Primaire socialiste : des communes veulent nous spolier de nos droits constitutionnels et républicains !

6 juillet 2011 § Poster un commentaire

Bien que la démarche de primaire pour désigner un candidat à une élection soit on ne peut plus légal puisqu’inscrite dans les textes de la constitution et les lois républicaines, bien que le président de la commission nationale informatique et liberté et estimée que concernant la constitution d’un fichier des lecteurs « pour l’heure aucune illégalité n’est à signaler», des communes apparentées à l’UMP mettent tout en œuvre – croyant probablement que les locaux communaux appartiennent à leurs partis politiques – pour ne pas mettre à disposition des sympathisants et militants des locaux qui puissent servir de bureaux de vote et donc qui correspondent aux normes de localisation géographique, de surface.

Ils privent ainsi les sympathisants et militants qui veulent participer à la primaire socialiste, de locaux communaux payés et entretenus par la collectivité.

Le parti socialiste signale que le la mairie de Bordeaux refuse de prêter des salles communales présentes dans les écoles alors qu’elles sont normalement destinées aux associations loi 1901 et aux partis politiques (délibération du 28 septembre 2009 du conseil municipal de Bordeaux).

La mairie de Bordeaux, «Au top du palmarès» des communes qui portent atteinte à nos droits constitutionnels et républicains , a proposé des salles inadaptées et excentrées par rapport au lieu habituel de vote.

Cette décision est inacceptable au regard des lois de la République et de la démocratie!

J’encourage tous les sympathisants et militants  de gauche, qu’ils envisagent ou pas de participer à la primaire socialiste de cet automne, d’écrire à la mairie de Bordeaux, place Pey Berland – 33 000 Bordeaux ou de téléphoner au 05.56.10.20.30, afin d’exiger que la mairie de Bordeaux, qui n’est en rien le représentant local de l’UMP, se conforme aux règles de la République et mettent à disposition des citoyens français des locaux adaptés à un vote respectueux du code électoral.

En consultant le site du parti socialiste, on s’aperçoit que de nombreuses autres communes (notamment Compiègne qui n’hésitait pourtant pas à brader le patrimoine national et hippique, en fermant les yeux sur les petits arrangements d’Eric Woerth  ) ont refusé au Parti Socialiste le droit que notre Constitution et nos lois lui accordent.

J’engage tous les citoyens, quelles que soient leurs tendances politiques, pour peu qu’ils soient concernés par cette grave atteinte à nos droits, à se manifester auprès des mairies réfractaires dont vous trouverez la liste sur le site du Parti Socialiste .

Sources : RMC ; Libération ; le Parisien ; Parti Socialiste

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"CE N’EST PAS ÇA LA DÉMOCRATIE"

21 octobre 2010 § Poster un commentaire

Il eût été étonnant qu’en presque 2 mois de mouvement social, de manifestations, de grèves tournantes, nous n’ entendions pas parler un jour ou l’autre de « prise otages ». Je m’attendais à ce que ce soit, au cours d’une interview d’usagers des transports en commun, dont les télévisions privées et publiques sont friandes. Ou bien que ce soit au détour d’un commentaire militant, sur un site de médias en ligne.

Mais non, preuve que ce mouvement social est massivement soutenu par la population française, y compris les salariés non-grévistes, c’est le président de la république qui a été obligée de s’y coller !

Participant à une table ronde sur la ruralité, à Bonneval, en Eure-et-Loir, jeudi 21 octobre, il a estimé :

« on n’a pas le droit de prendre en otage des gens qui n’y sont pour rien, dans leur vie quotidienne »

En prononçant cette phrase, qui a dû parler très fort au cœur des électeurs de l’UMP encore encartées au parti présidentiel, le président de la république sous-entend qu’il y a tout de même des gens qui y sont pour quelque chose… Et que dans ce cas, on aurait le droit de les prendre en otage! Si Nicolas Sarkozy a des noms, qu’il n’hésite surtout pas à nous les donner…nan je rigole !

Toujours dans la surenchère démagogique sur le sujet, Nicolas Sarkozy a insisté:

« on ne peut pas être le seul pays au monde où, quand il y a une réforme, une minorité veut bloquer les autres. Ce n’est pas possible, ce n’est pas ça la démocratie ».

Allons bon, voilà que maintenant Nicolas Sarkozy s’intéresse à la démocratie …

  • Lui qui a, dès les premiers mois de son quinquennat, dépossédé le peuple français de son vote référendaire sur le traité européen,
  • Lui qui n’a pas hésité à contraindre le vote des députés et à faire revoter la loi hadopi
  • Lui dont le conseiller, qui ne détient aucun mandat électif, s’est permis hier d’annoncer qu’il demanderait au Sénat d’accélérer le processus de délibération sur le projet de réforme des retraites.
  • Lui qui n’a pas hésité, jeudi après-midi, au Sénat, à obliger Gérard Larcher, président de cette assemblée, à se renier,
  • Lui qui a forcé le Sénat à un vote unique sur une partie des articles additionnels du projet de loi de réforme, précisément tous ceux qui touchent au financement de la réforme des retraites. Multirécidiviste puisque, toujours sur les lois budgétaires et procédures de vote unique a été utilisé, depuis le début de son quinquennat, une fois en 2007- 2008,2 fois en 2008 -2009, est 2 fois en 2009 -2010 !

Non, M. Sarkozy, messieurs de l’UMP,du Nouveau centre et du Modem, votre définition de la démocratie n’est pas celle du peuple français, et il est en train, très précisément, de vous le dire depuis le début du mois de septembre !

Dans une démocratie, dois-je le rappeler, le pouvoir s’exerce par le peuple, pour le peuple et sous son contrôle!

La démocratie, son processus de décision, ne se gère pas comme on gère une chaîne de production dans une usine, à coups de cadences infernales qu’on vérifie , chronomètre en main, comme semble le faire Éric Woerth “grand comptable du temps de parole des parlementaires! .

En démocratie, les décideurs sont les citoyens, ou ceux qui ont reçu mandat de décider à leur place. Ils ne se musellent pas comme des subordonnés, en haussant le ton et en limitant leur temps de parole.

La démocratie c’est avant tout l’acceptation que les parlementaires, dont le pouvoir législatif n’est pas inféodé au pouvoir exécutif, prennent tout le temps nécessaire pour construire, débattre, et voter en leur âme et conscience, des lois qui régiront la vie des 64 millions de Français dont ils sont les représentants. C’est donc laisser s’exprimer les élus du peuple, qui lui ne peut le faire au quotidien, mais seulement tous les 5 ans.

En démocratie, les débats parlementaires ne sont pas les vulgaires réunions d’entreprises et ne peuvent être l’objet d’une gestion du temps de parole non plus que d’une gestion des contenus abordés. Tout simplement parce que la France n’est pas une entreprise !

La démocratie ça n’est pas de piétiner tous les contre-pouvoirs les uns après les autres, sous prétexte de réforme et de rentabilité. La démocratie ça n’est pas considérer qu’on est le seul légitimé par une élection, mais bien de prendre en compte que les députés eux aussi sont les représentants légitimes du peuple français et qu’à ce titre eux aussi ont le droit de prendre la parole, quand bien même elle exprime des idées et une conception de la France et de sa gouvernance différente de la vôtre.

La démocratie ça n’est pas, non plus, un système où l’on favorise le népotisme et le seul intérêt de ceux qui financent vos vacances ou vos campagnes électorales. La démocratie rejette spontanément et fermement le lobbyisme, les privilèges, le corporatisme. Et quand elle s’exerce au sein d’un république dont la devise est « Liberté, Egalité, Fraternité », il ne devrait pas être nécessaire au peuple de la rappeler à ses dirigeants, comme nous sommes obligés de le faire depuis septembre 2010!

Dans une démocratie respectable et qui se respecte, les citoyens ne sont pas juste bons à subir en silence les décisions de l’exécutif. Leur droit à la parole, voir même à l’insurrection, lorsque leurs droits sont bafoués par l’exécutif, est un devoir constitutionnel. Et ce ne sont pas les intérêts économiques de quelques actionnaires influents et lobbyistes qui peuvent permettre à l’exécutif de transgresser les règles démocratiques.

Alors, pour leur gouverne, j’ai le plaisir d’annoncer que votre tentative de diviser l’union syndicale a lamentablement échoué, comme tout ce que vous entreprenez (sauf enrichir vos proches et vos amis).

Fort du soutien sans cesse croissant de l’opinion publique, l’ensemble des organisations syndicales, y compris la confédération générale des cadres, a annoncé qu’elle appelait à 2 nouvelles journées de manifestations les 28 octobre et 6 novembre.

  • Une première journée aura lieu le 28 octobre, au moment de l’harmonisation par la commission mixte paritaire et texte voté par les sénateurs et les députés .
  • La seconde journée aura lieu le 6 novembre, juste avant la promulgation de la loi.

Sources: Le Point; Le Monde; Le Figaro;

Réforme des retraites : radicalisation, gouvernement 0 – mouvement protestataire 1

20 octobre 2010 § Poster un commentaire

Malgré les 24 heures de propagande intensive de ces dernières 24 heures, sur les ondes et à la télévision, le gouvernement et la majorité présidentielle n’ont réussi qu’à mettre en évidence le ridicule de leur discours et leur mépris pour tous ceux, élus politiques, parlementaires, citoyen français, qui s’opposent à leur réforme des retraites.

Manifestement, le mot d’ordre gouvernemental était de faire croire que cette réforme était un devoir qui était assuré de façon calme, sereine, ouverte à la discussion, mais ferme sur les « bornes d’âge ». Certains on même essayé de diviser pour mieux régner en affirmant que l’emploi des séniors permettait l’emploi des jeunes…oubliant de préciser que cet axiome ne fonctionnait que quand les salaires des séniors sont élevés et que l’ économie est florissante….

De toute évidence, Éric Woerth a jugé bon d’aller « prêcher les convaincus » au siège parisien de l’UMP, puis de répéter sa litanie sur les ondes, Notamment au Grand jury RTL.

Xavier Bertrand semblait « entendre des voix » lorsqu’il affirmait,lors du forum Radio-J, que les Français n’étaient pas contre la réforme, Alors que selon un sondage IFOP pour Sud-Ouest dimanche, 7 Français sur 10 estiment que le mouvement est justifiée

Bruno Le Maire, quant à lui, a cru bon de faire peur aux petits pensionnés français, en leur faisant croire que si cette réforme n’était pas faite, leur retraite ne serait plus payée

Quant à Brice Hortefeux, hormis son lapsus sur les empreintes génitales, aucune créativité dans son discours, pas plus que dans celui de Luc Chatel, puisqu’il n’a fait que mettre en avant la pédagogie et la nécessité de cette réforme. Éléments que nous sommes des millions de français à chercher désespérément ….

Bien entendu, mis à part les militants de l’UMP et quelques supports de la majorité présidentielle, personne n’a cru un seul des propos de tout ce petit monde et tous les Français ont bien compris que le seul but des manœuvres actuelles était de gagner du temps en attendant le vote de cette réforme par le Sénat et le début des vacances scolaires !

Une stratégie comme une autre qui risque tout de même fort de capoter.

À l’heure où j’écris ce billet, 368 amendements doivent encore être examinés par les sénateurs. À raison de 10 amendements par heure, nous avons désormais la certitude que cette loi ne sera pas votée par le Sénat avant le début de la semaine prochaine. A question ne sera donc pas réglée avant le début des vacances scolaires et de ce fait, la vigilance et la mobilisation ne retomberont pas.

En pariant sur la possibilité que les vacances scolaires atténuent les mouvements sociaux, étudiants et lycéens, le gouvernement joue à quitte ou double. Car il oublie que dans ce mouvement social contre la réforme des retraites, les étudiants et les lycéens ne sont qu’un des paramètres. Il est tout à fait possible que si ces derniers ralentissent ou diminuent leur investissement dans les manifestations, les salariés et les chômeurs prennent la relève. Auquel cas, la stratégie de pourrissement ne pourrait plus s’appuyer que sur une dislocation de l’union syndicale.

Il est vrai que la Confédération Générale des Cadres ( qui représente 10% des cadres) a déjà annoncé qu’elle renoncerait à des manifestations terrain au profit d’un lobbying qui n’a absolument rien de démocratique mais tout du corporatisme, dès que la loi sera votée par le Sénat.

Mais, il ne pourra en être de même pour les autres organisations syndicales. Pour la seule et unique raison qu’elles ont toutes en tête que depuis le début du mois de septembre, l’opinion publique s’est radicalisée et soutient massivement les manifestations contre la réforme des retraites.

Si l’on analyse l’étude effectuée par Owni.fr, on se rend compte, d’une part, que la pédagogie du gouvernement n’a pas convaincu les opposants à sa réforme des retraites mais, et c’est le plus important, qu’elle a fait massivement basculer les « Sans opinion » du côté de ceux qui soutiennent les manifestations contre cette réforme. Alors que le pourcentage de ceux qui soutiennent les manifestations contre la réforme des retraites passent de 62 % à 71 % en octobre, le pourcentage de ceux qui sont contre augmente de 2 %, passant seulement de 16 à 18 %.

Les syndicats, qui je le rappelle, non de raison d’être que parce qu’ils défendent l’intérêt des salariés, savent parfaitement que faire marche arrière, juste au moment où l’opinion publique et les salariés, soutiennent les actions pour bloquer la mise en œuvre de cette réforme, leur ferait perdre toute crédibilité et pour très longtemps . Compte tenu du déclin syndical que l’on connaît en France depuis plus de 40 ans, il faudrait être totalement suicidaire pour ne pas saisir l’opportunité de se refaire « une santé », en brisant l’élan unitaire et solidaire qui renaît actuellement en France !

Dans ce bras de fer qu’a volontairement instauré le gouvernement, les formations syndicales ont beaucoup à gagner en restant dans leur rôle de défenseurs des droits des salariés et en refusant de jouer le maigre rôle de « figurant godillot » que leur propose le gouvernement. Ils ne risquent absolument rien en soutenant les salariés, eux-mêmes soutenus très majoritairement par l’opinion publique. Alors que le gouvernement et sa majorité présidentielle risquent beaucoup, non seulement dans les jours qui viennent, mais aussi en 2012.

Nous l’avons dit, plus le gouvernement rigidifie son comportement, affirme la nécessité de cette réforme sans la démontrer avec des preuves irréfutables, plus l’opinion publique est défavorable à cette réforme est plus elle condamne la fermeté de Nicolas Sarkozy face aux grèves et aux manifestations.

Il est probable que dans ce comportement rigide, le Président de la République essaye, comme le souligne le journal le Point, de récupérer une partie de l’électorat du centre. Mais là aussi, sa stratégie de pseudo fermeté, bien loin d’être interprété comme une vertu est interprétée comme un défaut.

Alors les politologues, les éditorialistes, peuvent prétendre que les manifestations ne changeront rien et que la réforme des retraites sera adoptée et mise en œuvre. C’est peut-être le mot d’ordre qu’on leur a donné ou c’est peut-être leur conviction profonde. Mais eux comme nous ne savent absolument pas de quoi demain sera fait. Et pour aujourd’hui, la seule certitude que nous ayons tous c’est que la radicalisation de l’opinion est en faveur de ceux qui ne veulent pas de cette réforme des retraites en l’état.

Sources : Le Point; Wikio; OWNI; Le Monde; Europe1; Le Parisien;France5

L’échec pédagogique d’Éric Woerth

14 octobre 2010 § Poster un commentaire

Force est de constater qu’Éric Woerth est meilleur trésorier de l’UMP que ministre du budget et qu’il n’est absolument pas pédagogue.

  • En 2007, grâce à Éric Woerth, Nicolas Sarkozy avait récolté plus de 9 millions d’euros de dons de personnes physiques pour financer sa campagne présidentielle!
  • En tant que Ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État son bilan se résume à un déficit public de 45 milliards d’euros en avril 2008 et de 71,9 milliards d’euros fin avril 2009.
  • En 2010 après avoir fortement insisté , dès l’ annonces du projet de loi sur la réforme des retraites,sur le fait qu’il mettrait toutes ses forces dans la pédagogie sur sa réforme, on constate aujourd’hui que 71 % des Français trouvent sa réforme injuste et que 3 millions d’entre eux sont descendus cinq fois, en un mois et demi, dans la rue pour manifester leur réprobation. C’est donc qu’ils n’ont pas compris.

On pourrait dire, de mauvaise foi , que si ces Français-là n’ont pas compris c’est qu’ils sont de parfaits idiots, qui plus est totalement manipulés par de méchants syndicalistes gauchistes et par des opposants politiques irresponsables. J’en connais qui est de puis quelques jours ont succombé à cette tentation…

Mais on pourrait aussi, si l’on est un peu plus honnête, se dire que la pédagogie utilisée par le gouvernement, et par le ministre porteur de cette réforme,est totalement inefficace. Mais alors il serait encore temps, si cette réforme est réellement juste et nécessaire pour préserver l’avenir des retraites par répartition, comme l’affirme encore François Fillon et Éric Worth, de changer de méthodes pédagogiques et d’examiner d’abord ce qui a fait que la méthode jusqu’ici adoptée n’est pas la bonne.

Revenons rapidement sur la définition de ce qu’est la pédagogie et de ce qu’elle n’est pas.

La pédagogie est l’art d’enseigner, de transmettre un savoir à fin que la compréhension d’un sujet soit améliorée pour un individu ou un groupe d’individus. Cela veut dire qu’il faut expliquer, dialoguer, écouter les questions qui vous sont posées et répondre de telle sorte que les doutes et interrogations sur le sujet disparaissent. Nous le voyons, la pédagogie est un processus de communication, en ce sens que il y a un émetteur, un récepteur est une interaction entre les deux. Cette interaction est bâtie sur l’écoute, la reformulation des questions afin de vérifier qu’on a bien compris en sens et de comprendre quel point précis, de notre message, l’interlocuteur ne comprend pas. Faire de la pédagogie c’est essentiellement partir du postulat que les personnes qu’on a en face de nous sont capables de comprendre le savoir qu’on cherche à leur transmettre si nous faisons l’effort de nous adapter à leur mode d’apprentissage du savoir et à leur niveau de connaissance. L’objectif de la pédagogie est bien d’élever la connaissance, de l’émetteur et du récepteur, sur un sujet. La pédagogie n’est certainement pas de la propagande qui, elle, consiste à répéter sans cesse les mêmes arguments, sous la même forme, en espérant convaincre. L’objectif de la propagande est d’imposer une idée.

Examinons maintenant ce qu’on fait Éric Woerth, le gouvernement et la majorité présidentielle sur le sujet de la réforme des retraites.

– Ils ont fait appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion, en affirmant qu’on fait quelque chose de difficile, qu’on fait de la pédagogie, comme il l’a encore fait récemment Éric Woerth sur RTL. au micro de Jean-Michel Apathie, mercredi 13 octobre. «Faire de la pédagogie sur les retraites, c’est toujours très compliqué»

– Ils ont maintenu le public dans l’ignorance et la bêtise en alignant les âneries du genre : « 62 ans en 2010, c’est au fond plus jeune que 60 ans en 1980 quand on regarde l’espérance de vie».

– Ils se sont adressé au public comme à des enfants en bas-âge en affichant leur détermination, en répétant sans cesse, sans le démontrer, « réformer le système des retraites parce que c’est l’intérêt général, c’est l’intérêt du pays, c’est l’intérêt des retraités, c’est l’intérêt des jeunes du pays aussi« .

– Ils ont détourné l’attention du public des problèmes importants qu’allait poser leur réforme, en matière d’emploi des jeunes, grâce à une distractions sur des aménagements insignifiants pour les femmes .

-Enfin ils ont tenté de culpabiliser les opposants à leur réforme et de minimiser leurs propositions , parlant de « miroir aux alouettes« .

Conclusion :

Oui, réformer le système de retraite, en voulant garder le principe du système par répartition, est un travail complexe et c’est bien pour cela qu’il fallait prendre tout son temps et non pas précipiter le vote des parlementaires, alors que dès le mois de mai les Français, en manifestant contre cette réforme, montraient qu’ils n’avaient pas compris, selon Éric Woerth et ses amis, le bien-fondé de cette réforme.

En 6 mois, je n’ai entendu aucune explication claire, simple, compréhensible, par tous sur les différents points (financiers, sociaux, etc.) de ce projet de loi. Je n’ai lu aucun constat, état des lieux, étayés sur des arguments et des observations irréfutables, justifiant qu’un tel projet soit présenté et que de tels choix de financement soient actés. C’est pourtant le minimum qu’un décideur demande qu’on lui présente lorsqu’il a une décision importante à prendre.Visiblement Eric Woerth et le gouvernement ne considèrent pas les français comme des décideurs!

Quand on dispose d’une porte ouverte dans tous les médias, à des heures de grande écoute, et qu’on se contente de répéter à longueur d’intervention ce que nous rabâche la majorité présidentielle, on est tout juste dans de la propagande ou sur une position défensive. Mais on n’est certainement pas dans de la pédagogie!

Plutôt que de s’entêter comme il le fait actuellement, de se bloquer dans un comportement psychorigide, de s’attaquer aux opposants politiques ou syndicaux à cette réforme, d’envoyer « la troupe » sur les manifestants, il serait grandement temps pour Éric Woerth et le gouvernement de suspendre son projet est de faire de la vraie pédagogie.

Seulement cela va l’obliger à éclairer les citoyens sur des zones d’ombre de ce projet.

Le silence assourdissant de Nicolas Sarkozy

13 octobre 2010 § 2 Commentaires

Pourquoi Nicolas Sarkozy ne s’exprime-t-il pas sur les retraites à l’issue de cette journée de manifestations et grèves qui est une des plus importantes que la France ait connues depuis au moins 1995 ?

Il peut y avoir à ce comportement, qu’on pourrait qualifier d’autistes, plusieurs explications :

– d’abord parce qu’il sait qu’il n’a pas reçu mandat des citoyens français, lors de son élection en 2007, pour que cette réforme soit menée à bien et qu’il avait promis, pendant la campagne présidentielle de 2007 et plusieurs fois auparavant, de ne jamais « toucher à l’âge de 60 ans ». N’oublions pas que Nicolas Sarkozy est un candidat perpétuel à l’élection présidentielle et que ça n’est vraiment pas le moment pour lui de rappeler ouvertement qu’il ne tient pas ses promesses. Il est évident que s’il prenait la parole, aujourd’hui, sur le sujet des retraites, n’importe quel opposant politique, ou même membre de la majorité présidentielle, pourrait lui renvoyer à la figure ces deux promesses.

Alors très lâchement, il envoie ses larbins porte flingue communicants défendre le projet de ses frères le projet de son conseiller Soubie, son projet dans les médias et à l’assemblée.

Défense bien maladroite qui peine à masquer le déficit de démocratie de la méthode de réforme choisie et l’échec total de pédagogie gouvernementale.

Défense facile à décrypter puisqu’elle s’appuie essentiellement sur une « démonstration en creux » qui consiste à traiter les adversaires politiques et syndicaux d’irresponsables, à prétendre qu’ils manipulent les lycéens et les étudiants ou qu’ils les instrumentalisent, voire même, comme l’a fait Éric Worth sur Public Sénat que si cette réforme n’est pas faite, les jeunes d’aujourd’hui n’auront pas de retraite par répartition quand ils seront vieux.

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Où suis-je ?

Entrées taguées Éric Woerth sur Chez Louise.