s’oppose, dans le reste de l’Europe, une organisation beaucoup plus pyramidale et hiérarchisée dans laquelle seule une petite élite détient tous les pouvoirs. Pas question ici de citoyens mais- dans les royautés qui se sont succédé jusqu’au XVIIIe siècle- de sujets. Dans cette conception royaliste, l’homme est passif dans le traitement des problèmes concernant le « vivre ensemble ».
Ça n’est, en France, qu’à partir de 1789 que le mot citoyen va être utilisés pour désigner tout homme vivant en France, sans notion de hiérarchie, d’appartenance à une catégorie sociale. Il sera utilisé 10 fois dans le texte de la DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789 , notamment dans les articles 6, 7,11, 13 et14.

À la lecture de ces articles, on constate qu’en 1789, l’esprit de la révolution est totalement égalitaire et non discriminatoire.Liberté et égalité sont des droits inaliénables du citoyen et les piliers de sa citoyenneté .

  • Le citoyens a le droit de participer à la construction des lois.
  • Aucun emploi public ne peut lui être refusé si il y a « les vertus et les talents » nécessaires pour les tenir.
  • Il a le droit de s’exprimer librement.
  • Il a aussi des devoirs, notamment celui de contribuer au financement du fonctionnement de la nation, dans la mesure de ses moyens.
  • Mais là encore il a le droit, sans intermédiaire, de vérifier que cette contribution est nécessaire ainsi que de régler les modalités de recouvrement et de durée de cette contribution.

À partir du milieu du XIXe siècle, le concept de nationalité va considérablement modifier les conditions d’attribution de la citoyenneté. Nous en retrouvons encore, à l’heure actuelle des traces extrêmement prépondérantes. Dans la France actuelle, pour prétendre à être un citoyen français, il ne suffit pas d’habiter en France, ni d’y être né, mais il faut désormais répondre à plusieurs critères essentiellement juridiques :

il faut détenir la nationalité  française et jouir des droits civils et politiques (ex : droit de vote) qui s’y rattachent. Il faut également être un individu majeur. Ce qui exclut d’emblée de la citoyenneté les mineurs, les majeurs sous tutelle et personne déchue de leurs droits par les tribunaux. A condition de rassembler tous ces critères et d’accepter de relever de la protection et de l’autorité d’un Etat, dont il est un ressortissant, un citoyen bénéficiera de droits civiques et politiques et devra accomplir des devoirs  envers l’Etat (ex : payer les impôts, respecter les lois, remplir ses devoirs militaires, être juré de Cour d’assises…).  Il pourra donc jouir d’une citoyenneté  qui lui assure l’égalité des droits avec les autres citoyens, et éventuellement faire preuve de civisme

État des lieux

Sans remonter à la période grecque, force est de constater qu’entre l’esprit de la révolution de 1789- qui reconnaissaient que « Liberté et égalité sont des droits inaliénables du citoyen et les piliers de sa citoyenneté » – et la citoyenneté limitée que nous connaissons actuellement, le rôle du citoyen a été considérablement restreint.

1) Il n’est plus participant dans le débat démocratique, qui se déroule le plus souvent par écran télévisé interposé et uniquement au sein de la classe politico-technico-médiatique.

Il ne participe que très sporadiquement aux décisions politiques- par la biais de référendum dont il ne maitrise que très peu le contenu, l’initiative et l’application- qui le concernent et impactent sa vie quotidienne.

2) La forme juridique et la durée du mandat représentatif excluent tout pouvoir de contrôle et d’interaction du citoyen avec le mandataire. De fait une fois élu pour 5 à 6 ans, le mandataire agit au nom de la souveraineté Nationale, décide en son âme et conscience et est seul juge de l’intérêt du plus grand nombre.

3) il est difficile pour de très nombreux citoyens d’accéder librement aux différents lieux de décision. Que ce soit des lieux de préparation ou de délibération de décisions administratives ou législative, le citoyen est totalement « interdit de présence et de prise de parole ou de contrôle ».

4) La représentation politique est l’apanage des classes sociales- les plus nanties économiquement et culturellement – de la société. L’exercice de la Souveraineté ne se fait que par et pour les classes sociales nantis, les classes défavorisés se voient dépossédées, de fait, de l’essence de leur existence citoyenne, au sens politique et non juridique du terme.

Exclus du débat politique, exclus de la Souveraineté qui pourtant s’exerce en leur nom, exclus de la préparation du vote et du contrôle des lois, comment dès lors s’étonner que 56% des citoyens n’exercent plus leur droit de vote, 56% des citoyens ne s’intéressent plus à être représentés, ne font plus confiance à la représentation élue pour répondre à leurs aspirations et pour résoudre les difficultés de la vie. Comment s’étonner de l’abstention politique croissante des groupes les plus fragiles de la société (catégories populaires, jeunes, chômeurs…)

Citoyen, Démocratie, Politique, République sont les éléments d’un système de « vivre ensemble » dont chacun des éléments doit parfaitement tenir son rôle pour que le système fonctionne de façon optima. Or on constate:

a) une atrophie de l’idéal démocratique
Les sociétés modernes à partir de la fin du XVIIIe siècle ont opéré une “atrophie de l’idéal démocratique” (C. Colliot-Thelene, « L’ignorance du peuple »). Ce faisant, elles ont considérablement limité restreint le champ d’intervention et les marges de manœuvre du citoyen dans la résolution des problèmes qui le concerne.

Je ne prendrai qu’un exemple pour illustrer ce constat: la participation directe et personnelle du citoyen aux décisions et à la formation de la loi telle qu’il est écrit dans l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

« La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. »

À bien y regarder, cet article 6  stipule clairement que les citoyens ne doivent pas obligatoirement passer par l’intermédiaire de leurs représentants pour concourir à la formation de la loi. Malgré cela, depuis plus de 200 ans, toutes les lois qui régissent la société française ont été votées uniquement par des représentants (qui tous ne sont pas élus au suffrage universel). Élire un monde un représentant est l’unique moyen, pour un citoyen, de concourir à la formation de la loi.

b) Un dévoiement de la définition de l’intérêt général
Jusqu’à il y a environ 30 ans, l’État pouvait se prévaloir  du monopole de la définition de l’intérêt général parce que partis politiques et syndicats, qui représentaient les citoyens dans les instances de décision et exerçaient un contre pouvoir, avaient un fort nombre d’adhérents. Aujourd’hui, on constate  un affaiblissement croissant de ces organisations avec comme conséquence palpable la montée en puissance de corporatisme et de lobbys économiques, culturels qui acquièrent chaque jour d’avantage de pouvoirs d’influence sur les décisions de l’Etat.

Pire même, l’Etat, par l’intermédiaire du gouvernement entrave les référendums d’initiative populaire, qui permettrait aux citoyens de concourir à la formation de la loi. La médiocre tentative faite par Nicolas Sarkozy et le Parlement français de créer – en y mettant des conditions draconiennes et peu réalistes – un référendum d’initiative populaire, votée par le Parlement, ne bénéficient toujours pas d’un « décret d’application ». Ce qui ont dit long sur la volonté de l’ensemble de nos représentants de ne pas respecter cet article 6 de la constitution !

c) Une conception « minimaliste de la démocratie » et par conséquent de la consultation du citoyen.
Notre système électoral  exclut la participation des citoyens à l’exercice du pouvoir et du contrôle de cet exercice alors même que  le sens de la Démocratie implique au contraire la participation active et quasi permanente du citoyen à chaque étape du processus de décision et de résolution des problèmes qui le concernent.

Dans la conception actuelle de l’organisation politique, le citoyen est la plupart du temps passif et sa participation au traitement des problèmes ne se concrétise épisodiquement qu’au moment d’élections  » généralement bipolaires sans réels enjeux.  » et/ou lorsqu’il faut payer l’impôt ou les taxes finançant les décisions politiques gouvernementales.

Entre la citoyenneté directe de la Grèce antique et la citoyenneté que nous connaissons actuellement sont venus s’interposer différentes strates d’intermédiaires et d’institutions qui coupent totalement le citoyen de la décision qui le concerne, réduisant le plus souvent son rapport à la loi, à la Res Publica, à un rapport de soumission. L’obligeant à une forme pernicieuse de soumission volontaire.

On peut, comme le fait Denis Duclos ( « Une nouvelle caste planétaire » – in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008) s’inquiéter qu’une  » métamorphose du libéralisme en autoritarisme s’annonce depuis 1989. Un dispositif de contrainte et de hiérarchisation s’esquisse, analogue à celui des anciens empires. Nous entrons dans un règne qui vise, comme jadis à parachever son hégémonie par l’exaltation des fantaisies des puissants, l’abaissement de citoyens libres et l’écrasement des indigents. »

Mais le constat brutal s’impose : La politique n’est plus l’affaire du citoyen, la souveraineté ne s’exerce plus en leur nom.

Pistes de solution

Dès lors, l’enjeu est bel et bien , si nous voulons vivre en République, dans un système démocratique et non sous un régime monarchique ou dictatorial, la recherche de dispositifs neufs permettant d’enrichir et d’élargir la participation politique.

Parmi les solutions qui peuvent être mises en place on peut envisager, tout en étant conscient des freins au changement qu’on rencontrera tant du côté du personnel politique que des citoyens, de :

Former le citoyen
– tout au long de sa scolarité , le former au débat contradictoire ET étayé, l’analyse systémique, éventuellement aux stratégies d’acteurs et l’informer sur son rôle, sa fonction, les différentes institutions qui gèrent le pays, comment y accéder,
– pour les adultes qui n’ont pas bénéficié de cette formation, organiser des cessions en prenant, comme pour la formation syndicale, sur le temps de travail.
Attention, il ne s’agit pas de former au militantisme partisan mais de doter le citoyen d’outils qui lui permettent de participer pleinement et en toute intelligence à la prise de décision.

Favoriser la participation citoyenne au débat politique 
– multiplier les lieux où le déploiement de la délibération démocratique élargie sera possible,
-encourager par des aménagement de temps civique pris sur le temps de travail, la participation du plus grand nombre à des discussions portant sur des choix collectifs
Favoriser la participation citoyenne au processus décision politique
  – créer un corps d’auditeurs des institutions nationales, tirés au sort parmi les citoyens inscrits sur les listes électorales et non dépositaires d’une mandat électif, d’une mission de service public.
– introduire à tous les échelons des institutions décisionnaires ( conseil municipaux, régionaux, commissions parlementaires, etc;) un quota ( 1/4? ) de citoyens tirés au sort chargés de valider ou d’invalider les décisions prises.
Limiter l’hégémonie d’une caste de politicien sur les mandats électifs et la haute administration
– réduire le renouvèlement des mandats électifs à un maximum de 1 renouvèlement du même mandat sur toute la durée d’une vie.
-exclure la possibilité de faire carrière en politique en interdisant d’exercer plus de 2 mandats électifs sur toute la durée d’une vie.
– exclure constitutionnellement le cumul des mandats électifs.
– revoir les modalité de nominations à des postes de contrôle de l’Etat ( cour des comptes, conseil constitutionnel, CSA, CNIL, etc.) en introduisant – imposer l’élection au suffrage universel direct pour tous les mandats électifs. Il est anormal que le Sénat, par exemple, soit constitué de membre cooptés par les élus municipaux et départementaux qui ne représentent, somme toute, que l’administration territoriale du pays!
– sanctionner durement ( inéligibilité à vie, engagements de leurs fortune personnelle) les élus qui ont agi à l’encontre de la loi ET de l’intérêt général.
Etc….

Bien entendu toutes ces solutions ne sont qu’une ébauche et on peu en trouver bien d’autres. Mais le but est bien de faire en sorte que le citoyen devienne bien plus que la machine à voter conditionnée par les médias, qu’il est actuellement.

Et vous, que pensez vous de tout ça?

Info citoyenne: Dans le cadre des débats pour la primaire socialiste, nous vous invitons à participer au sondage #themaPS12 . Il s’agit , pour vous, de notez votre intérêt pour ces grandes thématiques de programmes électoraux

Sources: Cliolamuse; La Toupie; Assemblée Nationale; Wikipédia; Vie Publique

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Sondages: L’échantillon national représentatif de la population française n’existe plus !

14 septembre 2011 § Poster un commentaire

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais pour donner un semblant de vernis scientifique à leurs sondages, beaucoup d’instituts, la loi les y obligeant, précisent que l’échantillon de populations qui a été sondé par eux est un “échantillon national représentatif de la population française”.

Or cela m’énerve au plus haut degré, car il est impossible, en France, de nos jours, même à un génie mathématique, de constituer un échantillon représentatif de la population française. Il n’entre pas dans mon propos ici de vous bassinez avec la théorie des échantillons statistiques, ni de vous faire un long discours sur les différentes écoles qui s’y réfèrent.

Il suffit de savoir qu’un échantillon représentatif doit être tel que toutes les personnes faisant partie de la population mère ont la même probabilité de faire parti de l’échantillon (définition statistique pure). Hormis cette approche rigoureuse, on peut éventuellement, dans la pratique, limiter la représentativité à une représentativité structurelle qui doit faire en sorte que l’échantillon sondé soit fidèle aux caractéristiques de la “population mère”.

Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, il est absolument nécessaire de connaître les moindres détails quantitatifs et qualitatifs de la population de référence, à savoir la « population mère ».

Pour faire simple, c’est un peu comme si vous décidiez de faire un sondage en tirant, dans un sac opaque,10 billes dont vous ignorez, avant le tirage, de quel poids, couleur, matériaux elles sont et la quantité de billes que contient le sac. La seule chose que vous savez c’est qu’il y a des billes dans ce sac.

Alors, imaginez que vous tirez 10 billes rouges.

Pouvez-vous pour autant en conclure que le sac ne contient que des billes rouges? Il se peut pourtant qu’au fond du sac il y ait des billes bleues. Ça n’est qu’en retournant le sac que vous saurez avec certitude, en le constatant visuellement, si votre échantillon représente bien la réalité de la population  de billes contenues dans le sac.

Et si parmi ces 10 billes rouges, quatre sont des agates et les six autres des billes de terre, pouvez-vous honnêtement en conclure que 40 % des billes du sac sont des agates et 60 % des billes du sac son des billes de terre? Non bien sûr puisque vous ne savez pas si il y a REELLEMENT 100 billes dans le sac!

Je pourrais multiplier l’exemple à l’infini. Mais mon propos est de vous faire comprendre l’importance de connaître parfaitement la « population mère » si l’on veut que l’échantillon, sur lequel on va enquêter, soit réellement représentatif.

Or, nos instituts de sondage ont beau prétendre que leur échantillon est représentatif de la population française, il n’en est absolument rien.

Pour la bonne et unique raison qu’à l’heure actuelle, en France, depuis 2004, ce ne sont plus des recensements individuels des habitants de la France- effectués en tête-à-tête, par des agents recenseurs, pendant la même période – qui permettent d’établir avec certitude et précision comment se répartit la population française. Avant 2004, les agents recenseurs pouvaient aisément constater de visu que les renseignements portés sur la feuille de recensement correspondaient très exactement aux dires de la personnes recensées. Ce qui donnait indubitablement une grande fiabilité aux fichiers nationaux de l’INSEE.

Malheureusement, ce;  Comptage minutieux a été abandonné par l’INSEE au profit de sondage et d’estimations statistiques. De fait, il est désormais impossible de savoir à l’unité près comment se répartit la population française, et quelles sont ses caractéristiques. Ce qui implique que la « population mère » de référence de tous les instituts de sondage n’est pas fiable à 100 %.

L’échantillon construit par les organismes de sondages devant refléter les dites caractéristiques de la population réelle, je serais curieuse de savoir par quel miracle, ne connaissant plus la population réelle dans son degré le plus fin, on peut prétendre avoir un échantillon représentatif.

Il serait également intéressant de savoir quel coefficient de pondération est apporté pour corriger cette imprécision au sujet de la « population mère ».

On le voit donc, les sondages – basés actuellement sur un échantillon  d’une population mère dont on ne connaît absolument pas les caractéristiques- ne peuvent absolument pas se prétendre construits sur un échantillon représentatif de la population française.

C’est pourtant ce que fait Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos-France, dans une analyse publiée par le Nouvel Observateur, le 14 septembre.

Pour son plus grand malheur, Brice Teinturier, croyant probablement donner un vernis de sérieux à ses propos, affirme que la technique qu’il utilise pour effectuer des sondages sur la primaire socialiste est “ancienne et largement éprouvé”. Certes, mais il oublie de dire ce que je viens de vous apprendre. La population mère dont est issu l’échantillon sondé n’est pas représentative à 100 % de la population française. Elle ne peut absolument plus l’être:

  • puisqu’il n’y a pas de recensement individuel des français
  • puisqu’on ne sait plus précisément combien il y a réellement d’hommes et de femmes en France,
  • puisqu’on ne sait plus précisément comment se répartissent les âges de la population française,
  • etc..

Il peut essayer tant qu’il veut de noyer cette réalité avec des explications pléthoriques sur la façon de faire le tri parmi les personnes sondées, ça ne change rien au fait qu’on ne sait pas si, dans son échantillon,  il y a trop ou pas assez d’ouvriers, trop ou pas assez de femmes, etc., simplement parce qu’on ne sait pas exactement combien il y a d’ouvriers, de femmes, en France, aujourd’hui, en 2011.

À noter, pour l’anecdote, que Brice teinturier, dans cet article du Nouvel Observateur, semble frappé d’anosognosie. En effet, il prétend qu’aucun sondage n’a été réalisé par un quelconque institut à l’occasion de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts, «puisque cette primaire était réservée à des adhérents et que personne n’avait accès à leur fichier?

Et pour le coup c’est à mon tour de rester pantoise.

Comment ça, »Aucun sondage n’a en effet été réalisé par un quelconque institut » pour essayer de déterminer qui est allé gagner cette primaire ?

Il y a eu très exactement quatre sondages effectués entre le 3 février 2011 et 18 juin 2011 au sujet de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts!

Que M. Brice Teinturier se sente investi de la mission de défendre la branche sur laquelle il est assis, humainement, ça peut se comprendre.

Mais que, pour ce faire, il bascule en plein déni et demande qu’on ne casse pas son gagne-pain, en le critiquant, il y a là matière à douter fortement de la bonne qualité du travail effectué par les instituts de sondage que ce monsieur défend.

Et sachant qu’ils savent parfaitement:
– que leur échantillon n’est absolument pas représentatif de la population française, pour les raisons que je viens d’énoncer,
– que leurs échantillons ne sont en rien un sous-ensemble de la réalité
– que les résultats du sondage ne peuvent en rien être assimilés à ce que donnerait une enquête à grande échelle auprès de chacun des éléments de la « population mère ».

Il me paraît plus judicieux pour eux d’admettre une bonne fois pour toutes que leurs sondages ne sont, tout au plus, que des sondages probabilistes et hasardeux – n’oublions tout de même pas que ce qui est probable n’est pas pour autant possible – dont on ignore totalement si les estimations ne dépasseront pas un niveau acceptable d’erreur – la statistique étant une « science » qui peut uniquement permettre de fixer des limites vagues à l’incertitude« .

Bibliographie : Modélisation statistique appliquée aux sciences sociales – Pascal Bressoux

Source : Université de Rennes ; INSEE; le Nouvel Observateur ; Google

C’est quoi, un comité citoyen?

11 septembre 2011 § 3 Commentaires

Dans le « Contrat avec la Nation »  que Ségolène Royal a présenté samedi 10 septembre 2011, lors de son meeting de Montreuil, on peut lire au paragraphe 2 :

« Pour refonder la démocratie, je m’engage à consulter la Nation chaque fois que l’intérêt supérieur du pays l’exigera. Le référendum d’initiative citoyenne sera instauré et des comités citoyens encouragés. « 

Si nous commençons à être nombreux à savoir ce qu’est ce que devrait être un référendum d’initiative citoyenne, nous sommes manifestement plus nombreux à ignorer ce qu’est un comité citoyens.

Nos amis québécois connaissent parfaitement l’appellation comité citoyens, mais en France le législateur a préféré parler de comités de quartier ou de Comité d’intérêt de quartier (CIQ), ou d’Association d’habitants, et Comité d’intérêt local (CIL).

I- Fonction, mission et rôle des comités de quartiers:

C’est la loi dite « Vaillant  » n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, Art. L. 2143-1 qui fixe, pour les communes de plus de 80 000 habitants, le cadre législatif de la création de comités de quartier.  Leur création est facultative dans les communes de 20 000 à 80 000 habitants.

La loi Vaillant définit les comités de quartier comme  » une instance consultative ayant vocation d’impliquer le plus largement possible la population concernée par une décision donnée. ».L’instauration de comités de quartier dans toutes les villes de France n’est pas imposée par la loi. En réalité, très peu de communes se sont dotées de comités de quartier. Il en existe cependant, sous des appellations différentes, à Tours, La Rochelle , Épernay , Toulon , Lyon, Marseille ou Épinal.

Ces comités sont des associations à but non lucratif, qui servent d’interface entre les habitants d’un quartier et les élus locaux (conseillers municipaux, maire, député de la circonscription ou se trouve le quartier). Dans le fonctionnement général des communes, les comités de quartier n’ont aucun pouvoir décisionnaire et leur rôle se résument très (trop) souvent un rôle consultatif.  Ils peuvent être consultés par le Maire pour tout type de problématiques et peuvent lui faire des propositions sur toute question concernant le quartier ou la politique de la ville.Un rôle consultatif lui-même très restreint dans la mesure où les conseillers de quartier ne sont pas éclairés par des avis d’experts.

En termes d’activité, les comités de quartier s’occupent particulièrement des questions d’intérêt général tel que la circulation dans le quartier, la propreté des espaces communs, les questions de voisinage, etc..

Rien n’empêche une commune d’encourager ( en créant par exemple un fonds spécial destiné à financer les projets des comités de quartier) et de soutenir financièrement les initiatives portées par les conseils de quartier. La ville de Lyon, par exemple, met à la disposition des conseils de quartier un dossier intitulé : « appel à projets en faveur des initiatives des conseils de quartier »

Comme vous pouvez le constater, en France – pays de la bureaucratie sublimée- l’initiative citoyenne est totalement bloquée, le comité de quartier représente plus la plus petite émanation du pouvoir administratif qu’une réelle instance citoyenne de décision et de contrôle des décisions. La création, la composition, les missions et la création de conseils de quartier sont entièrement contrôlée par le pouvoir politique, contrairement au Brésil, au Québec et à d’autres pays où se développent des comités citoyens d’initiative populaire apolitique.

Ceci explique peut-être quoi de nombreux citoyens français ignorent totalement que de telles instances existent dans leur commune. Et l’on comprend, notamment dans les propos de Philippe Breton, Chercheur au CNRS, pourquoi, pour les communes de plus de 80 000 habitants-  après la loi du 27 février 2002,  le bilan de mise en œuvre   est on ne peut plus mitigé.

II- Un bilan mitigé

Il est important de noter dès maintenant que l’idée d’élargir à l’ensemble des citoyens la participation à la prise de décision est perçue très favorablement par la population française. Le désintéressement, voir le mécontentement, des citoyens au sujet des comités de quartiers porte essentiellement sur leur fonctionnement.

1) des conseils de quartiers phagocytés.

La loi  du 27 février 2002 indique que c’est le conseil municipal qui, dans les communes de plus de 80 000 habitants, » fixe la dénomination, la composition et les modalités de fonctionnement des conseils de quartier. » En réalité, les membres des conseils de quartier sont souvent désignés par le pouvoir politique municipale. Les conseils de quartier apparaissent alors comme des représentants de la municipalité et non plus comme des représentants des habitants des quartiers ce qui est vide totalement de sa substance démocratique l’esprit de la loi du 27 février 2002 !

Autre problème qui dénature l’esprit de la loi du 27 février 2002 : force est de constater que de nombreux comités de quartier ont été phagocytés par des notables, représentant des associations installées dans le quartier (soupçonnés de n’être présents dans l’association de quartier que pour défendre leurs propres intérêts) ou par des habitants qui se révèlent en fait être très proches politiquement de certains élus, transformant ainsi le conseil de quartier en lieu de manœuvres politiques.

Mais le problème ne se limite pas au mode de nomination des conseillers de quartier, il s’étend aux missions et pouvoir fondamentaux des conseils de quartier.

2) des pouvoirs dérisoires, une formation incomplète

La création des conseils de quartier visait à fluidifier les rapports entre le politique et les habitants et surtout à développer un véritable esprit démocratique dans les quartiers. Mais, rappelons le, les conseils de quartier n’ont qu’un pouvoir consultatif. Ce qui fait qu’un maire peut parfaitement, en cas d’opposition du conseil de quartier à un de ses projets, passer outre et faire voter son projet par le conseil municipal. Certes, un tel comportement peut générer du mécontentement chez les habitants du quartier. C’est pourquoi, quelques maires indélicats essaient de contrôler les conseils de quartier (notamment faisant nommer des « hommes de paille » au conseil de quartier) et de s’assurer de leur part des avis consultatifs toujours positifs.

La mise en place depuis plus de 30 ans de ses comités de quartier montre que les conseils de quartier sont le plus souvent consultés sur des dossiers complexes sans être informé par des experts et ne bénéficient pas d’une réelle indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Dés lors, il leur est extrêmement difficile de se positionner fermement et de façon argumenté sur des problématiques qui impactent pourtant les habitants du quartier.

3) Une initiative citoyenne bridée

La loi  du 27 février 2002 a très certainement donné beaucoup trop de poids au conseil municipal , aux maires,et pas assez aux citoyens pour décider de la représentativité au sein des conseils de quartier.

Pourquoi ne pas laisser à une assemblée générale des habitants du quartier le soin de composer, par le biais d’une élection, l’équipe des membres du conseil de quartier ?

Une autre solution consisterait à désigner les membres du conseil de quartier par tirage au sort en se basant sur les habitants inscrits sur les listes électorales des bureaux de vote du territoire du quartier.

III- Des pistes de solutions

Les élus qui tentent d’entraver le processus décisionnel démocratique ne sont ni contrôlés ni sanctionnés. Il me paraît intéressant d’envisager des dispositifs “pénalisants”, pour que cessent ces pratiques.

Partant de là, on peut envisager que ce soient les conseils de quartier, leur pouvoir étant élargi au contrôle et à l’arbitrage des décisions municipales, qui arbitrent les litiges entre les décisions du conseil municipal et le résultat de la consultation des habitants d’un quartier. Il faudrait pour ce faire que le conseil de quartier est un pouvoir d’audition des parties concernées et un pouvoir de décision.

Bien entendu, un conseiller de quartier ne pourrait en aucun cas faire parti du conseil municipal ni d’une des institutions ou des entreprises parties prenantes dans la décision.

Pour que les habitants soient totalement informés des processus de décision qui les concernent, les séances de travail des conseil de quartier devraient obligatoirement être publiques.

C’est en substance ce que propose Ségolène Royal lorsqu’elle parle de comité citoyens.
On trouve sur le site Désir d’Avenir  un projet de mise en place de comités communaux des citoyens. En voici l’essentiel:

  • La création de ces comités serait laissée à l’initiative des communes mais les membres des comités seraient désignés par tirage au sort
  • Les fonctions de ces comités seraient élargies par rapport à celle des l’actuels conseils de quartier. Les comités de citoyens seraient associés avec les Cour des Comptes pour effectuer le contrôle du fonctionnement des assemblées et organismes publics est d’intérêt public au niveau territorial.
  • Ils auraient également une fonction d’enquête, d’études et d’avis.
    Il s’assurerait auprès des citoyens une fonction de relais et d’information pour tout ce qui touche au débat public.
  • Les membres des comités communaux de citoyens ne pouraient exercer qu’une seule fois ce mandat. Ils seraient formé aux droits et devoirs du citoyen et au contrôle démocratique. Ce mandat seraient assujettis à des droits et à des devoirs, notamment celui publié un compte rendu de son mandat

Conclusion

On le voit bien, le désintéressement des citoyens vis-à-vis de cette instance démocratique porte plus sur la forme que sur le fond. La question à laquelle il faut désormais répondre est la suivante :

Comment, en respectant la lettre et l’esprit de la loi, rendre les avis du conseil de quartier à la fois indépendant du pouvoir politique, suffisamment étayées par des expertises de toute nature, est réellement représentatif de la volonté des habitants du quartier?

Ségolène Royal est une des rares candidates à l’élection présidentielle de 2012 à répondre à cette question.

il me semble plus judicieux, à une époque où le taux d’abstentionnistes va grandissant à chaque consultation électorale, à une époque où d’aucuns prétendent résumer le bulletin de vote ou simple rôle du pompom d’une pompom girl, à une époque où les Français sont de plus en plus indignés de constater à quel point l’oligarchie française les exclus chaque jour davantage de la Démocratie, il me semble plus judicieux, plutôt que de ricaner aux propositions de Mme Royal, plutôt que de chicaner sur son appartenance réelle à la gauche, plutôt que, telle la moule accrochée à son rocher, de se cramponner à une hypothétique révolution qui sera inexorablement récupérée par ceux qui ne veulent en aucun cas qu’enfin le pouvoir s’exerce au nom du peuple, par le peuple et pour le peuple, il me semble donc plus judicieux de reconnaître que cette idée de comité citoyens, que Ségolène Royal développe, est une excellente solution républicaine et démocratique, parfaitement adaptée aux graves problèmes de déficit d’exercice démocratique que rencontrent les citoyens français.

Sources: le site de Ségolène Royal ; Intox2007; Ville de Lyon ; Argumentation ; Désir d’Avenir ; Google

Les pauvres se livrent au pillage, mais les riches aussi. Seulement, ils le font plus discrètement!

11 août 2011 § 3 Commentaires

En regardant, depuis deux jours, les images des émeutes qui ont lieu en Angleterre, et surtout en écoutant les commentaires des hommes politiques, qu’ils soient britannique ou  français, il m’a paru de plus en plus évident  que, soit nous avions à faire à une bande d’incapables , soit nous étions face à des individus de très mauvaise foi . La palme de la mauvaise foi revenant au vice-premier ministre Nick Clegg, qui a qualifié les émeutes auxquelles nous avons pu assister à de la « violence gratuite et du vol opportuniste, ni plus ni moins ».

Certes il est bien plus facile pour lui d’instrumentaliser à son profit le « choc » des images et de faire dévier le débat de fond sur des questions d’ effectifs policier ou de stratégie de Scotland Yard ou sur des questions de sémantique du genre « manifestation ou émeutes? ».  Il est vrai que face à ces images d’entrepôts en flammes, de vitrines brisées, de magasins pillés, il était facile botter en touche, et de ne pas remettre en cause un seul instant les décisions politiques qu’il a prise, entrainant la méfiance et le ressentiment  de certains habitants de quartiers défavorisés,  et leurs conséquences pour les plus démunis !

Il se pourrait, cependant, qu’enferrée dans sa logique néo-libéral, la classe médiatico-politique anglaise, jumelle de la classe médiatico-politique française au pouvoir, ne veuille pas comprendre que la politique qu’elle mène ( et soutient) depuis plus de 30 ans , entièrement dédiée au système financier et à sa seule prospérité, génère bon nombre de frustrations  au sein des populations. Frustrations qui peuvent très vite, et sans qu’on sache exactement pourquoi, dégénérer en révolution ou en émeutes sporadiques

Il est édifiant d’observer le vocabulaire utilisé par la majorité des grands médias pour qualifier les évènements du week-end passé : «zones de guerre»,. «Règne des gangs», «Les brutes dominent», «l’anarchie en Grande-Bretagne», «descente aux enfers». «un été de non-droit», «crétins incendiaires». Manifestement, il était de bon ton, dans les médias anglais, de faire « monter la mayonnaise »… Pensez donc, commettre un tel crime contre la société de consommation, s’apparente chez certains de nos contemporains à un crime de lèse-majesté  !

Seul signe de lucidité dans cette cacophonie de libéraux indignés et irresponsables, la voix de l’éditorialiste Mary Riddell, dans The Daily Telegraph  :

«Ce n’est pas une coïncidence si ces troubles éclatent alors que l’économie globale est au bord de la chute libre…Nos gouvernements successifs ont tous leurs responsabilités dans le développement de la pauvreté, des inégalités, de l’inhumanité, désormais exacerbés par la tourmente financière … Une partie de nos jeunes a basculé de l’autre versant de notre nation en ruine».

En Angleterre comme en France, quelques esprits plus affutés ont remarqué la propension des jeunes émeutiers à se précipiter dans les temples de la consommation, donnant ainsi la preuve de que leur mouvement n’avait rien de révolutionnaire, dans le sens où il n’entendait clairement pas s’ attaquer à la cause de leurs problèmes. On se retrouve donc avec une génération entière de  » lumpen à la fois enragés de leur exclusion et ne possédant pas les outils conceptuels pour la canaliser vers les vrais ennemis » ;

Mais rares sont ceux qui se sont interrogés sur la méthode utilisée et ont osé s’attarder sur la technique du pillage.. Elle est pourtant extrêmement signifiante.

Piller, c’est prendre à d’autres, de façon violente, ce qui leur appartient.

A ce titre, depuis plus de 30 ans, nous assistons tous, impuissants, à un pillage systématiques de nos économies, de nos acquis et il me semble que les jeunes des banlieues sont à bonne école. Il ne se passe pas un jour, dans notre monde libéral sans que n’éclate une affaire, au détour de laquelle on apprend que tel élu, ou corporation, a abusé de biens sociaux , a voté une loi pour ceux là même qui alimentent ( plus ou moins légalement) sont parti politique, à favorisé tel ami ou parent, est payé à ne rien faire….veut  ( ou obliger à) brader le patrimoine commun, voir même le pouvoir conféré aux Etats, avec la complicité de leurs dirigeants. Bref piller les Nations!

Oh certes, ce pillage est nettement plus discret que celui des jeunes émeutiers anglais… mais il n’en est pas moins un pillage violent.

N’avons-nous pas tous pu assister, au sauvetage des banques – qui sont en grande partie responsables des situations catastrophiques dans lesquelles bon nombre de citoyens se retrouve aujourd’hui – sans qu’aucune condamnation, peines de prison, sanctions ne leur soient appliquées? Plus fort encore, c’est à nous qu’on présente l’addition !

Et on voudrait que des jeunes gens et des jeunes filles, qui ne sont pas plus bêtes que nos banquiers, ne comprennent pas que le pillage peut se faire en toute tranquillité dans la mesure où on est en position de force?

Alors je trouve parfaitement hypocrite que les mêmes qui poussent des cris d’indignations et ne trouvent pas de mots assez forts pour stigmatiser les émeutiers, se tiennent coits et  détournent le regard quand ce sont les plus riches d’entre nous qui se livrent au pillage.Est-ce à dire que pour eux, le pillage est plus acceptable quand il se fait, à l’abris des regards, en toute discrétion?

Je trouve pitoyables nos compatriotes qui soulignent l’origine ethnique de ses jeunes banlieusards. Est-ce à dire que pour eux, il est plus supportable de se faire piller par quelqu’un qui a une peau blanche ? Est-ce à dire que pour eux, seuls les riches ont le droit de se livrer au pillage ?

Préfèrent-ils la technique du pickpocket de nos millionnaires à la technique de francs-tireurs des jeunes de banlieues?

Parviendront-ils un jour à comprendre ce que nous sommes désormais très nombreux à avoir compris et que si, comme l’ont très bien dit les « indignados » de Madrid, nous manifestons notre indignation c’est que : « nous ne sommes pas contre le système, c’est le système qui est anti-nous »…

Comprendront-il un jour que les pauvres se livrent au pillage, mais les riches aussi. Seulement, ils le font plus discrètement!

Sources : Le Monde  ; le Figaro  ; The Guardian  ; The Independent  ;The Daily Telegraph  ; Le Courrier International  ; le Nouvel Obs ; la Tribune ; comité de salut public  ; le Parti de Gauche  ; Piratages

 

Chassez les privilèges, ils reviennent au galop!

4 août 2011 § 3 Commentaires

Dans la nuit du 4 août 1789, pendant la Révolution Française, l’Assemblée Nationale a aboli les privilèges du clergé, de la noblesse et des corporations. Ces privilèges se concrétisaient le plus souvent par des droits issus du régime féodal. Droits qui donnaient à leurs possesseurs des avantages financiers mais aussi  la mainmise exclusive sur les terres et un pouvoir discrétionnaire sur les hommes, les femmes et les enfants.
Aujourd’hui, 4 août 2011,le « grand patronat », les investisseurs financiers, la classe politique et certaines corporations disposent de privilèges , de prérogatives, tout aussi importants, dérogeant ainsi Gravement à l’article 9 du Décret relatif à l’abolition des privilèges .

Art. 9. Les privilèges pécuniaires, personnels ou réels, en matière de subsides, sont abolis à jamais. La perception se fera sur tous les citoyens et sur tous les biens, de la même manière et de la même forme.

Les nouveaux privilèges exonèrent leurs bénéficiaires de contribution financière  à l’effort public d’entretien de L’État, privant ce dernier de recettes financières qui pourraient lui permettre d’accomplir aisément sa mission première et de respecter les principes politiques, économiques et sociaux tels que décrits dans le PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION DU 27 OCTOBRE 1946

Mais on observe également une forme plus ou moins de privilèges, notamment dans le traitement des affaires judiciaires dans lesquelles des hommes et des femmes politiques sont accusées d’avoir contrevenu à la loi. On voit même des présidents de la république qui parvienne à s’exonérer totalement de toute responsabilité pénale

On constate aussi que, même si la loi encadre certaines décisions, seules certaines corporations peuvent les prendre. Par exemple, seul l’employeur peut licencier un salarié. Le salarié lui ne peut licencier son employeur…

Autant de privilèges qui contreviennent à nos lois et textes fondateurs

Tout ceci peut probablement s’expliquer d’une part par la mainmise de la classe moyenne supérieure sur les institutions républicaines, Parlement, partis politiques , hautes fonctions publiques, etc. .

Mais cela s’explique aussi par cette confusion entre le pouvoir royal et le pouvoir de l’Etat, et de ses représentant, qui va à l’encontre de la Démocratie.

Sous l’ancien régime, les rois ont très vite pris l’habitude d’accorder des privilèges  à la noblesse à fin, dans un premier temps, qu’elle apporte sa force militaire en cas de conflit, puis, dans un second temps, pour pouvoir avoir un moyen de pression quand la noblesse avait des velléités d’indépendance. La noblesse de robe et d’épée d’antan est remplacée par le conglomérat de la finance (Banques, assurances, actionnaires et investisseurs) et du patronat. Pour justifier les privilèges exorbitants qu’on leur attribue, l’argument de la compétitivité vient se substituer à celui de la force militaire qu’on utilisait pour justifier les privilèges de la noblesse. Mais l’amitié peut également jouer dans l’attribution de privilèges  On observera également que très souvent, de façon pas toujours subtile, ce conglomérat agite le spectre des délocalisations  , de la fuite des capitaux (Comme la noblesse d’antan agitait le spectre d’une rébellion ) pour obtenir toujours plus de privilèges.

L’église étant, grâce à son implantation dans le plus petit village du royaume, la principale alliée de la royauté, facilitait l’acceptation la toute puissance royale…  et les sacrifices qui en découlaient pour le « ,  petit peuple », il coulait de source qu’elle devait également bénéficier de privilèges lui permettant de s’enrichir et de s’accaparer le fruit du travail des sujets du royaume. De nos jours, en caricaturant légèrement, on pourrait dire que le personnel politique a remplacé le clergé et, parce qu’il est implanté partout sur le territoire de la République, il va être le principal soutient de la « domination de l’État ».

Mais que ce soit sous l’ancien régime ou de nos jours, on en arrive au même résultat: des individus, des corporations, sont exonérés de leur part de contribution à l’effort public, laissant tout le poids de ce dernier peser sur ceux qui, faute d’avoir suffisamment d’argent, de relations, ne peuvent obtenir de privilèges.

Force est de constater, comme le fait Paul Jorion que :

“221 ans après la nuit du 4 août 1789, des privilèges en droit demeurent et contribuent à créer un nouveau régime féodal.
Ces privilèges sont liés à l’utilisation et à la possession de l’argent et contribuent à constituer une nouvelle noblesse, la noblesse de l’argent, tout comme les noblesses d’épée et de robe ou le clergé jusqu’en 1789 avaient pu se constituer et exister par des privilèges.
Ces privilèges liés à l’argent doivent être détruit entièrement car ils remettent en cause les principes essentiels de la République française et de la démocratie ainsi que les droits naturels car « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.» (Art.1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).
Ces privilèges liés à l’argent ne sont d’aucune utilité commune.
Au contraire, ils desservent et délitent l’utilité commune.
Ces privilèges doivent donc être détruits entièrement et toute distinction sociale fondée sur ces privilèges combattue.”“

Et en cette nuit du 4 août 2011, je me demande si nous ne devrions pas abolir les privilèges…

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage!

Sources : la Toupie ; Google ; Paul Jorion ; le blog de Ségolène Royal ; Assemblée Nationale ; le Post ; le Monde ; Pour tout vous dire ; le blog de François Fillon ; Rue89 ; le bloc finance ; paroles de chercheurs

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