Nicolas Sarkozy et la lutte anti-terrorisme sélective

30 octobre 2010 § 1 commentaire

Nicolas Sarkozy a récemment déclaré que la France ne céderait pas au terrorisme.

On n’en attendait pas moins d’un président de la République qui base l’essentiel de son rapport à l’électorat sur la sécurité. En la matière, le terrorisme est la façon optima de lui permettre de jouer le rôle de « protecteur du peuple.
Qui plus est, en réagissant de la sorte aux propos prêtés à Ben Laden, il induit dans les esprits qu’il n’y a qu’un seul terrorisme, celui des islamistes fanatiques.

« Pointage du doigt » qui permet de faire diversion et de ne pas voir que d’autres terroristes sont à l’œuvre en France et dans le monde, quotidiennement, efficacement et avec l’aide complaisante des gouvernements.

Or, si l’on se réfère à une étude de l’armée américaine, datant de 1988, on constate qu’il existe au moins une centaine de définitions du mot terrorisme. Ce qui induit il y a au moins une centaine de formes de terrorisme et qu’il n’est pas l’apanage des islamistes fanatiques !

En faisant la synthèse des différente définitions du mot, données dans les dictionnaires, on peut définir le terme péjoratif de terrorisme comme une action systématiquement violente qui vise à atteindre un but politique par le biais d’attentats, de prise d’otages civils, d’assassinats, de sabotages. Cette action est menée par une organisation qui n’a, en général, aucune légitimité électorale. À noter, tout de même, qu’on reconnaît que certains régimes politiques utilisent le terrorisme afin de conserver le pouvoir. C’est dans l’Oxford English Dictionary que l’on trouve la définition la plus actuelle du terrorisme « gouvernement par l’intimidation, politique ayant pour but de frapper de terreur ceux contre laquelle elle est adoptée; l’emploi de méthodes d’intimidation; le fait de terroriser ou la condition d’être terrorisé. »

Le but du terrorisme et de briser, en s’appuyant sur l’intimidation et l’effroi collectif, tout ce qui lui résiste. Il s’appuie sur l’impact psychologique de la peur (souvent disproportionnée) d’actes violents et de leurs conséquences physiques et matérielles sur les individus. La menace terroriste est créatrice d’une anxiété au sein d’une population cible (victimes potentielles). Anxiété alimentée par l’intimidation, la coercition et la propagande qui visent à manipuler l’opinion afin qu’elles fassent pression sur le pouvoir en place pour qu’il cède aux exigences terroristes.

Le mot terrorisme est lié au concept de terreur, de peur exacerbée. Quoi de plus subjectifs que le mécanisme de terreur et l’émotion qu’il génère ! Quoi de plus pratique, lorsqu’on veut manipuler l’opinion, que de jouer sur ces mécanismes qui occultent le raisonnement, l’analyse des situations, le jugement rationnel et objectif?

Le levier de la menace terroriste est simple et résonne comme une forme de chantage qui consiste à dire : « si vous ne faites pas telle ou telle chose, nous avons les moyens de coercition pour vous le faire payer prix de vos vies ou de vos biens »

Dans cette acceptation de la définition du terrorisme, force est de constater que les mouvements islamistes ne sont pas les seuls terroristes au monde.

En effet, on peut parfaitement faire rentrer dans la liste des terroristes (c’est-à-dire des gens qui menacent de sanctions si un pays, une nation, ne leur obéit pas), les agences de notation les multinationales, toutes ces entités qui ont acquis, grâce au libéralisme mondial, un pouvoir non légitime, non électif, et qui imposent leur volonté à des centaines de nations et à leurs gouvernements. Nous avons donc des groupes qui n’ont aucune légitimité élective, qui ont des pouvoirs d’intimidation, de coercition et de propagande (grâce aux médias qu’ils possèdent) qui leur permettent de faire pression sur les pouvoirs légitimes en place et de les faire céder à leurs exigences.

Le constat est rude, j’en conviens, surtout pour tous ceux qui pensent encore que la démocratie est la forme la plus élaborée du mieux vivre ensemble. Et l’on voit parfaitement combien il est difficile à l’heure actuelle, pour ceux qui nous gouvernent, de masquer l’évidence de ce terrorisme économique et de ses effets, tout en essayant de nous faire croire que nous vivons encore dans des pays démocratiques où seuls le mandat électif est reconnu et donne toute légitimité aux décisions et à la loi.

Quelle serait la réaction citoyens français, européens, si ils ouvraient les yeux brutalement et constataient que depuis 30 ans au moins, leur vote, les élections ne sont que des mascarades?

Certains prétendent que la mondialisation est un fait inéluctable, personnellement, je pense que le problème n’est pas dans la mondialisation mais qu’il se situe dans cette forme de dépossession des pouvoirs démocratiques des peuples et dans le terrorisme économique qui règne actuellement dans le monde. Dépossession des pouvoirs parce que les décisions ne sont plus entre les mains de mandataires élus par les peuples mais des agences de notation et de multinationales dont les dirigeants et les actionnaires ne sont pas élus par la majorité des citoyens.

Or, il est facile d’observer que lorsqu’il s’agit de terrorisme économique, la France et l’Europe sont plus que complaisant vis-à-vis des terroristes.
À ce titre, les propos récents de Christine Lagarde, qui affirmait que si le gouvernement n’avait pas fait de réforme des retraites, les agences de notation auraient baissé la note de la France  l’empêchant alors de s’endetter à moindre prix, sont un aveu, une illustration parfaite, du terrorisme économique que le pouvoir financier mondial exerce sur les démocraties. Il est même remarquable, à la lecture des différentes déclarations des membres du gouvernement français, à l’occasion du mouvement social extrêmement fort qui a lieu actuellement, qu’ils font une totale allégeance aux diktats des terroristes économiques.

Il serait extrêmement plaisant et satisfaisant que le président de la République française, ainsi que les décideurs de l’union européenne déclarent solennellement qu’ils ne céderont pas au terrorisme économique et qu’il se décident tous très vite à mettre en place les mêmes actions de lutte, de sanctions, d’éradication que celles qu’ils appliquent pour mettre à mal Al Quaida.

Certes, il est plus facile d’annoncer qu’on ne cédera pas au terrorisme totalement virtuel d’un groupe d’islamistes fanatiques non identifiés, que d’agir rapidement entre un terrorisme réel, effectif, d’un groupe de profiteurs économiques boulimiques et fanatiques clairement identifiés.

Mais sans cela, la lutte sélective contre le terrorisme qu’affiche Nicolas Sarkozy paraît totalement dérisoire et peut être perçu comme une rodomontade, un aveu d’impuissance ou de collaboration avec le terrorisme économique qui règne actuellement, qui décime des familles entières sans qu’aucune sanction ni action ne mette fin au chantage permanent à l’emploi, à l’appauvrissement de pays entiers, à la prise d’otages de peuples floués de leurs pouvoirs constitutionnels.

Sources: L’Express; Oxford English Dictionary ; Le Monde ; Théospirit  ; Investir

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§ Une réponse à Nicolas Sarkozy et la lutte anti-terrorisme sélective

  • Behemothe dit :

    Excellent article et j’ajouterai que ce terrorisme économique est le ferment de ce terrorisme dit islamiste.
    Belle démonstration.
    Mais viendra un jour où se terrorisme sera chassé
    et ça ce n’est pas moi qui le dit c’est l’histoire.

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