15 bonnes raisons de ne pas voter pour Martine Aubry :

13 octobre 2011 § 3 Commentaires

Le dernier débat télévisé de la primaire citoyenne ayant eu lieu, nous sommes, en tant que citoyens électeurs, désormais à même de prendre une décision de vote pour dimanche. Je ne vous cacherai pas que pour moi, le choix est fait et que je refuse totalement d’avoir à choisir entre les deux candidats issus de cette primaire , tant je les trouve éloignées des valeurs que je porte et des solutions que j’attends que le futur gouvernement mette en œuvre pour résoudre les multiples problèmes que rencontre mon pays

M’étant prêtée à l’exercice d’explication de vote en ce qui concerne François Hollande, je me propose, en toute équité, de faire le même exercice concernant Martine Aubry:

1) Martine Aubry a utilisé des méthodes peu glorieuses pour mettre de l’ordre au sein du parti socialiste :

  • La suppression des adhérents à 20 € a certes permis au parti socialiste de rester dans son entre soi. Mais cela a bouté hors du PS  tous les adhérents que la candidature de Ségolène Royal avait ralliés au parti socialiste.
  • Dans la région du Languedoc-Roussillon notoirement indépendante et certainement pas “pro Aubry”,  Martine Aubry, au mépris de la décision de justice qui avait lavé Georges Frêche de toutes accusations de propos racistes, n’a pas hésité à reprendre cette accusation, à la faire monter en mayonnaise grâce à ses amis de la presse, pour aboutir à la mise sous tutelle de ses principaux opposants de la région Languedoc Roussillon.

Prétendre avoir mis de l’ordre en pratiquant l’expulsion de tous ceux qui vous dérangent est une conception de la tolérance à la différence que je ne partage en aucun cas et qui ressemble fort aux méthodes actuelles du gouvernement qui prétend, en expulsant les ressortissants étrangers, régler les problèmes de sécurité du pays.

2) Martine Aubry a un sens de l’honneur très fragile. La façon dont elle a traité la forte présomption de tricherie lors du scrutin de l’élection du premier secrétaire du parti socialiste à Reims en est un parfait exemple. Il faut se souvenir que de très forts doutes ont pesé sur la validité des résultats des votes dès le soir même dépouillement de ces votes. À l’issue de tractations totalement opaques, Martine Aubry a été désignée vainqueur du scrutin. Elle a accepté une nomination entachée d’un énorme doute de tricherie. En tant que premier secrétaire du parti socialiste, si j’avais vraiment eu pour objectif de le rassembler , j’aurais immédiatement redemandé un la réunion d’un congrès afin qu’un nouveau vote encadré de façon à ce qu’aucune tricherie ne puisse avoir lieu. Bien loin d’agir de la sorte, Martine Aubry a qui le sens de l’honneur fait visiblement défaut, a balayé d’un revers de main toutes les objections et s’est dépêché de mettre à l’index (cf. le premier paragraphe), au niveau national et au niveau local, tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, pouvait remettre en question sa légitimité à diriger le parti socialiste.

3) Martine Aubry a un sens de la justice et à géométrie variable, elle ne cesse de répéter qu’avec elle la justice sera défendue, respectée. Mais à bien y regarder on ne peut que constater -au travers de l’affaire Georges Frêche et de l’affaire Guerini-  qu’elle ne respecte les décisions de justice et la présomption d’innocence que lorsque cela l’arrange.

Le fait même qu’elle accepte que Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo soient omniprésents dans sa campagne vient corroborer cette mauvaise impression. Delanoë et Hidalgo ne sont-ils pas à l’origine de la décision, dans l’affaire des emplois fictifs impliquant Jacques Chirac, de prioriser le remboursement des sommes dues à la mairie de Paris permettant à Jacques Chirac de sortir blanchi de cette sale affaire?

4) Martine Aubry se prétend pugnace mais les faits disent le contraire.  J’ai noté qu’au cours du débat elle a voulu attaquer François Hollande sur son évaluation de l’augmentation des postes dans la fonction publique. Hélas pour elle, elle a été incapable d’aller jusqu’au bout de sa démonstration et s’est pitoyablement emmêler les pinceaux, aboutissant à un magistral flop. C’est très dommageable, car dans l’hypothèse où elle serait la candidate du parti socialiste qui devra affronter Nicolas Sarkozy, ce comportement approximatif et velléitaire va permettre à Nicolas Sarkozy qui lui ne lâche jamais une attaque et la mène jusqu’au bout.

5) Martine Aubry gouverne de façon laxiste et opportuniste : En matière de prise et d’exercice du pouvoir, Martine Aubry n’a rien à envier à Nicolas Sarkozy car, outre le fait de mettre sous tutelle les fédérations qui lui déplaisent, elle a su placer discrètement dans les régions et les départements des personnes qui lui sont fidèles et qui désormais verrouillent bon nombre de sections.

6) Martine Aubry ne sait pas mettre en oeuvre les décisions collectives. Prenons l’exemple du cumul des mandats qui a été interdits par décision du congrès du parti socialiste et que Martine Aubry est totalement incapable de faire appliquer depuis que le cumul des mandats est interdit au parti socialiste

7) Martine Aubry n’est pas une rassembleuse. À la lecture de ce qui précède on voit très clairement que Martine Aubry sait parfaitement utiliser une organisation pour rassembler en excluant tous ceux qui ne partagent pas son avis, mais cela ne prouve en rien qu’elle saura rassembler au-delà du parti socialiste. L’autoritarisme, le sectarisme, dont elle et ses proches ont fait preuve au cours de ces deux dernières années, sera nettement insuffisant pour rassembler l’ensemble des parties de gauche et surtout de leurs électeurs, avec lesquels, malheureusement pour elle, elle ne pourra jouer de l’exclusion qui semble être son outil favori.

8 ) Martine Aubry ne rassemble pas sur des idées, mais sur des ambitions. Elle se vante de procéder au rassemblement des partis de gauche sans faire de concessions pour des postes mais uniquement sur la proximité et le partage d’idées. Or, tout le monde sait que Martine Aubry négocie en priorité avec les écologistes d’EELV. Si l’on doit reconnaître une qualité à Martine Aubry, c’est de savoir reconnaître ceux qui sont assez flous sur leurs convictions affichées pour céder à des promesses de postes lucratives. Regardez comme le parti socialiste qu’elle dirige a su neutraliser Jean Vincent Placé en lui offrant, au détriment d’un candidat socialiste, la place de sénateurs qu’il convoitait depuis toujours.

9) Martine Aubry est une technocrate et cela est apparu très nettement lors du débat d’hier. Pas plus que François Hollande, elle n’est capable de déployer ses projets et d’en faire une pédagogie en utilisant des mots simples compréhensibles par le moins cultivé des électeurs. Il y a eu, lors de ce débat, de grandes envolées technocratiques dignes de réunions d’experts à Bercy voir même du conseil de l’Europe. Mais hélas, des experts complètement déconnecté de la réalité quotidienne des Français, des experts qui considèrent que les citoyens français sont des administrés et non des personnes qui ont le pouvoir de décider, de réfléchir, de choisir en toute intelligence de leurs propres intérêts et non uniquement de ceux d’un État fantomatique.

10) Martine Aubry est dans le paraître trompeur. Probablement pour faire croire qu’elle partageait les idées de Ségolène Royal et attirer ainsi les électeurs de cette dernière, à très fréquemment utilisé des termes comme” juste”, “solution”, “participation”, “régulation”, etc. Mais, que ce soit sur son site ou au cours de ses interventions dans les médias, elle est incapable d’aller plus loin que la citation. Elle est dans la situation de ces personnes qui ont acheté un meuble en kit et qui ne trouvent pas la notice de montage. Et pour cause, ça n’est pas tout de copier une idée, encore faut-il avoir parfaitement compris ce qui la sous-tend en matière de valeurs, et le plan d’action qu’il va falloir mettre en place pour que cette idée devienne une réelle unité.

11) Martine Aubry ne répond pas aux questions qu’on lui pose. Pas plus que François Hollande d’ailleurs, n’a répondu clairement aux quatre questions d’Arnaud Montebourg. Cela en dit long sur le mépris que les deux finalistes de la primaire citoyenne peuvent avoir pour leurs camarades. Il est probable que Martine Aubry, comme lors du congrès de Reims, préfère, pour gagner la finale de la primaire, s’appuyer sur son réseau d’élus et sur les électeurs écologistes pour gagner  dimanche, avec une avance de 102 voix.

12) Martine Aubry a la prétention d’être la première femme présidente de la république française. Elle se sert d’ailleurs de cet argument pour essayer d’attirer les électrices, ce qui me paraît un argument on ne peut plus douteux dans la mesure où je ne pense pas sincèrement qu’être une femme ou un homme soit une qualité suffisante pour gouverner un pays. Du reste, mettre une femme incompétente ou un homme incompétent à la tête de l’État serait tout autant une grave erreur.

13) Martine Aubry se gargarise beaucoup des valeurs de gauche, mais je cherche en vain et depuis plusieurs mois une définition nette, précise et détaillée de sa part de ses fameuses valeurs de gauche. Ce n’est certainement pas au travers des exemples qui précèdent que je vais pouvoir me faire une idée des valeurs de gauche de Martine Aubry

14) Martine Aubry a une lourde responsabilité dans la dégradation du service public hospitalier. Elle a exigé la mise en place des 35 heures dans ce cette heure de façon totalement irrationnelle. Obligation a été faite aux hôpitaux de mettre en place les 35 heures de façon unifiée dans tous les secteurs d’activité des hôpitaux sans prendre en compte les sous effectifs déjà existants au moment de la mise en place et surtout, ce qui est plus grave, les restrictions budgétaires qui ont empêché les gestionnaires des hôpitaux d’embaucher le personnel nécessaire pour compenser la réduction du temps de travail. De fait, cela a engendré dans le secteur hospitalier une très grave dégradation des conditions de soins et une importante dégradation des conditions de travail des salariés du secteur public hospitalier dont il ne se remet absolument pas à l’heure actuelle. Et quand on pense que dans le projet actuel du PS elle a tenu a modifier seule certains passages du projet Santé, ça fait froid dans le dos!

15) Martine Aubry ne s’est toujours pas expliqué sur les fondements et les raisons du pacte de Marrakech qu’elle a signé avec Dominique Strauss-Kahn. Or, on ne me fera pas croire que ce pacte a été signé par pure amitié mais bien parce que le Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn partagent une vision de la place dominante et dominatrice de l’économie et de ses émanations bancaires, boursières, sur l’humain et sur les Etats. J’ai donc tendance à penser que Martine Aubry, qui nous fait croire qu’elle est proche d’Arnaud Montebourg et de Ségolène Royal nous trompe consciemment.

Autant de raisons qui, de mon point de vue, me font dire que Martine Aubry n’est certainement pas une candidate de changement et surtout pas la candidate qu’il faut désigner dimanche pour faire face à Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle.

J’en entends déjà me dire qu’il y a quelque jours,  je critiquais abondamment François Hollande. Certains pourraient me demander si, parce que Ségolène Royal a pris position pour ce dernier, je vais ravaler mes critiques et voter dimanche pour ce dernier.

Il n’en est rien. Je continue à privilégier les valeurs, les idées de gauche, le programme et je maintiens mes critiques sur François Hollande et sur Martine Aubry.

Si je vais voter dimanche, ce sera pour déposer un bulletin blanc dans l’urne. Bulletin blanc qui sera comptabilisé dans les résultats du vote de dimanche et qui sera un avertissement clair au finaliste qu’il ne peut pas faire et n’importe quoi.

Source: Le NouvelObs

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Gauche de rustine ou gauche de changement?

6 octobre 2011 § 2 Commentaires

À l’issue des trois débats télévisés de la primaire socialiste et du visionnage de quelques meeting de campagne, la question qui se pose est avant tout de savoir si le plus grand nombre des électeurs a été suffisamment convaincu que la gauche française et notamment le parti socialiste est la seule force politique légitime pour mener le changement radical auquel aspire les Français.

Les propositions qui ont été faites, lors de ces trois débats, sont-elles suffisamment crédibles pour mobiliser les électeurs et les amener à voter  massivement pour le ou la candidate de gauche, lors de l’élection présidentielle et des élections législatives de 2012?

La question qui se pose aussi à moi est de savoir qui, parmi les six candidats à la primaire, partage le diagnostic de la situation de la France que je fais depuis plus de 10 ans, qui propose des solutions les plus proches de celles que je souhaite voir mettre en place et qui est le plus apte à me représenter, à me mobiliser activement pour la campagne présidentielle.

Dans l’état actuel de la société française, après la désastreuse expérience  de gouvernance ultralibérale Nicolas Sarkozy et de sa majorité présidentielle, les promesses qu’on ne tient pas  pour cause de crise ou de désaccord avec les pays de l’union européenne ne feront pas long feu.

Avec un tiers de la population active menacée de chômage, avec un tiers de la population qui renonce à se soigner par manque de moyens financiers, avec une paupérisation sans cesse croissante des classes moyennes et ouvrières  , la régression sociale  pèse lourdement sur un très grand nombre de Français.

Tous ont bien conscience qu’une caste de privilégiés est en train de se livrer à un pillage éhonté des finances publiques et des biens de la nation.

Tous ont conscience que ceci n’est possible que parce que l’élite économique, médiatique et politique du pays est dominée- soumise- par une idéologie libérale qui n’a pour but que d’enrichir une infime partie de la population sur le dos du plus grand nombre  . Si, il y a une vingtaine d’années, une part non négligeable de la population avait très bien compris ce que cette idéologie libéral pourrait lui permettre en matière d’ascension sociale , à l’heure actuelle elle ne peut que constater que c’est à son tour d’être sacrifiée sur l’autel de l’enrichissement de la classe dirigeante.

Il semble donc que le plus grand nombre de citoyens français ont atteint un excellent niveau de compréhension des effets et des causes du pourrissement du système économique et social . La brutale accélération de la dégradation du système de « vivre ensemble » qui est désormais diagnostiquée, analysée, comprise par une grande majorité de Français. Il est de plus en plus clair qu’après le temps de la compréhension du phénomène, nous arrivons à une période de réaction à ses effets. Cette réaction peut se manifester par des émeutes, par une très forte résistance au changement – qui se concrétisera par un vote pour le Front National – ou par une attente forte vis-à-vis du personnel politique de gauche de conduire à un changement radical de la situation économique et sociale en France. 

Changement dans la façon de concevoir la politique, de concevoir le rôle de l’État, de concevoir la gouvernance et le pouvoir de l’État vis-à-vis des pouvoirs économiques et financiers, de concevoir le rôle protecteur de l’État vis-à-vis des citoyens dans le rapport de forces qui les confrontent aux puissances économiques, financières et patronales. Autant d’attente de changement de la part de très nombreux citoyens français.

C’est donc à travers cette attente de changement systémique , qui ressort de différentes enquêtes et de mes propres attentes,  que j’ai abordé le troisième débat de la primaire.

Le point positif de ces trois débats c’est que les candidats semblent avoir compris que pour gagner les deux échéances électorales à venir il ne suffira pas de faire de l’anti sarkozysme primaire . Il ne suffira pas, non plus, d’agiter la peur d’une victoire du Front National, en s’appuyant sur des sondages alarmistes.

Pour ce qui me concerne, le bilan que je peux faire aujourd’hui, c’est que de toute évidence, parmi les six candidats à la primaire socialiste, nous avons deux groupes distincts qui se positionnent de façon différente par rapport à la problématique du changement :

Les poseurs de rustines

Le premier groupe constitué par Jean-Michel Baylet, Manuel Valls et François Hollande n’a jamais, au cours des trois débats ou de leurs meetings, remis en question l’idéologie libérale dominante. Les trois candidats semblent regretter les effets de la mise en oeuvre de cette idéologie, mais je ne ne les ai pas entendus remettre en cause le libéralisme économique tel qu’il se pratique actuellement.

À ce titre, on pourrait les qualifier de passifs . Leurs propositions consistent le plus souvent à amortir les effets du libéralisme, en posant quelques rustines de taille imprécises sur les trous qu’ils ont repérés, mais pas à mettre en place un système économique social et politique différent. Ils n’ont absolument pas compris ou accepté la nécessité, pour le plus grand nombre de leurs concitoyens, d’un changement radical d’orientation politique et économique. Ils condescendent tous les trois -du bout des lèvres et sous certaines conditions- à en réguler les pratiques les plus brutales. Ils sont , dans leur vision de l’État, sur un axe de soumission aux lois du marché. À noter qu’aucun des trois candidats n’emploie fréquemment le terme de changement.

Ce groupe attirera probablement des électeurs des classes moyennes aisées, qui sont actuellement peu impactées par la crise économique mais suffisamment choquée par la brutalité du mode de gouvernance de la majorité présidentielle pour ne pas vouloir voter pour le prochain candidat représentant la droite. Par contre, l’électorat de gauche (gauche du parti socialiste, Parti de Gauche, certains écologistes, LO, etc.) ne peut trouver ces candidats légitimes pour mener un véritable changement.

La gauche de changement

Le second groupe, constitué par Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et, sur certains sujets, par Martine Aubry, remet en question l’idéologie libérale et la toute-puissance de l’économie, voire même l’ingérence de cette dernière dans les domaines les plus privées de la vie des individus.Ce groupe semble plus apte à mobiliser les électeurs qui aspirent à un véritable changement. Quand bien même ces trois candidats ne sont pas notoirement des « révolutionnaires », ils entendent remettre l’État au pouvoir et lui redonner une capacité d’intervention et de régulation que 30 ans de laxisme politique ont totalement annihilée.

À ce titre, on pourrait qualifier ces candidats de proactifs. Les solutions qu’ils proposent visent toutes à mettre en place un système socio-économique différent du système dominant actuel. On note toutefois des différences importantes entre chacun des candidats. Elles portent essentiellement sur la rapidité et la profondeur ( radicalité?) du changement (VIe république, participation citoyenne, interventionnisme d’État, etc. ) qu’ils envisagent et de la place qui doit être donnée aux citoyens dans la mise en oeuvre du changement.

Néanmoins ils ont compris la nécessité d’un changement d’orientation politique, social et économique. Ils entendent faire de l’économie un moyen mis à la disposition de l’humain et inverser, ainsi, le processus actuel qui tend à mettre l’humain à la disposition de l’économie et de ses institutions (marché, banques, entreprises, etc.).

Ce groupe peut attirer les électeurs des classes moyennes qui commencent à être impactées par la crise économique et sociale. Il peut également attirer les électeurs qui ressentent le besoin d’un État fort, protecteur, actif et non soumis. Il est fort probable que l’électorat de gauche aura moins de mal à se rassembler derrière ce groupe de candidats, au moment des élections, que derrière les candidats du premier groupe.

L’attente des électeurs porte donc sur un changement du système économique, social et politique et si la gauche française veut remporter l’élection présidentielle de 2012, il est indispensable qu’elle montre, clairement et sans ambigüité:

  • qu’elle a compris la nécessité de changer, en énonçant clairement un diagnostic de la situation
  • qu’elle est d’accord avec l’objectif économique, social et politique du changement,
  • qu’elle est capable de mener ce changement, en un mot qu’elle est la seule force politique légitime pour mener ce changement.

Ça n’est qu’à ce prix là qu’elle obtiendra la confiance du plus grand nombre des Français.

À ce stade, il me paraît évident que le premier groupe de candidats ne correspond pas du tout à ces exigences. Je l’élimine donc. Reste à faire un tri entre les trois candidats du second groupe.

Pour que je leur fasse confiance, il est indispensable que dans leur discours je trouve des réponses aux questions suivantes :

  • Pourquoi changer ?
  • Qu’est-ce qui doit changer ?
  • Comment allons-nous nous y prendre pour changer ?
  • Comment allons-nous faire face aux résistances au changement qui tenteront de faire obstacle à l’atteinte de notre objectif de changement ?

Il est remarquable que seule Ségolène Royal, sur l’ensemble des thèmes qu’elle aborde tout au long de sa campagne pour la primaire, dans ses interventions médiatiques ou lors des meetings, répond chaque fois à ces quatre questions. Arnaud Montebourg et moins systématique. Il oublie parfois, notamment sur son projet de VIe république, d’être plus explicite, plus accessible. Martine Aubry n’est pas rompue à cette discipline et a un peu trop tendance à faire appel à l’affect plutôt qu’à une explication rationnelle. Cela peut lui jouer des tours, notamment lorsqu’elle parle de justice, quand on garde en mémoire le fait que elle n’a pas hésité à négliger la relaxe de Georges Frêche sur les accusations de racisme ou qu’elle qu’elle a pris le parti de Guerini contre Arnaud Montebourg en refusant d’examiner les preuves qu’il avait joint à son enquête.

Il est important, pour convaincre le plus grand nombre de Français de la capacité de la gauche à conduire le changement auquel ils aspirent , que les leaders politiques fassent preuve de qualités qui motivent profondément les Français à être acteur du changement.

En particulier il est indispensable que les candidats ne se montrent ni méprisants ni imprécis et qu’ils fassent preuve d’une volonté réelle de confiance dans la capacité des citoyens à participer à la recherche de solutions. Cela implique nécessairement que les candidats doivent maîtriser parfaitement une grande capacité d’écoute, de clarification des inconnus, d’intégration active des citoyens dans le processus de changement  , de mise en lumière de la pertinence du changement par l’explication  , sans méthode Coué, langue de bois, propagande ou prosélytisme. Ce sont les seuls comportements qui convaincront les électeurs de la pertinence du projet de changement .

Il est également indispensable que les candidats pour l’élection présidentielle soient des personnes reconnues, pour: leur expérience de terrain, leur ténacité à prendre en compte l’avis des citoyens et à élever de véritables contre-pouvoir à la toute puissance de l’argent  , leurs prises de positions et leurs actions antérieures sur des sujets où des problèmes ayant trait aux préoccupations des Français (le chômage , l’emploi ,la santé et la qualité des soins , le pouvoir d’achat  ), identifiées comme des personnes honnêtes et légitimes pour piloter le processus de changement.

Martine Aubry, qui s’appuie essentiellement sur son réseau d’élus locaux et son état-major du parti socialiste, ne fait pas preuve d’une grande capacité à prendre en compte l’avis des citoyens, à les intégrer dans la discussion sur la recherche de solutions. Je n’ai pas non plus connaissance d’une quelconque mise en œuvre d’un processus participatif de la part d’Arnaud Montebourg. Dès lors, je m’interroge sur leur capacité à générer une prise en charge de certaines actions de changement par les citoyens. Le peu que j’ai lu sur le projet de VIe république d’Arnaud Montebourg ne dénote pas, non plus, d’une volonté d’établir une république dans laquelle les citoyens se verraient réinvestis de pouvoirs de contrôle, de suggestions, etc.

Au final, Arnaud Montebourg et Martine Aubry, s’ils ont compris la nécessité d’un changement radical des axes économiques, sociaux et politiques de notre société, et semblent adhérer à cette idée, ne semblent pas avoir passé le cap du diagnostic pour en arriver à des propositions de solutions concrètes et détaillées.

Compte tenu de la situation actuelle et de la nécessité qu’il va y avoir, dès le lendemain de l’élection présidentielle, de mettre en place très rapidement des mesures législatives et règlementaires drastiques, cette impréparation pourrait être préjudiciable à la mise en œuvre du changement attendu par les Français.

C’est pourquoi, j’ai décidé de soutenir Ségolène Royal qui me semble bien plus prête à l’action volontariste, immédiate ( parce que concertée et préparée avec les citoyens français).

De fait, elle est la seule à pouvoir très vite générer une dynamique de changement en s’appuyant sur la base de la pyramide sociale française. Indépendante et soumise à aucun lobby ni à aucun appareil politique, elle est la plus à même de réaliser le rassemblement nécessaire à une œuvre commune car elle ne devra pas, en même temps qu’elle négocie avec d’autres forces politiques, préserver les intérêts de son parti politique.

Elle saura être intransigeante quand il le faut et faire preuve de beaucoup moins de complaisance vis-à-vis de ceux qui feront de la résistance au changement et de ceux qui ont annexé les pouvoirs de l’État.

Elle est, de loin, la candidate la mieux préparée à exercer une gouvernance de l’État et à apporter des solutions rapides et efficaces, grâce à l’expérimentation qu’elle a pu mener dans la région qu’elle préside.

Si, comme moi, vous voulez une présidente la république entièrement engagée dans le projet de changement socio-économique et politique de la nation française, créative, pragmatique, à l’écoute des Français, prête à partager le pouvoir avec les citoyens – et non à l’annexer au profit d’un clan- parfaitement préparée à piloter les changements nécessaires pour que nous puissions tous connaître un meilleur présent et un avenir florissant, je vous engage à aller voter massivement pour Ségolène Royal !

Sources : la Dépêche ; Sarkofrance ; Libération ; Politis; le Monde ; le Nouvel Obs ; Blog de campagne de Ségolène Royal ; la Tribune; Sondages en France

Le licenciement boursier, explication de texte

1 octobre 2011 § Poster un commentaire

Parmi les idées clés de Ségolène Royal , candidate à l’élection présidentielle de 2012, figure une mesure clé : le licenciement boursier.
Il est dommage que certains, aujourd’hui 1er octobre 2011, prétendent encore que cette proposition correspond à la réinstauration du licenciement administratif ou bien qu’elle est inutile puisque la loi sur le licenciement économique  prévoit déjà de sanctionner les entreprises qui rentrent dans le cas de la proposition de Ségolène Royal.

C’est soit faire la démonstration qu’on n’a absolument pas lu le projet de loi de Ségolène Royal et/où qu’on connaît très mal la définition du mot économique tel qu’elle est donnée dans l’article L1233-3 Modifié par LOI n°2008-596 du 25 juin 2008 – art. 5 du code du travail. Car en aucun cas, le projet de loi de Ségolène Royal ne restaure le licenciement administratif tel qu’il existait avant sa suppression par le gouvernement Chirac, en 1986. et il n’entre absolument pas dans les cas ciblés par la loi sur licenciement économique.

Entre nous soit dit, je trouve extrêmement malheureux pour les 5 millions de chômeurs que connaît actuellement la France, qu’après l’alternance – qui a permis à Jacques Chirac et à son gouvernement de supprimer le licenciement administratif – Lionel Jospin et son équipe gouvernementale n’aient pas réinstauré l’obligation d’un contrôle administratif avant tout licenciement. Cela aurait évité bien des délocalisations, bien des chômeurs, et aurait été un premier pas pour freiner la mainmise des comptables et financiers sur la gestion des entreprises. Il est intéressant de constater que les mêmes ( leaders syndicaux et leaders du PS de l’époque ) qui ont livré les salariés à l’ultralibéralisme, qui entretiennent la confusion entre la proposition de Ségolène Royal et le licenciement administratif ou économique…

Alors, pour leur ouvrir les yeux et les oreilles, je leur conseille d’écouter attentivement l’explication que donne Ségolène Royal, lors de l’émission Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ,  de ce qu’elle nomme le licenciement boursier et des raisons pour lesquelles elle veut faire voter cette loi. Ils constateront comme moi qu’à part si on considère que la Justice est une administration, il n’est en rien, et à aucun moment, question de faire trancher le litige administrativement.

Ségolène Royal ,lors du dernier meeting à Toulouse  , illustre que la solution qu’elle propose est une réponse à un constat partagé par toutes les personnes qui travaillent dans le domaine du salariat, de l’emploi, de l’entreprise, du droit du travail :

« Il y a une accélération de la destruction de l’emploi … Il y a une accélération des délocalisations, une accélération de ce qui est le plus nocif dans la mondialisation, et partout sur le territoire, des entreprises sont en train de mourir en silence, des salariés sont laissés sur le carreau … Il faut absolument changer les règles du jeu de ce système financier qui marche sur la tête, qui broie les salariés et la valeur travail … Il y a des autorisations de licenciement pour les licenciements économiques, il y a des autorisations de licenciement pour les mutations technologiques, eh bien, demain avec moi, il y aura des autorisations indispensables pour empêcher les licenciements boursiers« 

L’exemple de l’usine toulousaine de composants électroniques Freescale – qui va supprimer 821 emplois d’ici fin 2011, alors que cette entreprise a un carnet de commandes, à court, moyen et long terme, qui justifie le maintien de 821 emplois, alors qu’elle réalise des bénéfices faramineux et distribue des dividendes juteux à ses actionnaires – est en cela un excellent exemple de cette catégorie d’entreprises qui ne sont pas incluses dans ce texte de loi mais qui s’y réfèrent pour licencier alors qu’elles font des bénéfices (et donc non pas de difficultés économiques) et veulent simplement augmenter les dividendes de leurs actionnaires. À la différence des cas prévus par la loi en matière de licenciement économique, dans le cas du licenciement boursier, les entreprises ne rencontrent AUCUNE difficultés économiques, mais par des jeux d’écritures comptables, des interprétations tortueuses de la loi actuelle, elles peuvent, en toute impunité, licencier des milliers de personnes, fermer des usines et détruire le réseau industriel français !

On le voit dans ce qui précède, lorsque Ségolène Royal  parle de licenciement boursier, il ne s’agit pas de ces entreprises désignées dans le code du travail (Article L1233-3 Modifié par LOI n°2008-596 du 25 juin 2008 – art. 5) qui licencient parce qu’elles rencontrent des difficultés économiques ou ont a faire face à des mutations technologiques. Il y a bel et bien un vide juridique qu’il est nécessaire de combler et c’est ce que Ségolène Royal propose de faire en promettant d’inscrire dans la loi le fait que toute entreprise qui fait des profits n’aurait plus le droit de licencier pour causes économiques.

En cela, Ségolène Royal connaît parfaitement la loi et ses lacunes et elle connaît également parfaitement la définition du licenciement boursier , communément admise dans les milieux de la finance. Ce qui ne semble pas être le cas de ses détracteurs qui prétendent qu’il existe déjà une jurisprudence amplement suffisante et qu’il n’est nul besoin de modifier la loi. C’est un fait que la Chambre sociale de la Cour de cassation,a jugé au moins(1997) que pour respecter la loi une réorganisation devait être « effectuée pour sauvegarder la compétitivité de l’entreprise et non en vue d’augmenter les profits ». Néanmoins il ne faut pas oublier qu’en France, pays où l’égalité de traitement devant la loi, et non devant la jurisprudence, est une obligation, seule la loi s’impose à tous alors que la jurisprudence reste une interprétation possible d’un texte de loi et, de ce fait, est laissée au bon vouloir des juges.

Ségolène Royal a donc raison de vouloir inscrire dans la loi l’interdiction des licenciements pour les entreprises qui ont en priorité pour objectif de privilégier le niveau de rentabilité de l’entreprise. Précision importante qui n’est pas intégrée dans l’actuelle loi sur le licenciement économique.
En résumé, la proposition Ségolène Royal vise un objectif :
Toute entreprise (maison-mère et filiales) , de plus de 250 salariés , qui ferait des profits ne pourrait pas licencier.

Cette interdiction de licenciements boursiers est complétée par la possibilité pour l’État de  rentrer à son capital, de demander le remboursement de toutes les aides publiques reçues et de racheter l’usine pour l’euro symbolique: «ce sera en tout cas très dissuasif».

Le projet de loi de Ségolène Royal répond à une exigence de SERENNITE et CELERITE. Il s’appuie sur un dispositif de concertation et non sur l’administration publique : la démocratie sociale, le dialogue sociale . En cela, il n’a rien à voir avec l’autorisation administrative de licenciement . Le processus et les acteurs en sont, du reste totalement différents.

Le processus se déroule en trois phases :

Phase 1: Validation entre dirigeants de l’entreprise et les représentants des travailleurs du motif de licenciement et de sa légitimité économique

Issue 1: après vérification conjointe de la situation économique et financière de l’entreprise les parties concluent qu’il ne s’agit pas d’un licenciement boursier => feu vert pour licencier.

Issue 2:  il y a désaccord entre les deux parties sur la légitimité économique du licenciement . Le processus rentre en phase 2.

Phase 2: désignation d’un expert indépendant
En cas de désaccord, les deux parties s’entendent sur la désignation d’un expert indépendant (ce qui se fait en Europe du Nord et Allemagne en cas de litige) qui va dire si, oui ou non, les licenciements sont boursiers ou non.

Issue 1: si expert conclue qu’il ne s’agit pas d’un licenciement boursier => feu vert pour licencier.

Issue 2: une des parties est insatisfaite du jugement de l’expert indépendant. Le processus rentre en phase 3.

Phase 3: C’est à la justice de trancher
Le juge applique la loi, dit le droit, et statue sur la question du licenciement.
A ce stade du projet, je ferai deux réserves importantes :

  1. Compte tenu de l’état de dégradation de la confiance des salariés vis-à-vis des représentants syndicaux, compte tenu du faible taux de syndicalisation en France, compte tenu du très faible des positions très souvent pro- patronales de certains syndicats, ce point du projet mérite d’être approfondi pour que réellement les salariés, y compris ceux qui ne sont pas adhérents à un syndicat, soit présents dès le début de la phase 1 du processus.
  2. Il est indispensable de préciser le domaine de compétence des experts qui interviendraient en phase 2. En effet, force est de constater que ces experts ne peuvent être que des experts-comptables, ces derniers sont malheureusement trop souvent ceux qui donnent des conseils de management et de gestion qui les entraînent à s’orienter vers un licenciement boursier. Il conviendrait donc que ces expertises soient faites par des équipes pluridisciplinaires constituées par des comptables, des spécialistes des conditions de travail, de l’organisation du travail, qui effectueraient un véritable diagnostic exhaustif et une analyse prospective de l’entreprise .

L’objectif de cette proposition de loi est clair : il s’agit tout simplement d’ interdire que des entreprises licencient uniquement pour augmenter le profit des actionnaires et de vérifier dès le début d’une procédure de licenciements qu’il ne s’agit pas de licenciements boursiers.

Non seulement ce projet de loi vient combler un vide juridique dommageable pour les salariés mais également pour l’économie du pays,  mais il introduit une nouveauté qui réside dans l’examen et le contrôle préalable de conformité à la loi d’une décision de licenciement. Cet examen ne correspond en rien à une résurrection de l’autorisation administrative de licenciement, parce que le contrôle préalable est fait par des experts qui vérifient la situation économique de l’ENSEMBLE de l’entreprise ( maison mère + filiales) et parce que ce n’est pas l’inspection du travail qui tranche mais la justice et qu’elle fait à l’issue d’un dialogue social.

Ce projet n’offre certainement pas la protection maximale que celle que garantissait l’autorisation administrative de licenciement. Il est regrettable qu’à l’issue de la deuxième cohabitation certains socialistes n’est pas jugé bon de réintroduire cette autorisation dans le code du travail. Il est cependant choquant de voir que ces mêmes socialistes, au bout de 25 ans de ravages social, économique et humain se permettent de considérer avec mépris la seule proposition qui qui empêcherait les salariés d’être laminés par la recherche permanente d’encore plus de profits, au prétexte que c’est Ségolène Royal qui l’a fait.

Sources:  LégiFrance ; TF1 ; le Point ; Edubourse ; CT2E; force citoyenne 94

Primaire socialiste: C’est déjà ça…

16 septembre 2011 § Poster un commentaire

Prétendre, comme le fait Harlem Désir, que le débat qui a eu lieu hier soir sur France2, avec la participation des six candidats à la primaire socialiste, a été “grande soirée de télévision et de politique”, est un peu exagéré. Malgré tout, je suis assez contente de constater que cette émission a été regardée par 4,9 millions de téléspectateurs (ce qui représente une audience moyenne de 22% du public présent devant la télévision jeudi soir). Bien entendu, ces chiffres ne disent pas

  • si les téléspectateurs ont apprécié ou pas la prestation de chaque candidat,
  • si ,à l’issue de cette émission, ils ont été convaincu par les arguments des uns et des autres ou d’un candidat particulier,
  • ni, bien évidemment, pourquoi ils ont décidé de regarder l’émission.

Ceci étant, on peut tout de même supposer que, compte tenu du large choix d’émissions sur la TNT à cette heure-là,  ces 4,9 millions de téléspectateurs ne sont pas restées devant leur téléviseur parce qu’il n’avait pas mieux à faire ou à voir… Espérons, comme le fait Françoise Fressoz, journaliste au « Monde, que l’émission aura suscité « une forte envie de connaître le projet des socialistes. Et donc un appétit pour l’alternance« 

Je rejoins totalement Renaud Dély lorsqu’il affirme  :

« Le Parti socialiste a réussi hier soir un formidable exercice démocratique … la leçon de civisme du PS : elle a le mérite de contribuer à corriger les tares du césarisme plébiscitaire intrinsèque à la nature même la Ve République. »

Au final, il semble que les seuls déçus par cette émission soient :

Alors bien sûr, à l’issue de ce débat, certains partisans infantiles de chaque candidat, confondant, comme certains journalistes d’ailleurs, débat d’idées et matchs de boxe, ont sauté comme des cabris en tous sens, criant à qui voulait les entendre que le vainqueur du débat était… Il en fut même certains qui , pour tenter d’étayer leurs assertions, se sont appuyés sur des pseudo statistiques dont, comme le démontrent parfaitement Intox 2007, on ne peut tirer aucune conclusion analytique , et qui ne permettent pas de « dire qui a gagné dans ce truc.  »

Pour ma part, si j’ai regretté la forme inintéressante de cette émission – qui, dans sa première partie, réduisait le rôle des candidats à celui de postulants à un emploi auquel on demandait de faire une lettre de motivation (introduction de l’émission) puis de passer devant un grand jury de journalistes (comme si c’était les journalistes qui avaient seuls le droit de débattre avec les candidats) – j’ai très nettement apprécié le débat entre tous les candidats. Car c’était  la mieux à même de nous permettre, en tant qu’électeur, d’observer le comportement des candidats, tout en prenant connaissance de leurs différents points de vue.

En les écoutant, je cherchais à mieux connaître leurs capacités à résoudre démocratiquement – et non bureaucratiquement – les graves problèmes auxquels certains d’entre nous sont confrontés actuellement et que le plus grand nombre rencontrera dans un proche avenir si des solutions – innovantes, efficaces, supportable financièrement par l’ensemble des citoyens français– ne sont pas rapidement et intelligiblement proposées à notre choix.  C’est au travers de ce filtre de la « capacité à résoudre des problèmes sans en générer de nouveaux  et en recherchant constamment l’intérêt général », qui caractérise les qualités essentielles de la personne que j’envisage d’élire à la plus haute fonction de l’Etat  que porte l’évaluation des candidats qui suit.

Intelligibilité et cohérence des propos tenus

Il ne faut pas perdre de vue que cette émission a été regardée par un grand nombre de concitoyens qui ne passent pas leur journée ou leur temps libre à étudier, dans le détail , la vie et l’œuvre des candidats présents sur le plateau. Mais ils ne sont pas décérébrés et désinformés pour autant. Il était donc important que les propos tenus soient intelligibles et cohérents avec ceux tenus précédemment par les candidats.

À ce niveau, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Ségolène Royal devance de très loin Martine Aubry et François Hollande.

Lorsque David Pujadas demande si l’on pourra restaurer la retraite à 60 ans pour tous, Martine Aubry répond :

«Nous n’avons pas dit que nous ramènerions la retraite à 60 ans pour tout le monde, c’est de la caricature. »

Sur un sujet , qui a mobilisé des millions de manifestants s’opposant à la réforme des retraites, il eût été plus judicieux de Martine Aubry se souvienne qu’en juin 2010 elle l’avait bien dit  que les socialistes, une fois au pouvoir ramèneraient la retraite à 60 ans pour tous ! Son affirmation d’hier est incohérente et peut très bien être perçu comme méprisante vis-à-vis de ses concitoyens qui eux se souviennent parfaitement de ses propos.

Sur le même sujet, François Hollande est encore plus incohérent et plus incompréhensible lorsqu’il prétend que le projet du PS n’est financé qu’en cas de croissance à 2,5 % et  lorsqu’il agite le risque de creuser les déficits si on veut rétablir la retraite à 60 ans pour tous. En cela non seulement il est très flou dans les arguments qu’il donne mais, et c’est nettement plus grave, il utilise le levier psychologique de la peur, manipulation qui est l’apanage de l’UMP.

Le même François Hollande s’est redouble d’incohérence et devient incompréhensible dans ses arguments sur le nucléaire. À l’issue de ses explications, on ne comprend absolument pas si il parle de réduction ou de sortie du nucléaire à l’horizon 2025… et on comprend encore moins de quelle manière il compte solutionner le problème énergétique. J’ai même eu l’impression qu’à ces yeux il n’y avait pas un si gros problème que ça.

Esprit démocratique, technocratique ou bureaucratique

Ce qui caractérise les technocrates, c’est leur aptitude à n’aborder un problème quand le noyant sous un verbiage incompréhensible et déversé sur l’auditoire à grande vitesse. Et ce, surtout quand ils n’ont aucune solution à proposer et/ou quand la solution qu’ils avancent va faire des remous qu’ils redoutent.

À de nombreuses reprises, François Hollande a présenté ce type de comportement. Assénant très souvent des approximations de façon péremptoire, en haussant le ton, en accélérant son débit de parole, il a cru probablement impressionner ses auditeurs. Mais s’il n’en reste pas moins que ses propos, notamment en matière de déficit financier, sont totalement vide de toute solution concrète:

  • « Hollande: Je dis les mots que j’emploie ».
  • « Hollande: Nous ferons ce que les disponibilités de la croissance nous permettront »
  • « Hollande: Donc il faudra soutenir la croissance en prenant des mesures » 

Même en lisant attentivement ces deux phrases, sans a priori, au calme, il est extrêmement difficile de leur trouver un sens compréhensible par le commun des mortels, et encore moins l’ébauche d’un embryon de solution.

Martine Aubry, Manuel Valls et Jean-Michel Baylet sont, eux, plus proche du langage bureaucratique qui se caractérise, tout le monde le sait, par la bonne vieille injonction « Y’a ka, Faut kon » jamais suivi de solutions concrètes :

  • « Baylet : « les PME françaises sont les moins exportatrices, il faut leur réserver 30 % de la commande publique » 
  • « Aubry : Il faut retrouver du courage politique. »
  • « Valls : il faut de la clarté sur notre système d’attribution des titres de séjour »

On le voit à la lecture de ces trois verbatim, l’auditeur reste sur sa faim et, faute de propositions de solution concrète, ne peut évaluer l’intérêt de la proposition qui lui est faite.

Ségolène Royal, et Arnaud Montebourg identifient le problème ET proposent des solutions.

  • « Royal  » ‘je veux mettre fin à l’hyperconcentration du pouvoir du président de la République »  (le problème : l’hyperconcentration du pouvoir du président de la république pose problème au fonctionnement de la démocratie)  « mieux répartir les compétences entre les différentes collectivités territoriales (la solution : on dit que les compétences entre les différentes collectivités territoriales)
  • « Montebourg sur les banques :  « Je préfère les mettre sous tutelle avant qu’elles ne nous mettent sous tutelle. » (Le problème : les banques vont nous mettre sous tutelle) « L’Etat entrera d’autorité au capital des banques, nous procèderons à l’interdiction de la spéculation avec l’argent d’autrui ».  (les solutions : entrée au capital des banques et interdictions de spéculer avec l’argent d’autrui)

Voilà, vous l’aurez compris, si, comme moi, vous comptez déléguer vos pouvoirs de citoyen à un chef de l’État qui saura innover en mettant en place des solutions qui ne sont pas celles que ses prédécesseurs appliquent depuis des décennies (avec le peu de succès que l’on connaît), si vous voulez que ce chef de l’État énonce clairement ce qu’il conçoit bien, à fin que vous puissiez contrôler sans difficulté qu’il tient bien les promesses qui nous a faites , ça  n’est ni vers François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls ou Jean-Michel Baylet que votre choix doit se porter.

Ils n’ont, malheureusement pour eux, pas les compétences nécessaires pour, en période de crise, orienter notre pays vers un avenir prometteur.
Le premier parce que , au final, il n’est que le portrait passe-partout de ces hommes et femmes politiques, férues de stratégie ( culture?) politicienne, dont le seul but est de faire prévaloir leurs propres intérêts ou celui de leur caste, et les trois autres parce que sans être aussi traditionaliste et conservateur que le premier, ils planent bien trop haut dans le système pyramidal, qui étouffe la grande masse des citoyens, pour avoir encore une once de savoir pratique susceptible de les faire agir dans l’intérêt du plus grand nombre. Le pire, ce qui les rendrait presque sympathique, c’est qu’en toute bonne foi ils se prévalent de valeurs qui sont contredites par l’observation de leurs actions et comportements.

Conclusion
A ce stade des débats, on ne peut vraiment dire si les arguments, plus ou moins fondés et vérifiables, qui ont été avancés par les participants à ce débat télévisé sont de nature à modifier l’opinion de la grande majorité des Français sur les programmes des uns et des autres. Cependant il est évident qu’un tel débat a permis à un grand nombre de téléspectateurs de s’intéresser au processus de la primaire qui aura lieu en octobre.
C’est déjà ça…

Sources : site d’Harlem Désir ; Reuters ; Le Monde ; le Nouvel Obs ; Richardtrois ; Gabale ; Intox 2007 ; le Figaro

 

PS Bouches du Rhône : Il y a des jours comme ça ou quand ça veut pas, ça veut pas.

10 septembre 2011 § Poster un commentaire

La mise en examen, jeudi 8 septembre, du sénateur socialiste et président du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean Noël Guerini vient mettre un peu de piment dans l’insignifiante campagne pour la primaire menée par Martine Aubry et François Hollande.

En effet, au fil des charges, retenues par le juge marseillais, contre Jean Noël Guerini et du peu de cas que la direction du Parti Socialiste a fait du rapport d’Arnaud Montebourg, on est en droit de se demander à quel titre Jean Noël Guerini a pu bénéficier de l’inaction de François Hollande et de la bienveillante clémence de Martine Aubry.

Jean Noël Guerini – sénateur depuis le 1er octobre 1998 et président du conseil général des Bouches-du-Rhône depuis août 1998 – est soupçonné par la Justice de notre pays de « prise illégale d’intérêt, association de malfaiteurs en vue de réaliser un trafic d’influence » ainsi que de malversations présumées touchant à des marchés publics et impliquant son frère Alexandre. Cette mise en examen s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur l’exploitation présumée frauduleuse de décharges, ainsi que sur l’obtention de marchés auprès de collectivités par des sociétés soupçonnées de blanchiment et de liens avec le banditisme 

Un malheur n’arrivant jamais seul, on apprenait ce vendredi soir qu’un adjoint au maire de Berre-L’Etang, dans les Bouches-du-Rhône, Raymond Bartolini, avait été mis en examen et écroué à Marseille dans le cadre d’un dossier de blanchiment touchant à des marchés publics instruit parallèlement à l’affaire Guerini.

Sans préjuger de la présomption d’innocence de ces deux « élus de la république », on peut tout de même s’interroger sur les fortes présomptions d’entente illicite, lors des appels d’offres lancées concernant les marchés relatifs aux déchets attribués en Provence-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon.

Surtout lorsqu’on apprend que le 7 septembre dernier, le président socialiste du syndicat d’agglomération nouvelle d’Ouest Provence, Bernard Granié, a été condamné par la cour d’appel d’Aix à deux ans de prison ferme, 100 000 € d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour corruption dans le cadre d’un marché public de collecte de déchets.

3 élus socialistes accusés de ne pas respecter les règles relatives aux marchés publics, dans la même région, vous avouerez que ça commence à faire beaucoup et qu’on n’est pas loin de penser qu’il y a là un système bien rôdé visant, notamment en matière de collecte de déchets, a abuser de son statut d’élu pour mener des affaires financières un peu glauques.

De fait, on peut se demander légitimement si, Benoit Hamon, le porte-parole du parti socialiste, n’oublie pas quelques “détails de l’histoire” lorsqu’il déclare à l’antenne de la chaine  i>Télé

« L’UMP cherche à  faire de l’affaire Guérini un dossier qui embarrasse le PS« .

Malheureusement je crois que depuis 10 ans le PS a TOUT fait pour être embarrassé par cette affaire sans l’aide de personne!

Il est probable que l’UMP-FN se réjouit fort de constater que Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste depuis sa nomination contestée à cette fonction le 26 novembre 2008, se retrouve avec trois élus socialistes de la même région devant répondre devant la Justice d’accusations de corruption, de blanchiment d’argent sale, de prise illégale d’intérêts ou de trafic d’influence…

Il est également fort probable que l’UMP-FN n’a certes pas oublié qu’avant Martine Aubry, c’était François Hollande qui, depuis le 27 novembre 1997, occupait la fonction de dirigeant du Parti Socialiste et qu’un système de corruption, telle qu’il apparaît  au fil des mises en examen et des procès, ne peut en aucun cas avoir été mis en place d’un coup de baguette magique. Pour qu’un tel système s’installe et fonctionne il faut au bas mot une bonne dizaine d’années…. Un tel système ne peut s’installer à l’échelle d’une région avec la complicité silencieuse de l’ensemble des élus socialistes. Il y a donc eu nécessairement, au moment où François Hollande était à la tête du parti socialiste, des alertes émanant d’élus locaux. Alertes dont il n’a pas tenu compte manifestement.

Très naturellement, comme l’a fait  à juste titre l’état-major du Parti Socialiste depuis 2007 pour chaque affaire judiciaire impliquant un membre de la majorité gouvernementale, l’UMP-FN ne saurait se priver, à l’aube des campagnes pour l’élection présidentielle et pour les élections législatives, d’exploiter les faiblesses, pour ne pas dire le laxisme, des deux successifs premiers secrétaires du Parti Socialiste. Il y a là une opportunité formidable pour eux de s’exonérer de débat de fond et d’un bilan calamiteux.

De la à clamer partout, comme le font Jean Noël Guerini et Benoît Hamon, qu’il y a machination et à sous-entendre que la Justice et les juges qui mènent l’enquête le font sur ordre du gouvernement… C’est aller bien trop loin et ne pas vouloir, une fois de plus se remettre en cause. C’est faire de la communication a bon compte en oubliant que les électeurs ne sont pas dupes.

C’est oublier un peu vite que depuis plus d’un an, au sein même du parti socialiste, une alerte avait été donnée concernant les agissements de Jean Noël Guerini. La direction du PS était-elle trop occupé à prendre le pouvoir et à placer ses pions pour entendre cette alerte?

C’est oublier que cette alerte lancée à Martine Aubry, dès le mois de juin 2010, n’a été examinée par le bureau national du Parti Socialiste que le 8 mars 2011. Pourquoi un tel délai ?

C’est oublier également qu’après avoir longtemps prétendu qu’elle avait perdu ce rapport Montebourg, Martine Aubry a déclaré qu’il n’y avait rien dedans et qu’elle a refusé de lire les preuves étayant ce rapport qui lui ont été envoyé par la suite. Il serait bon que Martine Aubry nous explique pourquoi, d’emblée, elle n’a pas voulu croire le député Montebourg qui, ayant mené une enquête pour l’Assemblée Nationale sur le sujet de la corruption, est de loin au parti socialiste le plus à même de détecter rapidement un système corrompu. Pourquoi Martine Aubry a-t-elle refusé de prendre connaissance des preuves étayant le rapport d’Arnaud Montebourg ?

C’est oublier le cynisme avec lequel François Lamy, le bras droit et homme à tout faire de Martine Aubry, a renvoyé Arnaud Montebourg « soutenir les candidats aux cantonales. Ce n’est pas responsable de mettre en cause une fédération sur la base d’affirmations péremptoires». Étrange comportement de François Lamy qui enjoignait le député de Saône-et-Loire d’aller soutenir les candidats aux cantonales de mars 2011 alors qu’il était notoirement connu qu’aux élections régionales de mars 2010  la Fédération et le Conseil général des Bouches-du-Rhône avait mené un boycotte non dissimulé de la campagne du Président de Région, sans qu’il ne reçoive aucune injonction de la part de Martine Aubry ou de François Lamy. Pourquoi ce deux poids deux mesures, dans quel intérêt  pour le Parti Socialiste ?

C’est enfin oublier le “cautère sur une jambe de bois” qu’a représenté le rapport d’Alain Richard et l’innocuité des mesurettes qui l’ont suivi… Réduire la taille des sections en laissant à leur tête ceux-là mêmes qui ont contribué au fonctionnement du système Guerini, c’est tout faire pour que le système continu à fonctionner. Reconnaître, comme le fait Alain Richard dans son rapport de contre-enquête que « Plusieurs des affirmations énoncées dans ce rapport » ne sont pas « dénuées de tout lien avec la réalité »  et ne rien trouver à redire au « système » Guerini, c’est pour le moins démontrer qu’on fait soi-même partie d’un système un peu glauque. Pourquoi si peu de changements alors que la situation était gravissime?

Autant d’incompétence, de mesquinerie, de petites cuisines électorales, de calculs politiciens, en un mot de laxisme dans le traitement de questions fondamentales qui impactaient les valeurs  d’honnêteté, de respect des finances publiques, de respect des statuts mêmes du Parti Socialiste, de respect des citoyens et des électeurs, ne peut passer inaperçu aux yeux de l’UMP- FN et encore moins aux yeux des électeurs de gauche.

C’est soit faire preuve d’une grande naïveté, soit faire preuve d’un profond mépris pour les électeurs de gauche que croire un seul instant :

  • que la direction du Parti Socialiste sera suivie par les électeurs de gauche dans l’affirmation de son porte parole qu’il ne s’agit, dans l’affaire Guerini, que d’une manœuvre politique
  • qu’il lui suffira d’argüer de la présomption d’innocence pour ne pas avoir à répondre de sa façon de gérer ce dossier, qui ne touche pas seulement Jean Noël Gerini mais une bonne partie des élus socialistes des Bouches-du-Rhône

Et quand je constate que Georges Frêche a été exclu très vite du parti socialiste, sans attendre que la justice le lave de toutes les accusations de propos racistes dont on l’avait affublé à tort, et que, alors que dans l’affaire Guerini ou l’on parle, excusez moi du peu, de crime pénale , d’association de malfaiteurs, de détournement de fonds publics, – comme dans l’affaire DSK ou l’on parle de viol-  Martine Aubry met en avant la présomption d’innocence,  j’en viens à me demander si les valeurs d’équité, de probité, qu’on peut attendre de socialistes, ne sont pas jetées par-dessus la jambe par certains d’entre eux, lorsqu’il s’agit de préserver un soutien électoral régional ou d’en abattre un autre.

Quand , en plus, je lis des articles de journalistes et d’internautes qui soutiennent François Hollande ou Martine Aubry, où l’on s’offusque qu’on ose mettre en doute l’efficacité, le sens des priorités, la réactivité de leurs « héros », où l’on semble découvrir que les adversaires politiques du Parti Socialiste ne sont pas suffisamment idiots pour ne pas aller chercher les « petits secrets cachés sous le tapis » des oligarques su PS, je me demande si vraiment ces gens-là pensaient sincèrement accéder au pouvoir simplement en nous berçant de promesses, en nous abreuvant des valeurs de la gauche sans jamais nous en donner l’exemple ou en nous assénant des concepts ésotériques tels que le « care » ou le « candidat normal ».

Que Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon dérangent l’oligarchie socialiste se comprend mieux au vu du décalage entre les ronrons feutrés de salonards teinté de bureaucrates, coupés de la rudesse du terrain, persuadés que, de guerre lasse, les électeurs français les préfèreront à la droite gouvernementale et frontiste sans qu’ils n’aient à faire la preuve qu’on pouvait leur confier la remise en marche d’un pays ravagé par 10 années de libéralisme effréné.

Parler vrai, traiter rapidement les problèmes lorsqu’ils se présentent, agir pour le bien commun et non pour manœuvrer un appareil à son seul profit, démontrer chaque jour ses compétences réelles à maitriser des problématiques complexes en gardant en tête des valeurs républicaines et humaines semblent, à l’heure actuelle, hors de portée de Martine Aubry et de François Hollande.

Je pense même que l’inaptitude à gouverner dont ils ont fait preuve au travers de l’affaire Guerini est un handicap profond pour les campagnes présidentielles et législatives à venir. Et c’est extrêmement  préoccupant pour la suite des évènements car la mobilisation massive des électeurs de gauche au second tour est très compromise, à cause du comportement de François Hollande et de Martine Aubry dans le cadre de l’affaire Guerini qu’ils n’ont pas empêché à temps d’éclater.

Sources : le Figaro ; le JDD ; 20minutes ; Le Monde ; Sud-Ouest; Rue89 ; PS 13 ; Marsactu ; l’Express ; le Nouvel Obs

Jack Lang, s’immisce dans la campagne de la primaire socialiste. A quel titre?

8 septembre 2011 § 1 commentaire

Jack Lang n’a pas aimé les propos de Ségolène Royal concernant François Hollande et Martine Aubry que le journal le Figaro rapporte, en faisant croire que c’est au cours d’un entretien que la candidate à la primaire socialiste aurait accordé au Figaro (verbatim: “ assure Ségolène Royal au Figaro”. ).

Outre le fait que Ségolène Royal n’a pas accordé d’interview officielle au Figaro  et que, par conséquent, les propos rapportés ne peuvent être que des propos tenus en privé, hors du cadre de la campagne électorale, je trouve particulièrement déplacé que Jack Lang se permette de stigmatiser les propos attribués à Ségolène Royal.

D’abord parce qu’il me semble que le PS s’est doté d’une « Haute Autorité » – composée de trois membres (Jean-Pierre Mignard, Catherine Barbaroux et Rémy Pautrat) – chargée du bon déroulement de la primaire, dont J/Lang ne fait pas parti .  A quel titre Jack Lang  vient-il se positionner en juge arbitre des propos tenus (ou prétendument tenus) par Ségolène Royal en particulier?

Si telle est son ambition, autant qu’il fasse le travail correctement. Ce qui semble à ce jour n’être pas le cas :

En effet, pas plus tard que mercredi soir, à Toulouse, Martine Aubry ne s’est pas privée de mener une charge violente contre François Hollande et son indécision légendaire !

Et ça n’était pas la première fois.
Le 28 août, abordant la maire de Lille est néanmoins candidate à la primaire socialiste ne cachait pas son profond regret de l’inertie de son prédécesseur à la tête du PS concernant la fédération des Bouches-du-Rhône.

Puisque Jack Lang semble à court de sujets qui lui permettent d’exposer son bronzage et son brushing – immuable et impeccable- devant les caméras, je lui signale également qu’il pourrait englober dans son “indignation” les propos d’Arnaud Montebourg concernant le laxisme de Martine Aubry envers Jean Noël Gerini

Il peut également rappeler à l’ordre  André Vallini qui a estimé que ces attaques étaient « un aveu d’irritation, d’exaspération » et, en quelque sorte une réaction de mauvais perdants…

Comme on peut le constater au travers de ces quelques exemples, et n’en déplaise aux médias et politiciens qui aimeraient bien, comme en 2007, nous faire croire que Ségolène Royal est une personne qui divise les socialistes, force est de constater qu’elle n’est pas la seule.

Il faut être un peu benêt ou totalement fanatisé pour penser ou croire que dans un parti politique de la taille du Parti Socialiste il n’y a aucune division, aucun courant, aucune différence entre les candidats à la primaire socialiste.

Il y a même une certaine malhonnêteté intellectuelle à ne clouer au pilori que les propos d’une candidate et à oublier que les autres candidats tiennent des propos tout aussi « critiquables ».

Je ne saurais donc trop conseiller à M. Lang et aux médias qui seraient tentés de jouer à ce petit jeu de se méfier des retombées que cela pourrait représenter pour eux. Il me semble qu’avant de se poser en parangon de vertu, ils seraient tous mieux avisés de vérifier leur source et de ne pas s’en prendre uniquement aux candidats qu’ils ne soutiennent pas.

Quant à M. Jack Lang, je comprends qu’il s’indigne ( lui-même n’ayant pas un palmarès extrêmement brillant politiquement)  qu’on puisse se demander d’un homme politique quel bilan concret de 30 années de mandats électifs il peut présenter. C’est une démarche on ne peut plus citoyenne et responsable que de le faire. Pour le paraphraser c’est une saine démarche puisqu’il n’y a « pas mort d’homme ».

Ceci dit, que l’interrogation provienne réellement de Ségolène Royal ou qu’elle soit issue du cerveau fécond d’un journaliste du Figaro, à bien y regarder effectivement il me paraît extrêmement difficile, et ce non seulement en ce qui concerne le bilan nul de François Hollande  mais celui de bon nombre de nos politiciens et politiciennes, de répondre à la question:

« Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ? »

Pour ma part, et après avoir cherché désespérément toute la journée sur Internet, je n’ai trouvé aucun motif de satisfaction de l’action politique de François Hollande. Maintenir le PS pendant des années en état de mort chronique, réussir à prendre la tête du conseil général d’une région moribonde et ne pas donner à cette région une impulsion vivifiante n’est certes pas, à mes yeux, un bilan dont on pourrait se vanter. Ceci explique peut-être pourquoi Messieurs Lang et  Vallini préfèrent botter en touche et s’attaquer à Ségolène Royal plutôt qu’au bilan de François Hollande.

Sources : le Figaro ; Segorama ; le Monde; le Nouvel Obs ; L’Express; Le JDD; Ozap ; le Post ; le Parisien

Primaire socialiste : Débat or not débat telle est la question!

3 août 2011 § 1 commentaire

Un mois après le lancement de la campagne officielle de la primaire socialiste, il semble que si un programme a pu être élaboré, il reste encore énormément de questions qui se posent, notamment celle de débats télévisés entre les différents candidats à cette primaire socialiste.
Il y a quelques mois, les partisans de Dominique Strauss-Kahn ne voulaient pas de débat lors de la primaire socialiste , ce qui en dit long sur leur façon de concevoir une élection démocratique, et sur leur absence totale de volonté d’établir en France une démocratie réellement participative.
Mi juin, le conseil politique du parti socialiste a longuement hésité à accepter que des débats aient lieu pendant la primaire de cet automne.
Mi juillet, malgré les hésitations des uns et des autres, le patron par intérim du parti socialiste, Harlem Désir – désigné en contravention totale des statuts du parti socialiste – a déclaré que les débats télévisés entre les candidats à la primaire aurait bien lieu. Ce qui a donné l’occasion à Olivier Ferrand de proposer de co-animer ces débats en collaboration avec le Nouvel Observateur . ( compte tenu de la tendance « ultra libérale socialiste » et de leurs soutiens affichés à certains candidats, cette déclaration interpelle sur l’objectivité des animateurs…).
Le 25 juillet, Harlem Désir a apporté quelques précisions sur les différents débats qui auraient lieu . Et par la même, il nous a livré une conception du débat démocratique qui fleure bon le dirigisme.

« rien ne doit être fait dans ces débats qui puisse diviser, opposer les socialistes entre eux. C’est un débat qui permet aux citoyens de participer à un choix, pas un affrontement. »

Le débat « doit mettre en valeur les personnalités, leurs parcours, leur façon d’incarner et de porter le projet de changement » mais il y a une « priorité, parler au pays des propositions« 

Ce qui est extrêmement fatigant et inquiétant chez les dirigeants du parti socialiste, c’est leur fâcheuse tendance à remettre en question les textes votés par les militants, à être dans le déni des différences, et à refuser aux électeurs la possibilité de bénéficier d’informations leur permettant d’élaborer un choix fondé non sur la propagande mais sur leur propre réflexion.

Si on peut concevoir, sans s’offusquer, que lors de l’université de La Rochelle du 26 au 28 août, le parti socialiste tienne à maîtriser les contenus des différents débats au cours desquelles les candidats échangeront avec les militants socialistes, il est bien plus inquiétant de constater que la principale préoccupation du représentant du parti socialiste demeure de « parler au pays des propositions ». C’est confondre campagne pour la désignation d’un candidat de la Gauche à l’élection présidentielle et campagne pour l’élection présidentielle.

En effet, si le processus de la primaire se déroule tel qu’il a été accepté par les militants socialistes, ce n’est qu’en novembre que le projet, les propositions définitives, seront connus. Les propositions actuelles ne sont qu’un socle qui devra être enrichi lors des rencontres entre chaque candidat et les électeurs de la primaire, donnant ainsi naissance au projet définitif du parti socialiste et permettant, in fine, dit hier non seulement un candidat mais aussi un programme.

Il ne me semble pas que les débats réclamés, entre autre, par Ségolène Royal et Arnaud Montebourg aient pour but de vendre les propositions du PS, mais bien de permettre à chaque candidat de préciser comment il entend les mettre en oeuvre, les priorités qu’il donnera à chacune d’entre elles, les moyens qu’il utilisera et cela pour qu’on puisse le distinguer des autres candidats.

Pensant probablement utiliser comme atout de campagne la capacité supposée de sa première secrétaire à réunir son parti ( ce qui la placerait “d’office” comme un véritable leader « naturel »), ses soutiens disent craindre officiellement que ces débats donnent lieu à des joutes verbales très éloignées du fond du programme socialiste. Officieusement, je crois surtout qu’ils craignent que les différences fondamentales que chacun d’entre nous peut constater entre les candidats apparaissent trop clairement. Et ce, au détriment de la première secrétaire du parti socialiste, qui ne semble pas très à l’aise avec les médias. De la à vouloir éviter les débats télévisés pour ne pas désavantager la première secrétaire…

Le programme socialiste pour élection présidentielle de 2012, si il présente l’avantage d’être consensuel, présente l’inconvénient de rester très flou sur certains points clé qui constituent autant de différences importantes entre chaque candidat. Malheureusement pour le Parti Socialiste, c’est précisément sur ces différences que portent les attentes des électeurs et sympathisants de toute la gauche. Prétendre organiser une primaire ouverte à tous en présentant des candidats qui n’auraient aucune différence de projets seraient inexorablement vouer cette primaire à l’échec.

Il ne sert à rien, comme le fait que Claude Bartolone  de prétendre:

« Il y a peu de différences idéologiques entre les candidats. Du coup, chacun chercherait à se démarquer sur la forme, plus que sur le fond. »

Des différences idéologiques il y en a et il est important pour les électeurs que chaque candidat s’exprime sur ces différences. Car si les apparatchiks du parti socialiste veulent nous fourrer dans la tête qu’elles n’existent pas, il est grand temps qu’ils comprennent que les électeurs de gauche les perçoivent parfaitement (notamment sur: le nucléaire, la retraite à 60 ans, l’emploi des jeunes, le pouvoir d’achat,  le déficit , la mondialisation , le mode de gouvernance , l’ immigration , le budget de la culture , etc..). Il est grand temps qu’ils comprennent également que cette négation/minimisation des différences entre les candidats pourraient bien être perçues comme une insulte à l’intelligence des électeurs. Que diable, le Parti Socialiste craindrait il que ces candidats à la primaire ne laissent filtrer de façon trop apparente que leurs visions du Socialisme divergent ?

A trop vouloir faire croire aux électeurs que depuis l’arrivée de Martine Aubry les multiples courants qui traverse le parti socialiste depuis des décennies n’en forme plus qu’un (dont le seul objectif est de la faire élire ?), le PS risque fort de nous imposer des débats insipides, inintéressant et vide de sens.

En effet un débat se définissant comme une discussion sur un sujet, précis ou de fond, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions divergentes pour le sujet considéré , il entraine nécessairement des confrontations d’idées et un affrontement entre les « débatteurs ».C’est cette confrontation qui permettra au spectateur de trouver des points discriminants entre les protagonistes, d’élaborer sa propre idée et de faire son choix .

Dans ce sens, Harlem Désir n’a pas tout à fait compris les attentes des des électeurs de gauche en matière de débats lorsqu’il précise   » il y a une « priorité, parler au pays des propositions » . En confondant débat pour le primaire socialiste et débats pour l’élection présidentielle, débat d’idées et campagne de propagande pour recruter des supporters, il va à l’encontre de l’intérêt de la Gauche et renforce le sentiment que le Parti Socialiste est totalement déconnecté des besoins et attentes du pays.  Il ne reste plus qu’à espérer que les candidats auront assez de poids au sein des instances du PS pour qu’avant l’automne, cette confusion de mauvais goût soit levée.

En conclusion, limiter le débat à des rencontres entre les candidats et les militants socialistes lors de l’université de la Rochelle, serait faire preuve d’un esprit de clan préjudiciable par la suite, non seulement à l’élection primaire mais également à l’élection présidentielle et aux législatives. Oublier que ce ne sont pas seulement les militants socialistes qui votent lors de cette élection primaire, serait une grave erreur.

Vouloir faire d’éventuels débats télévisés une plate-forme de propagande serait faire preuve d’un mépris des attentes des électeurs qui ne présagerait rien de bon pour la suite des évènements. De même que ne pas vouloir participer à des débats, qui permettraient aux électeurs de mieux élaborer leur choix de vote, seraient faire preuve d’une absence totale de conscience démocratique.

Accepter que ces débats soient animés par des personnes dont les convictions politiques penchent très nettement vers un des candidats serait une injure irréparable, non seulement aux autres candidats mais également aux électeurs qui ont droit à des animateurs impartiaux. Ce serait également montrer à l’ensemble de nos concitoyens que dans ce domaine, le Parti Socialiste ne vaut guère mieux que la droite présidentielle.

J’engage donc les réfractaires actuelles et ceux qui tentent de dévoyer le fond de ces débats, à méditer sur cette phrase de Louis Blanc :

 » Ce qui effraie le plus dans les partis, ce n’est pas ce qu’ils disent, c’est ce qu’ils négligent ou refusent de dire  »

Sources : Jean-Marc Morandini ; Google ; Le Point ; Le Monde ; promesses d’avenir 49 ; Rue 89 ; le JDD ; Libération ; le Figaro ; Wikipédia ; Hyper débat

Sauver une nouvelle fois les banques, ça c’est fait!

22 juillet 2011 § Poster un commentaire

Un second plan de sauvetage  “ de la Grèce” vient d’être décidée lors d’une réunion des chefs de gouvernements membres de la zone euro euro. A l’heure qu’il est, j’ai acquis la conviction qu’il s’agit plus d’un plan de sauvetage des banques que de l’économie grecque!

En effet, si il nous est présenté comme un plan de sauvetage et de soutien à la Grèce,  comme un plan cruciale pour sauver la zone euro, il semble que l’objectif réel de ce plan soit d’attribuer, pendant 30 ans, une rente substantielle a des banques qui, par ailleurs, on est largement contribué à la faillite de la Grèce, de l’Irlande et de bien d’autres pays de la zone euro, dont la France.

il est d’ailleurs intéressant de constater que dans la résolution du problème financier de la Grèce, la communauté européenne a, au final, adopté la même démarche que celle mise en place en France, notamment lorsqu’un particulier est en situation de surendettement. Comme dans le cas d’un surendettement des particuliers, le négociateur a fait en sorte que les créanciers, dans la majorité des cas, ne perdent pas le moindre centime et que les taux d’intérêt qu’ils percevront, lors du remboursement échelonné de la dette, soit très nettement supérieures aux taux d’intérêt initiaux prévus dans le contrat de prêt.

C’est ce qui avait été prévu à l’occasion du premier plan de sauvetage de la Grèce, rendant quasiment impossible l’apurement de la dette. La nouveauté de la décision prise ce jeudi vient de l’intervention du fond de stabilité financière qui,en quelque sorte , va jouer le rôle d’un “racheteur” de crédit, prenant au passage son petit bénéfice financier.

Et donc, à l’issue de cette réunion, la Grèce est endetté pour 30 ans au lieu de 15 à un taux d’intérêt 3.5% au lieu de 4,5 %. Je n’ai pas encore effectué les calculs, mais de toute évidence si ce nouveau plan allège le montant des mensualités, il les prolonge pendant 15 années supplémentaires. Ce qui va amplement compenser, pour les créanciers, la baisse de 1 % du taux d’intérêt !

C’est précisément là que se trouve toute la duplicité des dirigeants de la zone euro qui, au prétexte officiel de soulager le peuple grec ,l’enchainent inexorablement – et pendant au  moins une génération-  au bon vouloir des banques !

Les mêmes banques qui, très souvent, sont clientes des agences de notation responsables de la dégradation de la situation économique des pays de la zone euro. Il y a là un cercle vicieux qui devrait être brisé si nous avions des dirigeants dignes de ce nom….

Mais agences de notation et banques échappent une fois de plus à des sanctions de la part des dirigeants de la zone euro, passant entre les gouttes d’une taxation des transactions financières ,alors que tous les citoyens européens, eux, sont de plus en plus taxés pour éponger les effets de la crise financière que les dites agences de notation et banques ont provoqué en 2008 .

Mieux encore, comme le souligne Jean-Luc Mélenchon, les dirigeants des banques ont participé, au mépris de toute règle démocratique, au conseil européen.

D’aucuns, comme Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Martine Aubry ce disent satisfaits de cet accord et, plutôt que d’en voir les effets désastreux pour le peuple grec, se gargarisent de gouvernance économique européenne…. Oubliant que des millions de personnes vont payer une dette dont elles n’ont touché ni le principal, ni les rétro commissions, ni les bakchichs!

D’autres, comme Jean Claude Gayssot, Jean-Luc Mélenchon et Ségolène Royal soulignent le caractère provisoire, laxiste et tendancieux de la décision du conseil européen.

Pour Ségolène Royal :

« … l’accord final reporte à plus tard les deux questions fondamentales pour l’avenir de l’Europe : la lutte contre la spéculation financière et la relance économique de la zone euro« ,

Pour Jean-Claude Gayssot:

« il faut prendre l’argent là où il est. Il s’échange par jour plusieurs milliers de milliards de dollars. Ne devrait-on pas les taxer un peu plus que le 0,1 % actuellement proposé ?”

Pour Jean-Luc Mélenchon :

En continuant d’appliquer le traité de Lisbonne, les dirigeants européens ferment toute issue à la crise.

Il est clair que les banques profitent largement, et depuis plusieurs décennies, de la bienveillance, pour ne pas dire plus, des dirigeants des pays et de ceux de la communauté européenne.

On peut même dire que la tendance amorcée en Europe au moment de la crise financière de 2008, qui a consisté à nationaliser les perte financière des banques privées, se confirme ce jeudi 21 juillet 2011.

De toute évidence, très loin de vouloir revaloriser le travail, créer des emplois, améliorer les salaires, nos dirigeants européens veulent privilégier la spéculation financière et semblent penser qu’elle est le seul moyen de permettre à des milliards d’individus européens de subvenir à leurs besoins.

De fait, banquiers et agences de notation ont acquis des pouvoirs exorbitants et il se confirme qu’ils sont en Europe, actuellement, les seuls et uniques décideurs, bien que n’étant pas élus démocratiquement !

Le constat s’impose : 

Avant on disait « heureux comme un  poisson dans l’eau » depuis jeudi  21 juillet on dit « heureux comme un banquier en zone euro! »

Sources: Libération; Sarkofrance; News Republique; Jean Luc Melenchon; Le Plus nouvelobs; Le Parisien; Paul Jorion

 

Propos de Luc Ferry: Dominique Paillé regrette le bon vieux temps.

1 juin 2011 § 2 Commentaires

Commentant les propos de Luc Ferry sur sur une affaire de mœurs étouffée il y a plusieurs années Dominique Paillé a dénoncé des propos «déplorables» . Il a, par ailleurs, regretté la fin d’une époque:

«On ne reviendra plus à la méthode d’avant, malheureusement, celle qui garantissait une certaine quiétude pour ce qui concerne la vie privée des hommes publics» .

A “la méthode d’avant” quand c’était le bon temps!

Et bien justement, tiens parlons en de la méthode d’avant… et surtout de celle de Dominique Paillé qui se pose aujourd’hui en donneur de leçon…amnésique.

Et donc Monsieur Paillé regrette le bon temps ou il pouvait se permettre de qualifier la présidente de la région Poitou-Charentes de « complètement illuminée » au « comportement délirant » dans un article à l’ex-candidate à la présidentielle intitulé « Ségolène Royal, folle du Poitou ? » du magazine Causette.

Avait-il des preuves de ses propos, une expertise quelconque pour se permettre de les tenir? NON! Il agissait ni plus ni moins, comme celui qu’il critique aujourd’hui….

Il regrette le bon vieux temps ou il qualifiait la même personne d’ « enfumeuse de première parce qu’elle raconte n’importe quoi » 

La non plus pas de preuve, que des propos insultants…

N’est ce pas lui qui avait traité un peu trop vite S.Royal de menteuse, au sujet de sa mission au PNUD , alors que le patron du PNUD a confirmé que S.Royal avait bien une mission au sein du PNUD…

Vous reconnaitrez qu’en matière de propos déplorables garantissant la quiétude … M.paillé est très loin de pouvoir se poser en donneur de leçon et que lui non plus n’hésite pas à travestir la vérité à sortir du champ stricte de la parole politique pour investir amplement celui de l’insinuation, de l’injure et de la désinformation. En cela, lui et Luc Ferry, comme énormément de gens de la droite UMP/FN , sont des orfèvres en la matière!

Le ridicule ne tue pas D.Paillé en est la preuve!

Sources: 20 minutes; Le Monde; Le NouvelObs

Ségolène Royal, Luc Ferry, Marrakech, Dominique Paillé, Moeurs

C’était un 21 avril, il faisait beau et certains tentaient de me persuader de « voter utile »

21 avril 2011 § 3 Commentaires

En lisant les derniers billets en date d’Intox2007  et de Melclalex  , je me suis souvenue de ce 21 avril 2002, du résultat du premier tour de l’élection présidentielle à l’issue duquel le candidat socialiste Lionel Jospin était éliminé , laissant en lice pour le second tour Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Ce qui revenait, de mon point de vue, a demander aux électeurs de choisir entre Charybde et Scylla, entre la peste et le choléra.

Je me souviens de la déplorable réaction de Lionel Jospin, prenant acte de ce résultat du premier tour et de mon soulagement en l’entendant, déclarer qu’il se retirait de la vie politique.

Car ce 21 avril 2002, j’en voulais à Lionel Jospin premier ministre, à ses successifs ministres des finances que furent DSK et Laurent Fabius, à des prétendues socialistes comme Pierre Mauroy, Jean-Pierre Chevènement,Martine Aubry, Élisabeth Guigou,  Marylise Lebranchu, d’avoir transformé le parti socialiste en un parti de centre droit, d’avoir sacrifié l’idéal humaniste (si tant est que ces gens-là l’aient un jour partagé) du socialisme initial au profit de l’idéal économique libéral.

Ce faisant, ils sont certes devenus d’excellents gestionnaires, mais ça n’était plus pour assurer à l’ensemble de la population une qualité et un niveau de vie épanouissant. C’était bien plus pour rassurer les marchés, favoriser la mondialisation et la dérégulation économique tout en essayant de maintenir une paix sociale absolument nécessaire pour que ces réformes profondes de notre société puissent se faire en toute opacité et sans demander l’avis des citoyens.

Alors certes, on peut mettre au crédit des gouvernements Jospin d’avoir mis en place les 35 heures sans perte de salaire, les emplois jeunes, des droits nouveaux du travail, le maintien des retraites, la CMU, l’APA, le PACS, la parité. On peut leur reconnaître d’avoir fait retomber le chômage sous la barre fatidique de 2 millions (tout de même) de chômeurs. On doit reconnaître, si l’on veut rester objectif que c’était qui a su équilibrer les comptes sociaux et qu’elle a mis en place une police de proximité dont l’action positive ne peut être niée.

Mais dans ce bilan, il ne faut pas oublier que le gouvernement Jospin a amputé la France d’une grande partie de son patrimoine et de ressources financières importantes en privatisant à tour de bras.

Privatisation des banques et assurances publiques ont été amorcées, facilitées, préparées par le gouvernement Jospin et sa majorité présidentielle. Il en va de même pour des secteurs comme l’énergie (EDF), les télécommunications et les multimédias (France Telecom et Thomson), la construction et le transport aérien (Airbus, Air France). Nous voyons, neuf ans après, en consultant la terrible augmentation permanente de nos factures, et en la comparant avec la stabilité qu’elles avaient avant la privatisation, à quel point nous avons été lésés par ses décisions du gouvernement Jospin et en observant l’accroissement perpétuel du déficit des caisses de l’État, à quel point les finances publiques, et donc l’ensemble des citoyens français au travers des impôts et des taxes, pâtissent du manque à gagner que ces privatisations ont généré.

Au-delà des privatisations, j’avais encore en tête la désinvolture  avec laquelle Lionel Jospin avait pris position , en 1989, lors de l’affaire du plan social de Michelin . Entendre un premier ministre socialiste déclarer « L’Etat ne peut pas tout », constater que malgré cela il a la prétention d’être président de la république, c’est une atteinte à l’intelligence.

Entendre le même prétendre depuis Villepinte en octobre 1997  que « la première des libertés, c’est la sécurité » , bafouant ainsi la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui loin de priorité nos libertés, met à égalité la sécurité, ou « sûreté »,  avec la liberté, la propriété et la résistance à l’oppression, c’était, aller à l’encontre de de la défense DES libertés, entrer dans le discours traditionnel de la droite conservatrice et outrepasser la « Lettre à tous les Français » (1988) de François Mitterrand, qui lui valut d’être réélu et dans laquelle le discours sécuritaire était absent.

Alors, ce 21 avril 2002, lorsque je ne suis pas allée voter pour soutenir Lionel Jospin, c’est parce que j’avais non seulement en tête les privatisations qu’il avait décidées mais également parce que, au travers de ce qui s’était passé dans d’autres pays, je savais qu’inéluctablement cette décision n’avait rien à voir avec l’étiquette socialiste et serait préjudiciable à la France et aux Français, notamment les plus modestes d’entre eux.

Dès lors, c’est un choix assumé, éclairé que j’ai fait ce jour là en m’abstenant d’aller, par mon vote, soutenir une politique que je désapprouvait. Non seulement j’assume ce vote de 2002, mais je ne le regrette pas du tout.

Neuf ans après, je regrette que tous ceux (excepté Ségolène Royal et Jean-Luc Mélenchon), socialistes, écologistes, etc., qui, à gauche, avaient soutenu, soit en tant que ministre soit en tant que parlementaire, la politique du gouvernement Jospin, sévissent encore dans les milieux politiques et aient encore la prétention de représenter le Socialisme, la gauche sociale.

Je regarde même avec un certain cynisme , depuis 2007, les mêmes “pseudo socialistes”, saboter la campagne de Ségolène Royal et, aujourd’hui, surfer sur la montée du Front National pour essayer, en appelant au vote utile, à la candidature unique pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2012, de nous fourguer Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry comme président de la république.

Je comprends parfaitement que pour ces gens-là, la démarche de Ségolène Royal, notamment sa volonté de proximité avec les électeurs et d’enrichissement des connaissances des citoyens, grâce aux universités participatives populaires, est perçu comme un socialisme beaucoup trop démocratique et révolutionnaire.

Je comprends également que la franchise sans gants, ainsi que les propositions de bon sens de Jean-Luc Mélenchon, représentent un immense danger pour ceux-là mêmes qui marchent main dans la main, au nom d’un pragmatisme illusoire, avec les plus néolibéraux des « oligarques mondialisants ».

Et je comprends enfin que pour des gens qui pensent que « l’État ne peut pas tout » – et surtout que cela arrange que l’État ne puisse pas tout – il soit indispensable de faire taire tous ceux qui, par leur action ou par leurs propos, pourraient révéler aux yeux des électeurs la supercherie de parties qui se disent de gauche ou écologistes alors qu’au final ils soutiennent la logique libérale, ne considère le socialisme et l’écologie que comme un emballage de leur carriérisme.

Dès lors, si brièvement , moi qui regarde rarement le passé, je me suis demandée aujourd’hui ce que j’avais voté en 2002 et pourquoi un tel choix, je reconnais que cela aura eu au moins l’avantage de me permettre de réaliser que ce qui a motivé mon vote de 2002 est toujours d’actualité.

Il est donc fort probable que pour l’élection présidentielle et les élections législatives de 2012, faute d’un changement profond de l’idéologie du PS et du fonctionnement de EELV, si par malheur Ségolène Royal ne remporte pas l’élection primaire socialiste, ce ne seront pas des appels désespérés au vote utile, à une candidature unique, ni même des sondages douteux qui ressemblent plus à des machines à laver cerveau qu’à des démarches scientifiques, et encore moins la crainte de voir le Front National accéder aux hautes fonctions de l’État, qui me décideront à aller mettre un bulletin de vote, autre qu’un bulletin blanc, dans l’urne.

Que voulez vous, je ne suis pas de ces électeurs qu’on manipule par la peur, par l’imposition des idée de ceux qu’on désigne comme les penseurs, et encore moins par idéologie dévoyée…Et en cela je crois que je ressemble à énormément de mes concitoyens….

Sources : Intox 2007  ; à perdre la raison  ; Dailymotion ; Rue 89 ; Libération ;résistances et changements

Où suis-je ?

Entrées taguées Ségolène Royal sur Chez Louise.