Angolagate: la complicité par abstention, le retour

29 octobre 2009 § Poster un commentaire

"Le 19 janvier 2004, dans l’immense salle de réception du conseil général N.Sarkozy ( qui venait de prendre la relève au Conseil général des Hauts de Seine) remerciait C.Pasqua: «Merci à Charles Pasqua parce qu’il a été pour nous une référence. Nous n’avons pas oublié.» "

Et aujourd’hui, essayant de détourner l’attention des motifs de sa condamnation dans l’affaire des ventes d’armes à l’Angola, Charles Pasqua fait des propos de N.Sarkozy SA référence à lui!

  • Ces poursuites, c’est pour m’empêcher d’être président…

Le Monde relate que dans une interview au Figaro,C.Pasqua répond ainsi à la question " Vous datez vos ennuis judiciaires de 2000, l’année où vous avez annoncé votre candidature à la présidentielle contre Jacques Chirac. Pensez-vous que l’Élysée a alors cherché à vous éliminer ? "
Oui. Je ne crois pas aux coïncidences.
À partir de ce moment-là, toute une série d’actions ont été menées pour m’incruster dans l’Angolagate et d’autres affaires. Comme par hasard, des affaires toujours traitées par le même magistrat ! Lorsque ce magistrat (Philippe Courroye, NDLR) a quitté l’instruction, ces dossiers ont pris une autre tournure.

Non content de reprendre la ligne argumentaire de "son poulain",C.Pasqua reprend un argument du procureur de la République, J.C. Marin: La complicité par abstention.

  • Les autres savaient mais n’ont rien dit… "complicité par abstention".

Le sénateur Charles Pasqua , dans une tentative de diversion, met en cause Jacques Chirac, Edouard Balladur et Alain Juppé , mercredi 28 octobre sur le plateau du "Grand Journal" sur Canal+

Il réclame la levée du secret défense dans ce dossier mais aussi dans d’autres affaires politiques sensibles, affirmant que cela "fera trembler un certain nombre de personnages de la République" et garnira "probablement" les prisons. "Jacques Chirac était parfaitement au courant de cette affaire".

Dans un entretien au Figaro , aujourd’hui, il "enfonce le clou":"le président de la République, le premier ministre, le ministre des finances et le ministre de la défense. Tous les quatre étaient forcément au courant", estime-t-il avant de préciser : "Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus, les deux premiers ministres concernés que sont Édouard Balladur et Alain Juppé".

Rappelons tout de même que, comme le souligne Libération , Charles Pasqua, ex-ministre de l’Intérieur, est condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme, et 100 000 euros d’amende pour «trafic d’influence»… condamnation établie sur des éléments factuels et comptables que le Président du tribunal a explicitement exposés!

"En septembre 2000, la saisie des disquettes de la collaboratrice de Falcone, Isabelle Delubac, révèle:

  • des listes de versements en espèces qui entraînent la mise en cause de plusieurs personnalités.

  • Un virement d’1,5 million de francs à l’association France-Afrique-Orient animée par C. Pasqua. «Ce virement procurait une contribution substantielle au projet politique du président du conseil général des Hauts-de-Seine, signale le président Parlos. La somme a été versée en raison de l’influence qu’il pouvait exercerCe paiement intervenu le 12 juillet 1996 est, selon le tribunal, «l’exécution d’un concert frauduleux»visant à accorder à Gaydamak l’Ordre national du mérite deux jours plus tard, le 14 juillet 1996.

Dans cette opération, l’ex-préfet Marchiani a «fait office d’intermédiaire». Mais il a reçu lui-même d’autres sommes, 671 761 dollars, au total. «Les actions passées lui ont valu une certaine reconnaissance, mais non l’impunité pour l’avenir», signale le tribunal."

En résumé, C.Pasque n’est pas condamné pour trafic d’armes. mais pour avoir accordé le 14 juillet 1996 l’Ordre national du mérite à Arcadi Gaydamak, "moyennant "le versement de 1,5 million de francs à l’association France-Afrique-Orient que C.Pasqua dirige.

Cela n’a donc absolument rien à voir avec le secret défense et le fait ou non que les gouvernements successifs aient été ou pas au courant du trafique d’arme!

L’eussent-ils été, il n’y a pas là motif à poursuites, si on reprend les arguments que M° Metzner a développé le 21/10/2009 – pendant sa plaidoirie dans l’affaire Clearstream: "Bien sûr, ils ne sont pas poursuivis et c’est normal car il n’y a pas d’infraction pénale qui leur soit reprochable… Jamais personne en France n’a été condamné pour avoir omis de faire quelque chose. On imagine: "j’ai été condamné pour n’avoir rien fait".

Sources: L’Express ; Libération ; Le Monde

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