Le jour où le Parti Socialiste est mort … et enterré.

2 février 2010 § Poster un commentaire

Le PS de Jean-Jaurès, de Léon Blum, de Pierre Mendès France, n’existait plus que dans l’imaginaire populaire. Il avait été assassiné, sacrifié sur l’autel des ambitions,des "petites magouilles entre amis". Aujourd’hui il a été enterré par la plénipotentiaire de "l’amicale des socialistes libéraux prétendument démocrates", j’ai nommé Martine Aubry.

Cette dernière revient aujourd’hui sur la sortie controversée de Georges Frêche sur Laurent Fabius, et annonce "qu’entre le PS et Georges Frêche c’est fini".

La première secrétaire du partie socialiste dit avoir pris une décision "ferme et définitive". Elle a précisé que le bureau national du PS "prendra une décision mardi sur sa proposition" de placer son pion présenter dans six semaines la maire PS de Montpellier comme tête de liste PS en Languedoc-Roussillon, pour les prochaines élections régionales. En cela, Martine Aubry fait preuve d’un bel acharnement contre Georges Frêche, puisque à l’automne dernier, selon l’Express, elle avait déjà tenté de court-circuiter le président du conseil régional Languedoc Roussillon. Mais ce fut un échec. Qui plus est, en décembre de 2009, les militants de la région ont plébiscité la candidature de Georges Frêche avec 87 % de votes en sa faveur. La décision des militants étant une valeur sacrée au parti socialiste, il devenait donc difficile pour la première secrétaire de passer outre.

Il aura donc suffi à Martine Aubry d’une petite phrase sortie de son contexte pour qu’elle saute sur l’occasion et essaye d’imposer la candidate de SON choix, en Languedoc-Roussillon.

Pour masquer la manœuvre, la maire de Lilles entame (pas seule) une méga campagne de communication, n’hésitant pas à y aller à la pelleteuse, affirmant vendredi dernier que «l’honneur de la gauche est en cause." et lançant carrément un appel aux consciences des gens de gauche "Pour la République, pour leur région, devant les Français ". Aujourd’hui, elle en rajoute une couche, qualifiant les propos de Georges Frêche de "propos indignes d’un élu de la République" et enjoignant la gauche à se rassembler "sur des valeurs de fraternité, de générosité et d’ouverture aux autres". notez au passage que Martine Aubry propose de se rassembler "sur" et non pas "autour" des valeurs….aurait-elle envie de s’asseoir dessus ?Innocent

Té, on dirait presque un discours de présidentiable !

Seulement voilà, tout ceci n’est que pieux mensonges et exagération outrancière.

D’abord, le PS n’est pas LA gauche, il n’en n’est qu’une des composantes. Je ne vois pas en quoi la première secrétaire du parti socialiste serait fondée à décider seule de ce qui est ou pas une atteinte à l’honneur de la gauche. Martine Aubry aurait-elle été élue, en grand secret, par l’ensemble des militants de l’ensemble des parties de gauche comme leur unique représentante ?

Ensuite, pour rassembler autour des valeurs de fraternité et de générosité et d’ouverture aux autres, et être crédible, il faudrait faire la démonstration par l’action qu’on est soi-même fraternel, généreux est ouvert aux autres. J’ai souvenance, que lors d’une campagne présidentielle très récente ,certains membres du parti socialiste qui aujourd’hui s’indignent des propos de Georges Frêche n’ont guère fait preuve de fraternité ni d’ouverture aux autres. Ils n’ont d’ailleurs pas cessé depuis. Inutile de rappeler le comportement de certains camarades peu généreux vis-à-vis de Julien Dray, je n’ai pas envie de faire le panégyrique de la direction du PS depuis 10 ans.

Enfin,Martine Aubry et sa meute, sa cour,ses commanditaires, ses complices, ses amis peuvent s’ériger en juges de ce qui est digne ou indigne d’un élu de la république, mais, leur façon un peu trop précipitée de juger les propos de Georges Frêche ( ou de boycotter Julien Dray) démontre parfaitement qu’ils n’ont en rien les qualités d’équité et d’objectivité nécessaires à la conclusion d’un jugement équilibré et serein. Tout aux plus ces gens-là sont capables de procès d’intention, mais la valeur républicaine de justice leur échappe totalement. Il n’y a qu’à constater, pour le comprendre, comment Martine Aubry ose parler "de "dérapages sur les juifs."alors qu’elle n’est pas sans savoir que Georges Frêche est depuis des années un vice-président de l’association FRANCE-ISRAËL ?Georges Frêche, qui  très soutenu par le "petit peuple" du Languedoc Roussillon, doit s’amuser de cette attaque pour antisémitisme, lui qui, lors des régionales de 2004 avaient été attaqué par des fondamentalistes islamiques parce qu’il s’était moqué des femmes portant le foulard. Finalement, il doit beaucoup déranger les communautaristes.Pied de nez

Ceci dit, j’ai une trop haute idée de ce que sont le Socialisme, la Démocratie et la République, des valeurs humaines dont ces idéaux sont porteur, pour considérer que les basses manœuvres auxquelles j’assiste depuis quelques années font partie des valeurs socialistes.

  • Manœuvres qui consistent, faute de pouvoir présenter un projet réellement basé sur les valeurs fondamentales du socialisme, à surfer sur le débat identitaire, à localiser et à personnaliser "le conflit", espérant, dans les cas de Georges Frêche, probablement concurrencer l’UMPFN .

  • Manœuvres qui sont tout au plus révélatrices du mépris pour les militants socialistes, les militants de gauche, les électeurs français et de l’hypocrisie latente d’un groupe de dirigeants opportunistes qui, sachant que le "candidat préféré des Français" ne pourra pas se présenter aux prochaines élections présidentielles, sautent sur la moindre occasion pour essayer de s’imposer médiatiquement, en tant que partie et au travers de sa secrétaire nationale, comme le seul recours pour les électeurs de gauche ou pour les déçus de la politique menée par le gouvernement actuel.

Martine Aubry peut clamer qu’elle veut "préserver l’âme du parti socialiste", il n’en demeure pas moins qu’on peut légitimement se demander, au vu des dernières années, ce qu’est devenu l’âme du parti socialiste et si, avec ce qui se passe depuis 3 ans qu’on va la croire!

Aujourd’hui, pour moi, le PS est mort et enterré ( ce n’est pas pour autant que je voterai à droite, mais certainement plus pour les candidats PS et leurs alliés dans la curée). Martine Aubry en est le croque-mort ( moi aussi je sais dramatiser! ) car elle ne fait que reproduire ce que très justement Jean Jaurès stigmatisait , en 1912 dans un article intitulé Conflit élargi . Pour le paraphraser, je conclurai ainsi :
Je sais bien que les mêmes socialistes français qui par leur politique libérale ont préparé niaisement (je parle des meilleurs) la terrible crise présente, y compris dans une de ses conséquences qu’est l’interrogation identitaire ( Cf 1939), essaient de s’en dissimuler à eux-mêmes la gravité.

"Bah ! ce ne sera rien." Et comme un mot suffit aux cerveaux indolents pour se délivrer de toute pensée, les mots "localiser " et "personnaliser" les rassurent : "On localisera et on personnalisera le conflit."*

*Jean Jaurès "L’Humanité" du 10 octobre 1912.

nota : j’ai volontairement émaillé cet article d’expression populaire… Histoire de rigoler.

Sources: Le Figaro ; L’Express ;20minutes ; Le NouvelObs ; Le Midi Libre ; Le Post , Libération

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